D'une façon ou d'une autre, 345 jours, c'est long. C'est encore plus long quand on doit passer ces minutes, ces heures et ces journées-là en attente. En attente de pouvoir revenir à quelque chose qu'on l'on aime.

Mis à jour le 25 janv. 2019
Richard Labbé LA PRESSE

Maintenant, imaginez un peu comment Shea Weber a bien pu se sentir en attendant pendant ces 345 longues journées.

Pour lui, cette attente interminable a commencé le 16 décembre 2017 à Ottawa, quand il s'est blessé au pied gauche lors d'un match contre les Sénateurs. L'attente s'est conclue le 27 novembre dernier, quand il a enfin pu revenir au jeu lors d'un match contre les Hurricanes de la Caroline.

Trois cent quarante-cinq jours, donc, et un immense total de 80 matchs ratés lors de cette période. Ce serait long pour n'importe qui. Ce fut aussi très long pour Shea Weber.

«Quand on attend comme ça en retrait, il faut vraiment éviter de voir les choses de manière négative, a expliqué le robuste défenseur au terme du match de mercredi soir au Centre Bell. La clé dans une situation comme celle-là, surtout en étant à l'écart du jeu pendant une aussi longue période de temps, c'est de pouvoir conserver un état d'esprit optimiste.»

C'est le bout que personne ne voyait lors de cette longue convalescence: pendant que les joueurs du Canadien revenaient au boulot au mois de septembre, pendant qu'ils disputaient les premiers matchs du calendrier 2018-2019 en octobre, Weber était dans le gymnase ou sur la glace en solitaire, à essayer de pouvoir revenir au jeu.

À essayer de pouvoir redevenir le défenseur qu'il avait toujours été avant cette malchance.

«J'ai travaillé comme un fou pour être capable de revenir au jeu du mieux que je le pouvais, a-t-il ajouté. Ça se passe bien de toute évidence jusqu'ici, mais il faut que ça continue.»

Ça se passe bien, dit-il? Sur ce point, les chiffres lui donnent raison. Ainsi, depuis son retour au jeu le 27 novembre, le Canadien a récolté une fiche de 17 victoires et 10 défaites (dont 3 victoires en prolongation) lors de ces 27 matchs.

Cette influence positive se remarque sur le reste du groupe. Ainsi, Carey Price, qui avait l'air d'un gardien parfaitement ordinaire avant le retour de Weber cette saison (fiche de 7-6-4 en 17 départs, pourcentage d'arrêts de ,897 et moyenne de 3,17), s'est redressé par la suite, et ce n'est probablement pas un hasard. Depuis le retour du défenseur au numéro 6, Price a une fiche de 13-7, un pourcentage d'arrêts de ,932 et une moyenne de 2,05.

Difficile de ne pas y voir un impact. Mais le principal intéressé hésite un peu quand on lui en parle.

«Je pense que je suis revenu à mon niveau de jeu habituel, mais je sais aussi que je peux faire mieux, alors je vais essayer de toujours faire mieux, a ajouté Weber, mercredi soir, après la victoire de 2-1 face aux Coyotes de l'Arizona. Il nous reste 31 matchs à jouer, et je vais tenter d'être encore meilleur pour ces 31 matchs. Je veux seulement aider l'équipe à gagner.»

Le Canadien est maintenant en pause du match des Étoiles, et ensuite, le club aura droit à sa relâche annuelle. Cela vient donc signifier que l'équipe ne reprendra l'entraînement que jeudi prochain, et que son prochain match ne sera disputé que le samedi suivant, le 2 février au Centre Bell, contre les Devils du New Jersey.

Shea Weber, qui a déjà eu à attendre trop souvent au cours de la dernière année, aurait aimé mieux ne pas arrêter, surtout que son équipe et lui se portaient très bien avant cette pause.

«C'est sûr que j'aurais préféré ne pas arrêter... mais je sais aussi que cette pause va être bénéfique», a-t-il offert en guise de conclusion.