Les joueurs et la direction du Canadien vont prendre la parole aujourd'hui à Brossard pour tracer le bilan de la saison 2018-2019, mais aussi, on le présume, pour lancer un message d'espoir en vue de la prochaine saison. Avec une troisième exclusion en quatre ans du tableau des séries éliminatoires, est-ce vraiment possible d'entrevoir l'avenir immédiat avec optimisme dans le camp montréalais ? Eh bien oui, c'est possible. Voici les cinq principales raisons.

Richard Labbé LA PRESSE

1- Shea Weber sera là dès le départ

À moins d'une blessure quelque part sur un terrain de golf cet été, Shea Weber va cette fois amorcer la saison en même temps que tout le monde et, on le présume, à 100 % de ses capacités physiques. À lui seul, ce petit détail ne vient pas garantir une place en séries, et encore moins une participation à la grande finale de la Coupe Stanley, mais au moins, on peut prévoir que ça fera une différence dans le jeu du gardien vedette pour amorcer la prochaine campagne. Rappelons que Carey Price a connu un très mauvais début de saison en 2018-2019, et que ce faux départ a coïncidé avec l'absence du capitaine. Sans Weber, Price avait amorcé la saison avec seulement 7 victoires en 17 rencontres. On peut probablement avancer qu'un Weber présent dès le départ aurait pu permettre à Price et au Canadien quelques points supplémentaires au classement... et peut-être aussi une place en séries. Le jeu de Weber s'est détérioré en fin de saison, mais sa présence demeure rassurante pour le reste du groupe.

2- Il y aura un nouveau gardien réserviste

Antti Niemi peut déjà faire ses valises et laisser la clé du condo dans la boîte aux lettres en verrouillant la porte : il ne reviendra pas ici la saison prochaine. Le gardien finlandais avait connu une sorte de renaissance en arrivant au Centre Bell en 2017-2018, et c'est pourquoi son effondrement généralisé cette saison est tout de même étonnant. Niemi n'a pris part qu'à 17 matchs cette saison, et nous n'allons tout de même pas lui attribuer un rôle important pour expliquer ces vacances trop hâtives, mais le travail d'un gardien réserviste est de donner une chance de gagner à son club, ce qu'il n'a pas été en mesure de faire, comme en témoigne son taux d'arrêts de ,887. Il ne faudrait donc pas se surprendre si le directeur général Marc Bergevin choisissait de magasiner un gardien réserviste à l'été, considérant que l'espoir Cayden Primeau, qui aura 20 ans en août, demeure un projet de longue haleine. Un réserviste de qualité la saison prochaine pourrait faire une différence de quatre ou six points de plus au classement, ce qui n'est pas sans importance.

3- L'avantage numérique ne peut pas faire pire

Après le match de samedi soir au Centre Bell, Claude Julien a admis que son club aurait « probablement » pris part aux séries si le jeu en avantage numérique avait été supérieur à ce qu'il a été. C'est la bonne nouvelle dans tout ça : le Canadien, avant-dernier dans la LNH en avantage numérique (taux de réussite : 13,2 %), ne pourra faire pire. Il est vrai que les Islanders de New York (29e) et les Predators de Nashville (31e) n'ont pas vraiment mieux paru à ce chapitre et qu'ils sont pourtant tous deux du tableau des séries. Mais si Islanders et Predators jouent encore à l'heure qu'il est, c'est avant tout en raison de défenses étanches, qui n'ont donné que bien peu de buts aux clubs adverses. On peut aussi faire l'exercice inverse et rappeler que dans le top 10 des meilleures équipes en avantage numérique cette saison, seulement deux n'ont pas été en mesure de se trouver une place en séries.

4- L'arrivée des jeunes

On a eu une petite mise en bouche de ce qui attend les partisans montréalais au cours des prochaines saisons avec la performance de Ryan Poehling dans le dernier match. Évidemment que le jeune homme ne va pas marquer à ce rythme tous les soirs, mais ses quatre buts (en comptant celui en tirs de barrage) donnent des munitions à ceux qui affirment que le Canadien possède l'une des plus belles banques d'espoirs dans cette ligue. L'autre joyau de l'organisation, c'est Nick Suzuki, le joueur important de la transaction de Max Pacioretty avec Vegas avant le début de la saison (désolé, Tomas Tatar !). Les Golden Knights avaient fait de ce jeune homme le 13e choix lors du repêchage de 2017, et il vient de s'offrir une troisième saison de plus de 90 points au hockey junior ontarien. Il aura 20 ans au moment de l'ouverture du camp du Canadien en septembre, et on peut présumer qu'il aura toutes les occasions de se faire valoir. Enfin, il faut ajouter à cette liste Jesperi Kotkaniemi, qui est en route pour devenir un excellent joueur de centre dans un avenir très rapproché.

5- Il y a de l'argent à dépenser

Lancer des millions et des millions de dollars sur le marché des joueurs autonomes, ce n'est pas le style de la maison, mais cette fois, Marc Bergevin n'a pas vraiment le choix : avec 8,5 millions de dollars disponibles sous le plafond salarial, selon nos bons amis de CapFriendly, ce n'est plus le moment de rester les bras croisés alors que les rivaux s'améliorent. Carey Price et Shea Weber, les deux leaders du club, ne rajeunissent pas, et sans prétendre qu'il y a urgence, le Canadien n'est pas non plus dans une position d'entreprendre un autre plan de relance étalé sur cinq ans. Deux priorités se dessinent pour le Canadien sur le marché de l'autonomie ou des transactions cet été : un défenseur gaucher de premier plan pour relancer l'attaque et un marqueur naturel, le genre qui est capable de mettre la rondelle dans le filet quand ça compte, et aussi d'aider en situation d'avantage numérique. L'ajout cet été de deux joueurs qui répondent à ces critères permettrait au Canadien de faire un pas de géant avant même la première mise en jeu de 2019-2020.

PHOTO CHAD HIPOLITO, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Nick Suzuki