C'est l'histoire d'un géant américain du barbecue qui voulait augmenter sa visibilité dans le marché québécois. Le hasard a voulu que l'entreprise s'appelle Weber, comme un certain défenseur vedette d'une certaine équipe de hockey de Montréal.

Jean-François Tremblay LA PRESSE

Le lien entre Shea Weber et les barbecues était facile à faire, mais justement, peut-être était-il trop facile à faire. Jean-François Gagné, directeur, groupe conseil, chez Gendron Communication, s'est donc attelé à la tâche d'aller juste un peu plus loin.

Une semaine de remue-méninges, une équipe de six personnes pour trouver l'idée parfaite et la développer. C'est là qu'est arrivé... P.K. Subban.

Avec le résultat que tout le monde a vu, ou verra, sur une affiche immense en bordure de l'autoroute Ville-Marie. P.K. Subban qui tient une spatule à côté de quatre mots, parfaitement choisis : « J'aime mon Weber ».

Inutile d'expliquer pourquoi le trait d'esprit attire autant l'attention. La transaction monstre est encore vive à l'esprit des partisans montréalais. Subban est encore une personnalité très médiatisée à Montréal, Weber, le joueur évidemment, s'est établi comme l'un des meilleurs chez le Canadien. Le clin d'oeil est réussi.

Dan Zagury est associé, vice-président, groupe conseil, chez Gendron Communication. Il explique la genèse de la campagne publicitaire.

M. Zagury a rencontré l'entreprise Weber à la fin de l'année dernière. Le mandat était simple : faire parler des barbecues Weber dans un marché québécois à conquérir à l'approche de la saison des grillades. Gendron Communication a obtenu le contrat puisqu'il avait déjà impressionné d'autres clients américains comme French's (avec la campagne French's-tu ?).

Quand l'équipe de créatifs est arrivée avec l'idée d'inclure P.K. Subban dans le projet, il a fallu l'expliquer.

« L'excitation était partagée avec nos clients, explique M. Zagury. Ils sont venus ici car il fallait leur expliquer pour qu'ils comprennent très bien qui étaient P.K. Subban, Shea Weber, le Canadien de Montréal et l'importance de cette transaction. Ils ont compris et ils nous ont fait confiance. Ils voulaient faire quelque chose de gros ici. »

Puis est arrivé le moment tant attendu : vendre l'idée au défenseur étoile des Predators de Nashville.

Subban

Par ses contacts dans l'industrie, Gendron Communication a rapidement joint l'équipe qui gère la carrière hors-glace de Subban. M. Zagury lui a envoyé l'idée... et le lendemain, il recevait une réponse positive. Après, tout est allé très rapidement. Subban a tout de suite embarqué.

« On leur a donné plus de détails et deux jours plus tard, l'offre était devant P.K Subban. Il l'a acceptée très rapidement. Sa volonté était de parler au marché de Montréal. P.K. reste en bonne relation avec le Canadien de Montréal. Ç'a été validé par sa représentation. »

« Tout est beau, et P.K. est très présent à Montréal avec sa fondation. Il aime être présent dans le marché, et c'était une belle occasion pour P.K. de faire un clin d'oeil à la transaction. Juste pour dire un petit allô à Montréal, je vous adore, et j'aime aussi les barbecues Weber. » - Dan Zagury, associé, vice-président, groupe conseil, chez Gendron Communication

Les créatifs de Gendron Communication n'ont jamais parlé directement avec Subban, toujours avec son équipe de gérance. Mais le défenseur était au courant de tout. Non seulement a-t-il participé à la séance photo, mais encore il a validé le produit final.

Évidemment, il y a ceux qui apprécieront le clin d'oeil. D'autres qui y verront une sorte de jab à une transaction que Subban a publiquement longtemps cherché à comprendre. D'autant plus que les Predators participeront aux séries éliminatoires et que le Canadien a été éliminé quelques jours avant le début de la campagne d'affichage.

Là-dessus, M. Gagné est catégorique : tout était ficelé en janvier, à un moment où le Canadien était statistiquement censé participer aux séries. Même que l'équipe de Gendron Communication espérait que Weber et Subban soient tous deux en séries pour un impact maximum.

« C'était même une condition du client, que ce ne soit pas offensant, ni pour Shea Weber, ni pour P.K. Subban, ni pour les partisans », a assuré M. Gagné.

« P.K. et son équipe ne voulaient pas faire d'ombrage avec ça, a renchéri M. Zagury. Ce n'est que du beau, un petit sourire, une belle opportunité. Le lien est évident. Jamais ça n'a été perçu pour autre chose que ça. Je comprends que ça puisse être perçu comme ça [par certains], mais on n'a jamais voulu aller là. Ça n'a pas rapport. C'est juste une connexion que P.K. voulait faire avec les partisans de Montréal. »

Dans tous les cas, mission accomplie. Les barbecues Weber ont certainement attiré l'attention de ceux qui ne les connaissaient pas. Et Subban est resté Subban. Il trouvera bien toujours la manière de rester dans les conversations.