Paul Byron soutient qu'il ne changerait rien à son altercation contre MacKenzie Weegar, sauf que si tout était à refaire, il bloquerait le bras gauche du défenseur des Panthers de la Floride et non le droit.

ALEXIS BÉLANGER-CHAMPAGNE LA PRESSE CANADIENNE

Une semaine après s'être fait passer le K. -O. grâce à un uppercut du gauche de la part de Weegar, Byron était de retour au jeu, mardi, alors qu'il a aidé le Canadien à vaincre le Lightning de Tampa Bay 4-2.

Plusieurs ont craint le pire quand Byron s'est effondré sur la glace du Centre Bell le 26 mars dernier après avoir encaissé le coup de poing de Weegar. Byron avait eu besoin d'aide pour quitter la patinoire, étant incapable de se tenir lui-même sur ses deux jambes.

Byron a finalement raté deux matchs. Il a dû se soumettre au protocole de commotions cérébrales.

« J'ai fait les tests avant l'entraînement [lundi]. Chaque jour c'était un peu mieux, a raconté Byron après la victoire face au Lightning. J'ai passé tous les tests. Je suis quelqu'un d'intelligent. Je sais que les résultats étaient importants. Il n'y avait pas de recul dans les tests. »

Weegar avait invité Byron à se battre en raison d'une mise en échec de l'attaquant du Canadien à son endroit le 15 janvier dernier. Byron avait alors atteint son rival à la tête et il avait été suspendu pour trois matchs par le département de la sécurité des joueurs de la LNH. De son côté, Weegar avait raté quatre parties en raison d'une commotion cérébrale.

Certains croyaient que la suspension suffisait comme peine pour Byron et qu'il n'avait pas à offrir une occasion de Weegar de se venger. Après le match du 26 mars, Weegar avait affirmé qu'il avait demandé à Byron « d'accepter la responsabilité pour sa mise en échec » en jetant les gants.

« Je savais qu'il n'était pas content de la mise en échec, a mentionné Byron. Je suis un homme et j'ai pris une décision. Tous les matchs contre les Panthers sont assez physiques. Je savais qu'il allait me demander [de me battre] dès la première occasion et je voulais fermer le dossier. Je ne voulais pas qu'un coéquipier se batte à ma place. J'ai pris une décision. Le résultat a été mauvais, mais c'est le hockey, c'est la vie. »

Le fameux « code » entre les joueurs a donc prévalu sur le « gros bon sens ». Le débat a fait rage dans les médias montréalais puisque nous sommes à une époque où l'impact à long terme des coups à la tête inquiète et représente un enjeu important dans l'univers sportif.

« Nous sommes un peu entre deux époques, a noté Byron. Il y a beaucoup de jeunes qui n'ont pas grandi en regardant le hockey des années 1990 dans lequel j'ai grandi. Il y a peut-être encore la moitié de la ligue qui a la mentalité de la vieille école. »

Le cas Byron-Weegar était d'autant plus particulier que Byron est plus petit de trois pouces et plus léger de 37 livres que Weegar selon les chiffres de la LNH. Encore-là, rien pour faire reculer l'attaquant du Canadien.

« La taille ne m'a jamais dérangé et je me suis déjà battu contre des joueurs plus gros que moi, a dit Byron. Ça fait partie du jeu. Quand vous jetez les gants, vous savez que tout peut arriver. J'ai vu les gars les plus durs de la ligue se faire passer le K. -O. C'est un risque que vous courez chaque fois que vous vous battez.

« Si j'avais à le refaire, j'aurais saisi son bras gauche, a ajouté Byron en échappant un rire. J'ai fait une erreur. Ça arrive. »

Comme plusieurs intervenants de l'entourage du Canadien l'ont noté pendant la dernière semaine, le débat de la place des combats dans le hockey n'aurait pas refait surface si Byron était sorti indemne de sa confrontation avec Weegar. Le retour au jeu de Byron mardi a permis de clore le dossier... jusqu'à la prochaine fois où l'histoire se répétera.