D’un côté, le Lightning de Tampa Bay a égalé le record de l’histoire de la LNH en signant 62 victoires la saison dernière. D’un autre côté, il a été sèchement balayé en quatre matchs au premier tour des séries éliminatoires.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Avec un groupe dont le noyau est essentiellement resté intact, on peut se demander dans quel état d’esprit on aborde la saison.

C’est visiblement sous le signe de la lucidité, n’est-ce pas, Ryan McDonagh ?

« Il faut changer des choses, car au bout du compte, ça n’a pas fonctionné. Oui, on a connu une excellente saison, mais une excellente saison ne garantit rien quand viennent les matchs importants. Si on arrive avec la même approche qui n’a pas fonctionné la saison dernière, c’est la première étape vers l’échec. »

Intensité au menu

Pour ajouter au besoin de changer des choses, le Lightning ne connaît pas un départ à la hauteur des attentes. L’équipe présente une fiche de 2-2-1. Une des trois défaites a été subie aux mains des Sénateurs d’Ottawa, qui ne sont pas exactement une puissance cette saison.

Après avoir donné congé à ses hommes dimanche, l’entraîneur-chef Jon Cooper a organisé un entraînement des plus intenses hier au Centre Bell, incluant notamment un exercice de jeu à deux contre deux en espace restreint.

« C’est dur de complètement changer notre identité, parce qu’on a tout de même connu du succès l’an dernier, a rappelé Cooper. La saison n’a pas fini de la façon souhaitée, donc on doit ajouter des choses pour être plus forts, plus compétitifs. Mais ça se fait au quotidien. On l’avait contre Toronto jeudi dernier, mais on ne l’avait plus deux jours plus tard [à Ottawa]. »

Cette défaite à Ottawa a semblé avoir laissé un goût particulièrement amer. « Il nous manquait un peu de travail contre les Sénateurs, donc on a travaillé là-dessus aujourd’hui [hier]. On a patiné beaucoup », a dit l’attaquant Mathieu Joseph.

Les attentes

Aucun doute : les attentes demeurent élevées à l’égard du Lightning. Après tout, l’équipe compte dans ses rangs le dernier gagnant des trophées Hart et Art-Ross, Nikita Kucherov, le gagnant du Vézina, Andrei Vasilevskiy, de même que Victor Hedman, candidat année après année au trophée Norris. Le plus vieux de ce trio d’élite, Hedman, n’a que 28 ans…

Mais Joseph se braque quand on lui parle d’attentes.

« Ça, c’est vous autres, les attentes élevées ! C’est dans notre équipe qu’on a des attentes, a lancé le Québécois. On ne se base pas sur ce qui se dit à l’extérieur, sur Twitter. Oui, on veut gagner des matchs, mais on veut gagner de la bonne façon.

« L’an passé, on a 62 victoires, dont peut-être 10 en prolongation, qui auraient pu aller des deux côtés [13 en prolongation ou en tirs de barrage]. Il y a 5 à 10 autres victoires qu’on n’aurait pas dû gagner. On veut gagner de la bonne façon, ça demande des ajustements et c’est peut-être pour ça qu’on joue pour ,500. »

À la défense du Lightning, la LNH ne lui a pas servi un calendrier très favorable. Il y a d’abord cette incongruité : les trois derniers matchs préparatoires ET les deux premiers de la saison étaient contre les Panthers de la Floride. De plus, après avoir ouvert la saison à la maison, l’équipe partait sur la route pour six matchs. Ce soir sera le cinquième de ces six matchs.