Le camp d’entraînement du Canadien s’ouvre demain. 

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Bien malin qui peut prévoir leur rang au classement. L’équipe luttera-t-elle encore pour une place en séries comme l’an dernier, dominera-t-elle encore davantage ou coulera-t-elle parce que trop de joueurs ne répéteront pas leur saison de l’an dernier ? 

Beaucoup, beaucoup d’impondérables. 

Voici dix questions. Si la réponse est favorable dans la majorité des cas, le Canadien participera aux séries éliminatoires. 

1– Jesperi Kotkaniemi progressera-t-il cet hiver ? 

Le premier choix du Canadien en 2018 a un an de plus. Il vient de gagner de la masse musculaire et pèse désormais 200 livres. On saura vite de quel bois il se chauffe. Si sa production passe de 34 à 62 points comme Sean Monahan l’a fait à sa deuxième saison en 2014, le visage de l’équipe sera transformé.

2– Jonathan Drouin débloquera-t-il enfin ? 

Contrairement aux idées reçues, Drouin n’a pas connu la meilleure saison de sa carrière l’an dernier. Avec 53 points, il a égalé sa production de points de 2016-2017 avec le Lightning, mais il avait disputé huit matchs de moins cette année-là. Sur une saison complète, il aurait atteint la marque des 60 points. L’hiver dernier, Drouin avait 46 points après 55 matchs. En route vers une saison de 69 points. S’il n’avait pas frappé le « mur » en février, le Canadien se serait sans doute qualifié. 

3– Max Domi peut-il répéter sa production de 72 points ? 

Domi a obtenu 52 points à sa première saison en Arizona et en aurait amassé autant à sa deuxième s’il n’avait pas été blessé. Sa troisième a été plus difficile à 45 points. Mais il s’agit toutefois d’une production intéressante compte tenu des faiblesses des Coyotes à l’attaque. À sa première année, aucun attaquant n’a obtenu plus de points que lui. À sa deuxième, Radim Vrbata a amassé 55 points, un sommet. Clayton Keller a été le seul compteur de plus de 56 points il y a deux ans. Quand il ne jouait pas avec Antoine Vermette, Domi avait Martin Hanzal pour centre. Lors de ses trois années à Phoenix, les Coyotes ont terminé au 25e, 27e et 30e rang au chapitre de buts marqués. Domi a amassé 282 points en 182 matchs dans les rangs juniors…

4– La brillante saison de Tomas Tatar constitue-t-elle une anomalie dans sa carrière ? 

Tatar, 28 ans, a marqué 25 buts et amassé 58 points l’hiver dernier. Ça n’est pas son record. Il a marqué 29 buts à Detroit en 2014-2015, et 25 buts deux ans plus tard. Les Golden Knights de Vegas n’ont pas offert aux Red Wings des choix de première, deuxième et troisième ronde pour rien. Tatar avait une bonne valeur. Detroit a repêché Joe Veleno avec ce choix de première ronde. Le jeune homme a connu un tournoi des recrues à tout casser. 

5– Joel Armia et Artturi Lehkonen peuvent-ils en donner plus ? 

Lehkonen a marqué seulement 11 buts l’an dernier. Il en avait obtenu 18 à sa première saison. Armia a raté 25 matchs. Il aurait compté 19 buts sur une année complète, pas 13. 

6– Le trio de Danault-Gallagher-Tatar sera-t-il encore aussi efficace ?

L’entraîneur Claude Julien les envoyait systématiquement contre les meilleurs trios adverses tellement ils étaient bons. Danault a même reçu des votes pour le trophée Selke remis à l’attaquant défensif par excellence. Danault a 26 ans, Gallagher, 27 et Tatar, 28. Ils sont dans la force de l’âge. Gallagher vient de connaître des saisons de 31 et 33 buts. À moins d’une blessure, on ne voit pas pourquoi il connaîtrait une baisse à son âge. Danault a amassé 53 points sans jouer en supériorité numérique. On a commencé à l’y utiliser en fin de saison. Sa production ne devrait pas baisser. 

7– À quel Shea Weber aurons-nous droit, celui de décembre ou de mars ? 

Weber a montré des signes de ralentissement inquiétants en fin de saison. Était-ce en raison de son manque d’entraînement estival ? Des effets de sa longue absence ? Claude Julien l’a bien vu et souvent, Jeff Petry obtenait plus de temps de jeu que lui. Weber a 34 ans. Certains défenseurs « cassent » à la mi-trentaine. D’autres vieillissent bien, comme Zdeno Chara. Si Weber joue comme en fin de saison, le Canadien sera en difficulté. 

8– Victor Mete a-t-il un potentiel offensif ? 

Mete a 20 points à ses 120 premiers matchs dans la LNH, aucun but. Sa vitesse permet de compenser le manque de mobilité de Weber au sein de la première paire et il est étonnamment efficace défensivement malgré son petit gabarit. Mais pour compléter une première paire digne de ce nom, il faut aussi produire davantage offensivement. Mete dit avoir beaucoup travaillé à améliorer la qualité de son tir. Il transporte bien la rondelle, mais il n’a pas la créativité d’un Samuel Girard ou d’un Torey Krug. Il faut voir à quel point il peut progresser offensivement. Nous aurons les réponses ces prochaines semaines. 

9– Quel impact aura Ryan Poehling ? 

Le jeune homme est dans les plans de l’équipe, après ses performances de l’an dernier dans la NCAA et au Championnat du monde ses trois buts en fin de saison contre les Maple Leafs. On l’a même invité au tournoi de golf avec les vétérans. Si Poehling connaît ne serait-ce qu’une saison semblable à celle de Kotkaniemi l’an dernier, le Canadien sera amélioré. Rappelez-vous, avant de frapper le mur, à quel point Kotkaniemi avait donné une autre dynamique à l’attaque de l’équipe. 

10– Carey Price restera-t-il l’un des meilleurs de sa profession ? 

Malgré un départ difficile, Price a terminé la saison avec un taux d’arrêts de .918 et une moyenne de 2,49. Sa saison précédente, marquée par des blessures, constitue une anomalie. Si l’on exclut cette année-là, Price n’a jamais présenté depuis 2013 de statistiques inférieures à celle de l’an dernier. À 32 ans, les gardiens sont encore dominants. Si Ben Chariot peut stabiliser la défense davantage que Karl Alzner a pu le faire, aucune baisse de régime à prévoir du côté de Price…

Êtes-vous plus optimistes ? Pessimistes ? Allez, il est temps que les rencontres préparatoires commencent…

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Le Canadien a-t-il recours aux statistiques avancées ? Dans une certaine mesure, oui. Marc Bergevin répond avec franchise aux questions d’Alexandre Pratt à cet effet.