Claude Julien avait promis de mettre l’accent sur le désavantage numérique à l’entraînement, vendredi midi, et l’entraîneur-chef du Canadien de Montréal est passé de la parole aux actes.

Alexis Bélanger-Champagne La Presse canadienne

Les 11 joueurs évoluant en infériorité numérique ont passé 17 minutes à faire des exercices sur la patinoire du Complexe sportif Bell. Ce gros quart d’heure dépasse probablement le temps total consacré à cet aspect du jeu depuis le début du camp entre les jours de match.

Il faut dire que les problèmes du Tricolore en infériorité numérique sont alarmants. En 10 parties cette saison, l’équipe a déjà accordé 11 buts en 34 occasions.

« Nous devons travailler un peu mieux ensemble dans notre zone et en échec-avant aussi, a noté le centre Phillip Danault. Ce sont des petits détails qui vont faire que nous sommes meilleurs. C’est la première fois que nous passons autant de temps sur le désavantage numérique. Il faut simplement que chacun fasse son travail. »

Ce qui est particulièrement frustrant pour Julien, c’est que ce sont les mêmes joueurs que l’hiver dernier qui sont employés en infériorité numérique, outre Ben Chiarot qui a remplacé Jordie Benn, ainsi que Nick Suzuki et Cale Fleury qui sont parfois utilisés.

Et ce groupe a brillé dans cet aspect du jeu la saison dernière, particulièrement à compter du 1er janvier, quand il a affiché une efficacité de 85,8 % lors des 42 dernières rencontres pour présenter la troisième meilleure unité du circuit pendant cette période. Il avait alors accordé seulement 16 buts en 113 occasions.

C’est peut-être pour cette raison que Julien et ses adjoints ont tenté de renforcer le même message à l’entraînement.

« Non, il n’y avait pas de nouvelles idées, c’est toujours la même chose. C’est une question d’erreurs que nous faisons dans l’exécution du système, a expliqué le défenseur Jeff Petry. Nous savons que lorsque nous exécutons bien nos tâches, ça fonctionne. C’est quand nous nous éloignons des concepts, quand nous ne sommes pas en bonne position, que nous accordons des buts. »

Contrer la passe transversale demeure un défi pour le Canadien cette saison. Les buts ont été nombreux sur des tirs sur réception après une telle passe, quand les occasions du gardien de réussir l’arrêt sont assez minces, surtout quand on considère la qualité des joueurs qui se retrouvent dans cette position à travers la LNH.

« Nous devons mieux communiquer quand le joueur a la rondelle le long de la rampe près du cercle des mises au jeu et qu’il a un coéquipier dans l’enclave, a mentionné Petry. Nous devons anticiper s’il va tenter de lui faire la passe pour un tir sur réception ou une déviation vers le filet. Et s’il bouge vers la ligne des buts avec la rondelle, l’attaquant doit céder la couverture au défenseur et remonter pour s’assurer que la ligne pour la passe transversale n’est pas ouverte. »

Danault a indiqué que parfois l’attaquant responsable de couvrir cette ligne de passe n’avait simplement pas placé son bâton du bon côté.

« Parfois, ça ne prend qu’une hésitation d’une demi-seconde pour que l’unité d’avantage numérique en profite », a indiqué l’attaquant Brendan Gallagher.

Le Canadien aura l’occasion de mettre à l’épreuve les leçons du jour face aux Maple Leafs de Toronto, samedi. Avant d’affronter les Sharks de San Jose, vendredi soir, les Leafs affichaient une efficacité de 25 % en avantage numérique cette saison.

« La saison dernière, notre avantage numérique nous a coulés, nous a coûté des matchs ou du rythme dans des matchs, a rappelé Petry. Là, c’est le désavantage numérique.

« Ils ont cinq joueurs sur la patinoire et nous en avons quatre, ils vont marquer des buts. Mais 11 buts en 10 matchs, c’est certainement quelque chose que nous devons corriger », a conclu Petry.