Les rivalités géographiques dans la LNH ont beau faire le délice des amateurs et permettre aux équipes de limiter les déplacements au fil d'une longue saison, le calendrier tel qu'il est conçu depuis deux saisons convient parfaitement.

Mis à jour le 14 déc. 2018
Michel Lamarche LA PRESSE CANADIENNE

C'est du moins l'opinion exprimée par certains joueurs du Canadien de Montréal à la veille d'un troisième match en 11 jours contre les Sénateurs. Ce duel, samedi soir au Centre Bell, sera déjà le dernier entre les deux équipes en saison régulière.

De même, après le passage des Bruins de Boston à Montréal lundi soir, il ne restera qu'un seul rendez-vous entre, peut-être, les deux plus grands rivaux dans toute la LNH, le 14 janvier, à Boston.

Au moins un porte-couleurs du Canadien aime ce genre de segments au calendrier où deux équipes se revoient fréquemment en peu de temps.

«Ça crée la sensation d'être en séries éliminatoires, cette effervescence dans le vestiaire», a affirmé Andrew Shaw après l'entraînement de l'équipe à Brossard, vendredi midi.

«Nous savons comment ils vont jouer et ils savent comment nous allons jouer. Ce devrait être un match amusant», a ajouté le coriace attaquant du Canadien.

En vertu du calendrier actuel, les formations de la section Atlantique - celle du Canadien - ne s'affrontent jamais plus que quatre fois en saison régulière. Elles jouent trois fois contre celles de la section Métropolitaine et disputent deux parties contre chacun des clubs de l'Association Ouest.

En créant des segments comme celui impliquant le Tricolore et les Sénateurs en décembre, il se peut qu'un déséquilibre se créé avec un autre rival géographique.

C'est notamment le cas avec le Canadien et les Maple Leafs de Toronto, qui ont croisé le fer en lever de rideau, mais qui ne se reverront pas avant le 9 février à Montréal. D'ici là, les hommes de Claude Julien auront complété neuf de leurs 15 séries de deux matchs contre des clubs de l'Ouest.

Par le passé, il est arrivé que la LNH accorde beaucoup plus d'importance aux rivalités géographiques. Par exemple, lors des saisons 1987-88 et 1988-89, le Canadien et les Bruins se sont affrontés exactement 13 fois à chacune de ces années, soit huit fois pendant le calendrier régulier et cinq autres fois lors des séries éliminatoires.

On parle donc d'un grand total de 26 matchs en deux ans. À écouter parler Shaw, c'est peut-être un peu trop.

«Nous jouons actuellement 28 parties contre les formations de notre section. Sur 82, c'est une grosse proportion de matchs. Dans les mineures, nous affrontions la même formation 12 fois pendant la saison et, à la fin de l'année, nous en avions ras-le-bol. Alors, je pense que le calendrier est bien tel qu'il est», mentionne Shaw, dont l'opinion rejoint celle de Jonathan Drouin.

L'autre aspect du calendrier actuel qui plaît aux joueurs, c'est la possibilité d'affronter toutes les formations de la ligue, même si ça n'implique qu'une seule visite dans un édifice adverse.

Brendan Gallagher voit ces visites sur toutes les patinoires adverses comme spéciales tandis que pour Jordie Benn, ça lui permet de joindre l'utile à l'agréable.

«Parce que je suis originaire de l'Ouest canadien, ce serait plaisant d'y aller une ou deux fois de plus, mais ce n'est pas possible à cause des exigences liées aux voyages, nuance Benn. Je dis ça parce que je viens de Vancouver et c'est plaisant de retrouver les membres de ta famille. Pour cette raison, j'aime aller là-bas une fois par année, et ce serait bizarre de ne pas s'y rendre pour jouer un match.»

Benn ne se tracasse pas trop avec le calendrier et l'accepte tel qu'il est sans trop se poser de questions. C'est aussi le cas de l'entraîneur-chef Claude Julien.

«Le calendrier sort et tu as quand même une chance de modifier quelques petites choses. Alors, tu vis avec ces situations-là. Tu espères toujours avoir le meilleur calendrier possible, le moins de matchs consécutifs. Mais je ne perds pas beaucoup de temps avec ces situations-là. Peut-être malheureusement pour plusieurs, c'est le dernier match contre Ottawa et nous ne sommes même pas encore arrivés à Noël. C'est sûr que ça fait jaser. Mais encore là, il n'y a rien qu'on peut y faire, a déclaré Julien.

«Même si je donnais mon opinion, ça ne change rien parce qu'on doit contrôler ce qu'on peut contrôler, a-t-il renchéri. Ce sera déjà assez difficile d'ici Noël avec trois (matchs) en quatre (soirs) sur la route. Et depuis hier, et même depuis Minnesota, on joue tous les deux jours. Ce n'est rien de facile. Alors, tu essaies de contrôler les choses que tu peux contrôler et pour moi, c'est de regarder comment je peux reposer mes joueurs sans toujours donner des journées de congé. C'est un plus grand défi que de regarder le calendrier.»