En date du 15 novembre, deux certitudes semblaient se dessiner dans le ciel alors tout bleu du Canadien : l’équipe allait obtenir une place en séries, et Jonathan Drouin allait obtenir une saison de 70 points, au minimum.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Depuis, les choses ont bien changé.

Le beau ciel du Canadien a viré au gris, les séries ne sont plus qu’un lointain souvenir, et les joueurs du club en sont réduits à venir commenter les enjeux du jour dans le garage du Centre Bell, hors du vestiaire et des craintes liées au COVID-19.

Ça ne sert à rien de pleurer sur du lait renversé, comme on le dit en anglais, mais il fallait tout de même profiter de ce lundi un peu lent pour poser la question à Claude Julien : une saison en entier avec le Jonathan Drouin d’avant le 15 novembre dans la formation, est-ce que ça aurait changé les choses ?

« Je dirais plus que lorsqu’il s’est blessé, Paul Byron s’est blessé lui aussi lors du même match, a répondu l’entraîneur lundi midi au Centre Bell, et on a perdu beaucoup de profondeur à notre formation. On sentait qu’on avait des trios équilibrés qui nous permettaient de bien jouer, comme on l’avait fait ce soir-là à Washington. »

PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Claude Julien

« À partir de ce moment-là, on a semblé perdre cet équilibre qu’on avait avec notre noyau d’attaquants. Et puis c’est sûr, quand tu perds un gars qui avait presque un point par match comme Jonathan, un gars qui avait un bon début de saison, ça affecte ton équipe. »

Nul doute que le Canadien a été affecté, en effet.

On ne saurait mettre le compte de la déroute qui s’en est suivie sur les épaulettes d’un seul blessé, mais en date de ce soir du 15 novembre à Washington, c’est une fiche de 11-5-3 que le Canadien avait au moment de sortir de la capitale américaine. Drouin, lui, avait réussi à obtenir 15 points lors de ces 19 rencontres, et personne ne s’ennuyait de Mikhail Sergachev.

Le club n’a pas été le même par la suite, et Drouin non plus, qui a tenté un retour peut-être un peu hâtif le 8 février, au moment où son poignet gauche semblait lui causer encore des ennuis. Ensuite, ce fut une entorse à une cheville, subie lors du match du 12 février à Boston contre les Bruins. Il a bien tenté de jouer après cette autre malchance, mais a dû abandonner depuis le match du 25 février, ratant ainsi les cinq rencontres suivantes.

L’attaquant québécois a repris l’entraînement lundi matin au Centre Bell, mais une décision dans son cas devrait être prise seulement mardi matin, avant que le Canadien n’accueille les Predators de Nashville plus tard en soirée. Ajoutons qu’il n’a pas voulu s’adresser aux membres des médias lundi.

« C’était seulement son premier entraînement avec nous depuis plus d’une semaine, a ajouté Claude Julien. On verra mardi matin comment il se sent. On ne veut pas qu’il revienne trop vite et qu’il subisse un autre recul. »

Byron, lui, ne cassait rien au moment de se blesser au genou à Washington le 15 novembre, mais il est enfin revenu au jeu le 18 février et depuis, il a récolté 6 points en 9 parties. À l’entraînement de lundi, il patinait à l’aile gauche du premier trio, complété par Phillip Danault et Joel Armia.

« C’est facile de jouer avec Phillip Danault, qui joue avec intensité et intelligence, a expliqué Byron. Je ne vais rien changer à mon jeu, on se connaît déjà et il y a de la cohésion entre nous. »

Voilà pour ça. Reste à voir si Drouin, lui, pourra également rattraper le temps perdu dans un avenir rapproché, même si le temps n’est plus un luxe que le Canadien possède.

Des vestiaires fermés

Suivant les directives de la LNH, le Canadien a choisi de fermer son vestiaire aux médias, dans la crainte de la menace du coronavirus. Il s’agit d’une mesure temporaire, et il n’est par ailleurs pas question, pour le moment en tout cas, de disputer des matchs dans des arénas vides en fermant les portes aux spectateurs. « Ce serait assez étrange si ça arrivait, a noté le défenseur Jeff Petry. Ce serait une drôle d’ambiance… ou plutôt une absence d’ambiance ! »

De nouveaux trios

Claude Julien avait choisi de brasser un peu ses cartes à l’entraînement de lundi au Centre Bell. Ainsi, on a vu Phillip Danault en compagnie de Paul Byron et Joel Armia, puis Max Domi avec Charles Hudon et Brendan Gallagher sur le deuxième trio, et Nick Suzuki avec Artturi Lehkonen et Jordan Weal sur le troisième trio. Enfin, Jake Evans avec Lukas Vejdemo et Dale Weise sur le quatrième. Explications de Claude Julien : « Je cherche à ce que l’on marque plus qu’un but en deux matchs… »

Rien de neuf sur Tatar

Tomas Tatar, blessé il y a une semaine, demeure sur la liste des absents. Il devait voir un spécialiste lundi en cours de journée, et l’entraîneur Claude Julien s’attend à avoir des nouvelles mardi matin dans son cas.