Depuis peu, les Blues de St.Louis ont pris l’habitude de célébrer au son d’un vieux tube des années 1980, et ils ne sont pas les premiers à le faire… 

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

L’équipe: les Whalers de Hartford 

La chanson: Brass Bonanza 

L’année: 1977

Selon la légende, un musicien du nom de Jack Say aurait écrit ce bout de musique instrumentale, où les cuivres prennent toute la place. Personne n’aurait connu son existence n’eut été d’un employé des Whalers, qui est tombé sur ce titre par hasard tout en cherchant de la musique à diffuser lors des matchs à Hartford, alors que le club évoluait dans la regrettée Association mondiale de hockey. C’est ainsi qu’est née ce qui est fort probablement la première «chanson de but» de l’histoire du hockey, et aussi la plus célèbre. Dans les années 1980, quand des matchs se gagnaient par des pointages de 10-7 ou 9-8, la Brass Bonanza avait l’habitude de tomber sur les nerfs des joueurs adverses, un peu comme le canon à Columbus de nos jours. Cette sympathique ritournelle a effectué un retour en Caroline cette saison, quand les Hurricanes, les anciens Whalers, ont eu la bonne idée de célébrer leur héritage en vert. 

L’équipe: le Canadien 

La chanson: Bleu Blanc Rouge

L’année : 1981 

Sur la pochette originale du 45 tours, on peut remarquer les logos de Provigo et Coca-Cola, ce qui laisse croire à un projet purement commercial avant tout, mais n’empêche: pendant une bonne partie des années 1980 au Forum de Montréal, c’est cette chanson-là, chantée par un certain Michel Como, que l’on pouvait entendre quand les choses se passaient bien pour l’équipe locale. Plusieurs années plus tard, c’est Le but de Loco-Locass qui a pris le relais, mais on peut encore entendre Bleu Blanc Rouge à l’occasion au Centre Bell. Et puisqu’on est dans les souvenirs savoureux, voyez un peu cet extrait du lancement de la saison 1988 du Canadien à la télé, où la chanson est interprétée «live», sous le regard pas du tout impressionné de certains joueurs du club, dont Chris Chelios. 

L’équipe: les Blackhawks de Chicago

La chanson: Chelsea Dagger

L’année: 2010

La chanson elle-même date de 2006, mais elle a été adoptée par les fans des Blackhawks à Chicago lors de la première des trois coupes Stanley remportées par le club au tournant de la présente décennie. Un drôle de choix, puisque les Fratellis, le groupe qui chante la chanson en question, viennent directement d’Écosse, là où le hockey ne fait pas exactement partie des mœurs, et puis si ça se trouve, les Fratellis n’avaient probablement jamais vu un match de hockey au moment de rentrer en studio pour l’enregistrement. Mais peu importe. C’est l’entrain des accords à tendance punk-rock, pour aller avec un refrain hautement contagieux, sans aucune parole exacte («duh duh duh, duh duh duh, duh duh duh duh duh duh duh», si on peut dire), qui en a fait un classique. Un classique qui restera à jamais associé aux triomphes des Hawks. 

L’équipe: les Stars de Dallas

La chanson: Puck Off

L’année: 1999

C’est bien d’avoir une chanson écrite pour son équipe, mais c’est encore mieux quand cette chanson a été écrite par un légendaire groupe métal. C’est ainsi que Pantera a écrit Puck Off pour les Stars de 1999, un club excitant qui avait réussi à conquérir une ville de football lors de ce chaud printemps, et aussi réussi à conquérir la Coupe Stanley. Ce n’est pas un mariage que l’on pourrait croire naturel, sauf qu’à l’époque, les Stars misaient sur le défenseur Craig Ludwig, fan de musique métal et aussi un bon ami des membres de Pantera, qui ont ensuite eu la bonne idée de composer cette chanson spécialement pour Ludwig et ses coéquipiers. 

L’équipe: les Blues de St.Louis

La chanson: Gloria 

L’année: maintenant

Celle-là, elle est un peu étrange: une chanson pop des années 1980, chantée par une chanteuse qui n’aura fait que passer, décédée depuis 15 ans, et qui n’a strictement rien à voir avec le hockey. Mais c’est bel et bien ce titre de la regrettée Laura Branigan qu’on peut entendre aux matchs des Blues. Pour la petite histoire: il s’agit d’une chanson que quelques membres de l’équipe ont entendu à répétition dans un bar de Philadelphie cet hiver, en regardant sur des écrans géants un match de football des Eagles. Il faut croire que l’expérience s’est avérée bonne, puisque les joueurs des Blues sont ensuite eu l’idée d’emprunter Gloria et de la ramener avec eux au Scottrade Center, ce qui a contribué à créer le présent phénomène.