(St. Louis) Probablement que 2019-2020 n’a pas commencé comme Jonathan Drouin l’aurait voulu. Voyons un peu : il y a eu cette « rétrogradation » bien médiatisée sur le troisième trio, il y a eu un peu d’impatience lors des entrevues à Brossard et il y a eu cette rumeur d’échange, partie de Toronto, qui l’a impliqué bien malgré lui.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Bref, tout était en place pour un début de saison tout croche, mais quel nom voit-on ce matin au premier rang des compteurs du Canadien, à égalité avec Brendan Gallagher et Max Domi ?

Celui de Jonathan Drouin.

On peut retenir bien des choses de cette convaincante et impressionnante victoire du Canadien hier à St. Louis, 5-2 face à des Blues médusés, mais avant tout, on peut retenir ceci : Jonathan Drouin a encore trouvé le moyen de placer son nom sur la feuille de pointage.

C’est digne de mention, parce qu’en huit matchs depuis le début de la saison, l’attaquant québécois n’a été blanchi que lors d’un seul match, ce qui lui donne huit points en huit rencontres au total. Ça ressemble à un bon début de saison…

C’est la constance… L’an passé, ç’a été un peu la même chose, j’ai eu un bon début de saison. Mais je dois garder cette constance.

Jonathan Drouin

L’an passé, Drouin a tout de même obtenu 53 points, mais ce n’est pas ce que l’on a retenu. Ce que l’on a retenu, c’est comment il s’est effondré quand son équipe avait vraiment besoin de lui, vers la fin. Ainsi, le joueur au numéro 92 a obtenu seulement trois points lors des 18 derniers matchs… dont un point dans le dernier match de la saison, alors que le Canadien ne jouait plus que pour la forme.

Ça n’a fait l’affaire de personne… et ça n’a pas fait l’affaire de Jonathan Drouin, qui a tiré des leçons de la dernière saison. D’ailleurs, il a dû prononcer le mot « constance » au moins 10 fois après le match d’hier.

Sans doute pas un hasard.

C’est ça que je voulais trouver en partant, cette saison, a-t-il ajouté. Trouver cette constance, pour moi, c’est important. Fournir un bon effort chaque soir. »

« Je veux pouvoir rentrer chez moi après chaque match et me dire que j’ai tout donné, peu importe si j’ai réussi à mettre des points au tableau ou non.

Jonathan Drouin

On peut bien parler de l’importance des joueurs de soutien, de cette incontournable « profondeur » qu’affectionnent les dirigeants du Canadien (le premier but du club a incidemment été l’œuvre de Jordan Weal en début de match), mais il ne faudrait pas se raconter d’histoires : dans la LNH d’aujourd’hui, où le talent et la vitesse sont les armes de prédilection, ce ne sont pas les joueurs de soutien qui permettent de faire un bon bout de chemin jusqu’en mai ou juin. Ce sont les talentueux qui dictent le rythme, et le Canadien, en Jonathan Drouin, mise sur un joueur qui a le potentiel pour une saison de 80 points.

Ce que l’on retiendra aussi de cette victoire somme toute convaincante contre les champions, c’est la manière. Oui, Carey Price a eu à exécuter quelques bons arrêts, notamment face à Samuel Blais, mais des 34 tirs dirigés vers lui, combien ont été vraiment dangereux ? C’est toujours une bonne stratégie que de ne pas laisser le gardien tout faire tout seul.

C’est maintenant à recommencer dès ce soir au Minnesota. Ce sera d’ailleurs le plus grand défi du Canadien cette saison : enchaîner les bonnes performances.

Un peu comme Jonathan Drouin le fait depuis le début du mois.

Prochain match : aujourd’hui, 17 h c. Wild du Minnesota