Craig Berube porte toujours l’étiquette d’entraîneur intérimaire des Blues de St. Louis. Du moins publiquement.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

On ne reconnaît peut-être pas assez le mérite de cet ancien dur à cuire devenu entraîneur à sa retraite en 2004 — successeur de Mike Yeo chez les Blues depuis novembre, lorsque l’équipe piquait du nez.

Les exploits du gardien Jordan Binnington expliquent en grande partie le revirement de situation des Blues, derniers au classement général en janvier, mais l’impact de Berube doit aussi être largement souligné.

Parmi ses hauts faits d’armes figure la façon dont il a transformé sa vedette Vladimir Tarasenko en joueur plus complet. Celui-ci avait pris la fâcheuse habitude de faire sortir ses anciens entraîneurs de ses gonds par une éthique de travail parfois douteuse et son peu d’intérêt pour le jeu défensif.

Tarasenko a obtenu 10 buts en 21 matchs depuis le début des séries éliminatoires, mais son rôle ne consiste plus seulement à marquer. Il est l’attaquant le plus utilisé par Berube après les deux premiers centres Ryan O’Reilly et Brayden Schenn, à 18 min 40 s en moyenne par rencontre.

Il a marqué un autre but hier, son quatrième en quatre parties, son cinquième en six matchs. Tarasenko a aussi distribué 20 mises en échec à ses sept derniers matchs.

PHOTO WINSLOW TOWNSON, USA TODAY SPORTS

Vladimir Tarensenko

« Dès notre première conversation, après mon entrée en poste, je lui ai dit ce que j’attendais de lui », a mentionné Berube hier lors d’une conférence de presse téléphonique organisée pour les journalistes de la LNH en direct de l’aéroport.

« Je savais que c’était un marqueur de buts, il en compte toujours une trentaine par saison, mais il avait beaucoup plus à offrir, et on devait le voir dans son jeu. Je savais qu’il pouvait être un joueur efficace sur 200 pieds. » — Craig Berube, à propos de Vladimir Tarasenko

Berube dit l’avoir senti très réceptif. « C’est ce qu’on lui a demandé et il voulait le faire. Il veut jouer dans toutes les situations cruciales. Ça n’a jamais cessé de s’améliorer au fil de l’année. Il mène aussi par l’exemple, il est devenu un leader, parce qu’il communique très bien non seulement sur la glace, mais à l’extérieur aussi. »

Changement de philosophie

L’entraîneur aime la compétitivité de son attaquant russe. « Le niveau d’intensité en séries est à son plus haut et le sien aussi. Son éthique de travail est irréprochable : il travaille avec acharnement pour récupérer la rondelle quand il ne l’a pas ; c’est la différence dans son jeu. »

PHOTO JEFF CURRY, USA TODAY SPORTS

Berube dit avoir demandé à tous ses joueurs, lors de son entrée en poste, de hausser leur niveau d’intensité. Les résultats ont un peu tardé à venir, mais en deuxième moitié de saison, les Blues constituaient la meilleure équipe de la LNH.

Les voilà à égalité 1-1 dans la série finale de la Coupe Stanley contre les Bruins.

« Tout le mérite revient à nos joueurs. Ils ont adopté notre plan. » — Craig Berube

« On voulait des joueurs qui font passer l’équipe en premier, on voulait qu’ils jouent les uns pour les autres soir après soir. Ce fut le plus gros changement de philosophie. Côté stratégie, c’était assez simple, prévisible : on voulait un style nord-sud, beaucoup de robustesse et un échec avant très agressif », répond-il, humblement.

Les Blues ont réussi à limiter le trio de Patrice Bergeron à un seul but lors des deux premiers matchs. Berube accorde l’essentiel du mérite à sa paire de défenseurs constituée de Colton Parayko et du vétéran Jay Bouwmeester.

« Ce n’est pas vraiment le trio de [Brayden] Schenn. [Bruce] Cassidy aime jongler avec ses trios. Nous leur avons opposé différents trios, mais Parayko et Bouwmeester jouent presque toujours contre eux. Ils sont imposants. Ils patinent bien pour des défenseurs de leur gabarit. Ils sont dans leurs jambes. Il n’y a pas beaucoup d’espace sur la glace avec eux. Ils font ce type de travail depuis un bon moment. Ils ont de longs bâtons et les utilisent bien. Et, peu importe notre trio, nos trois attaquants sur la glace se replient bien et les surveillent étroitement. »

La série se transporte à St. Louis. Le match numéro trois sera disputé demain à 20 h.