Le dossier Cale Fleury commençait à faire jaser. Et pour cause. Pour plusieurs, il était parfaitement illogique qu’un défenseur de 20 ans, espoir de premier plan de surcroît, soit condamné à assister aux matchs de la galerie de presse. Sa place était sur la glace, à Montréal, ou même à Laval s’il le fallait.

Jean-François Tremblay
Jean-François Tremblay La Presse

Après quatre matchs à être laissé de côté, il semble bien que Fleury sera de retour dans la formation du Canadien de Montréal, jeudi, contre le Wild du Minnesota. L’attente a assez duré.

C’est même Fleury lui-même qui l’a annoncé au détour d’une question, sans doute trop impatient de partager la nouvelle. Remarquez, il ne l’a pas dit comme si c’était un fait accompli, il s’est gardé une petite gêne : « Je suis pas mal sûr que je joue. »

Claude Julien n’a rien confirmé non plus, si ce n’est que de rappeler qu’un défenseur en plein développement doit jouer des matchs.

« Il a des grosses possibilités qu’on le voie, a répondu l’entraîneur. On lui a dit de se préparer, la décision finale va être prise jeudi. Soit on lui donne la chance de revenir, soit on l’envoie à Laval. D’une manière ou d’une autre, à son jeune âge, il faut que Cale Fleury soit capable de jouer sans passer trop de temps dans les estrades. »

Fleury a disputé son dernier match le 5 octobre dernier contre les Maple Leafs de Toronto. La courbe d’apprentissage était grande, il n’a passé que 10 minutes 28 secondes sur la glace, et Julien ne l’a plus utilisé depuis.

Dans ce match, Fleury s’était fait piéger par William Nylander dans sa zone, après une passe molle, ce qui avait mené à un but d’Auston Matthews. Quelques instants plus tard, de retour au banc, Shea Weber lui expliquait calmement son erreur. C’est évidemment ça l’avantage de rester avec le grand club, profiter des conseils des meilleurs.

« Ça m’aide, a dit Fleury. Je suis sur la glace chaque jour avec les meilleurs joueurs au monde. On a de très bons défenseurs ici que j’admire. Dans une situation comme celle à Toronto, Shea Weber me disait de tout oublier, et surtout de rebondir. »

Dans tous les cas, Fleury ne croit pas que la pause de 10 jours aura trop de conséquences sur son jeu. Il s’estime capable de retrouver rapidement le rythme, après quelques présences d’ajustement. Et il sait très bien qu’il aura encore beaucoup à montrer s’il devait jouer contre le Wild, malgré un camp qui laissé une forte impression.

« C’est tôt dans la saison. Je dois faire mes preuves. Si je joue bien, je vais avoir mes chances. Je ne dois pas trop réfléchir à ma présence dans la formation. On a huit défenseurs. Comme recrue, je dois mériter ma place. »