Quand Gritty est apparu pour la première fois devant le monde du hockey, la réaction a été... plutôt mitigée. Y compris chez les joueurs des Flyers, qui ne s'attendaient pas trop à ça.

RICHARD LABBÉ LA PRESSE

«J'ai été un peu terrifié en le voyant arriver à l'aréna la première fois, a raconté Wayne Simmonds avant le match d'hier au Centre Bell. Mais je pense que tout le monde a fini par l'accepter. Nous n'avions jamais eu de mascotte depuis que je suis ici, alors c'était un peu différent... Je me demandais seulement s'il allait faire peur aux enfants!»

Non, Gritty n'était pas dans l'entourage des Flyers hier soir, mais en l'espace de quelques mois seulement, la grosse mascotte orange au regard diabolique est devenue aussi populaire que Simmonds ou Claude Giroux.

Tout a commencé en septembre. Depuis plusieurs mois déjà, Joe Heller, le vice-président du marketing et des communications chez les Flyers, planchait sur un projet de mascotte. Les Flyers, qui n'avaient pas eu de véritable mascotte depuis le très modeste Slapshot, au milieu des années 70, cherchaient à inventer un nouveau personnage que personne n'allait pouvoir oublier.

C'est ainsi que Gritty est né.

«Nous avions choisi de le présenter lors d'un match préparatoire contre les Bruins de Boston le 24 septembre, explique Joe Heller en entrevue téléphonique. La réaction a été instantanée. Le compte Twitter des Penguins lui a envoyé une flèche lors du match, Gritty a répondu et les partisans ont réagi en masse. À la fin de la soirée, tout le monde ne parlait que de lui.»

Le personnage, espèce de mutant issu du croisement entre un monstre et un animal qui aurait été génétiquement modifié par un savant fou, est en partie l'oeuvre de Joe Heller, le cerveau de l'opération. Mais il est aussi le résultat du travail d'une équipe d'experts, dont Paul Holmgren, ancien joueur des Flyers et président du club, qui a baptisé la bête, en faisant remarquer que les joueurs des Flyers, historiquement, ont toujours joué avec beaucoup de «cran» (grit en anglais). D'où le nom.

«Ce qui est intéressant, ajoute Joe Heller, c'est que David Raymond, celui qui était pendant des années le Phillie Phanatic (la mascotte des Phillies de Philadelphie au baseball), nous a aidés dans la création de Gritty. Et il nous a dit que généralement, il peut s'écouler de deux semaines à deux mois avant que les partisans adoptent une nouvelle mascotte. Mais dans ce cas-ci, ça s'est fait beaucoup plus rapidement.»

Livre pour enfants et dessin animé

Dans le vestiaire des Flyers hier matin au Centre Bell, Simmonds estimait que la nouvelle mascotte est dorénavant un phénomène mondial, et il n'a peut-être pas tort. En fait, le département de marketing de l'équipe affirme que Gritty est la mascotte la plus populaire de toute la LNH. Sur Twitter, il y a 228 000 personnes qui sont abonnées à son compte. Un livre pour enfants le mettant en vedette est en chantier, et il est fort probable qu'un Gritty en version dessin animé sera sur nos écrans d'ici à la fin de l'année.

Cela s'ajoute à la folie des derniers mois, des apparitions aux émissions de télé grand public comme le show de fin de soirée de Jimmy Fallon et Good Morning America, aux trois gardiens des Flyers qui ont choisi de lui rendre hommage cette saison en faisant peindre son «visage» sur leur masque.

«L'agenda de Gritty est complètement chargé, et on estime qu'il a déjà eu à parcourir environ 24 000 kilomètres cette saison pour effectuer des apparitions publiques, ajoute Joe Heller. Nous recevons des demandes pour lui chaque jour. Ça ne dérougit pas.»

La bonne nouvelle, c'est que les enfants ont fini par adopter Gritty. Les joueurs des Flyers aussi. «Au début, on se demandait un peu ce qui se passait avec ça, d'ajouter Claude Giroux. Mais j'ai plein de bons souvenirs avec Youppi!, alors c'est super d'avoir notre propre mascotte.»