D'un côté, la pire attaque de la Ligue nationale. De l'autre, la possibilité de mettre dans les pattes de cette attaque un gardien qui est dominant depuis trois mois.

Mis à jour le 9 mars 2019
GUILLAUME LEFRANÇOIS LA PRESSE

À première vue, le pari pris par Claude Julien semblait destiné à réussir. Même si la défaite de jeudi à San Jose a fait mal en raison d'un effort collectif convaincant, une victoire hier à Anaheim aurait tout de même permis au Canadien de rentrer de la Californie avec quatre points sur une possibilité de six. Et contre des Ducks d'Anaheim qui n'avaient gagné que 7 de leurs 33 matchs précédents, ces mêmes Ducks qui étaient si désorganisés à Montréal il y a un mois, comment prévoir un tel résultat?

Ce résultat, c'est une gênante défaite de 8-2 aux mains de - répétons-le - la pire attaque de la LNH. Une attaque qui ne marquait que 2,18 buts par match avant le festin d'hier.

« Ça fait un peu plus mal cette fois, a admis Shea Weber. Au moins, on a du temps pour digérer ça et on pourra travailler en vue de mardi. »

« Ce n'était évidemment pas suffisant comme effort. J'espère qu'on aura oublié cette défaite mardi. »

- Shea Weber

Comme la veille à San Jose, le Tricolore a été victime d'une défaillance du gardien en début de match, quand Daniel Sprong a ouvert la marque sur un tir du côté du bloqueur, le genre de tir que Price arrêtera 22 fois sur 23 (on vous laisse calculer le pourcentage que ça donne).

Mais les erreurs de couverture, les mauvais changements et, évidemment, les beaux jeux des meilleurs éléments des Ducks ont réellement torpillé le CH. Car en se rapprochant à 2-1 sur le but de Paul Byron, puis à 3-2 sur celui de Weber, les Montréalais s'étaient bel et bien remis du cadeau accordé par le gardien dès le départ.

Mais comme on l'a vu à quelques reprises cette saison, toujours sur la route (souvenez-vous d'Edmonton, du New Jersey et du Minnesota), la proverbiale chaîne a débarqué. Seulement, c'est un peu plus troublant quand ça survient contre un adversaire qui connaît tant de difficultés, avec votre gardien numéro 1 bien reposé devant le filet.

« C'est aux entraîneurs de décider qui joue quand et c'est à nous de fournir le même effort, peu importe les circonstances », a rappelé Weber.

« Les Ducks sont peut-être une équipe plus faible au classement, mais si vous regardez leurs derniers matchs, ils sont bien meilleurs que l'équipe qu'on a vue à Montréal. Mais si on avait joué comme on en est capables, on aurait pu avoir un meilleur résultat. »

- Shea Weber

Peut-être la seule bonne nouvelle de la soirée pour le Canadien : les rivaux directs dans la course aux séries éliminatoires ont eux aussi ralenti. Comme le Canadien, les Hurricanes de la Caroline ont également subi une bastonnade hier. Ils l'ont certes subie à domicile, mais ils accueillaient les puissants Jets de Winnipeg, qui sont bien capables d'en donner, des bastonnades.

Le Canadien peut aussi se consoler à l'idée que les longs voyages sont chose du passé. Il reste un seul voyage de deux matchs cette saison, un difficile périple Columbus-Winnipeg. Du reste, ce sera toujours un match à la fois à l'étranger, de quoi aider cette équipe qui perd de son lustre loin de la maison.

Regardez les victoires à l'étranger en 2019 : Los Angeles, New York (Rangers), Detroit, Columbus (avant la vague de transactions) et Detroit. Pas exactement la crème de la crème... Et si séries il y a, le CH ne pourra pas s'en tirer en gagnant seulement à la maison.