Le pauvre Alexander Semin a eu tout un choc culturel hier matin au club de golf Laval-sur-le-Lac.

Publié le 11 sept. 2015
Mathias Brunet LA PRESSE

Les tournois de golf des Hurricanes de la Caroline et des Capitals de Washington n'ont sans doute pas l'habitude d'accueillir une centaine de cameramen et de journalistes sur place, sans compter un hélicoptère de télé pour filmer l'arrivée des joueurs...

Malgré ses 31 ans et de nombreuses années d'expérience dans la LNH, Semin a paru très mal à l'aise avec les médias. Il y a eu de longs silences et des rires nerveux de sa part. Mais il a néanmoins essayé de se montrer cordial.

« Je ne crois pas avoir jamais eu autant de caméras devant moi... », a-t-il glissé dans un anglais approximatif à un certain moment au cours de son point de presse.

La direction du CH ne l'a cependant pas embauché pour ses interviews dans le vestiaire. On espère qu'il saura retrouver l'élan des beaux jours.

Semin, 31 ans, a connu trois saisons de plus de 30 buts en carrière, dont une de 40. Il a obtenu 44 points en 44 rencontres lors de la saison écourtée par le lock-out en 2013, mais amassé un maigre total de 19 points, dont 6 buts, en 57 matchs, l'an dernier chez les Hurricanes de la Caroline.

Voilà pourquoi cet attaquant a dû accepter une modeste offre de 1,1 million pour un an le 24 juillet, après avoir vu son monstrueux contrat racheté par les Hurricanes.

« L'arrivée de Semin constitue une belle occasion non seulement pour lui, mais également pour nous, a dit l'entraîneur-chef Michel Therrien hier. On est tous conscients qu'on veut profiter davantage de nos chances de marquer. »

« On a bon espoir de l'aider à retrouver sa touche. »

Therrien a souvent dû jongler avec ses trios l'an dernier en raison du manque de profondeur à l'aile droite. Dale Weise s'est parfois retrouvé au sein du premier trio à la place de l'improductif Pierre-Alexandre Parenteau, un rôle qui ne lui convenait pas tout à fait.

Même trio que Galchenyuk

Le coach du CH a été direct et il a déclaré qu'il allait tenter de faire jouer Alex Galchenyuk et Semin au sein d'un même trio au camp d'entraînement pour tenter de créer une chimie entre les deux hommes. Une idée qui plaît à Galchenyuk, désormais centre à temps plein.

« On sait tous qu'il peut compter beaucoup de buts. Il possède un tir incroyable. Nous avons tous les deux de belles habiletés naturelles. Nous trouverons un moyen de fonctionner ensemble. Tout le monde sait qu'il peut compter beaucoup de buts. C'est l'un des joueurs les plus talentueux [de la LNH]. Tout le monde peut connaître une saison plus difficile, mais il a aussi connu de grandes années. »

Semin a d'abord lancé en badinant qu'il avait choisi le Canadien parce qu'il avait obtenu son premier point en carrière à Montréal, mais il a admis que la présence d'Andrei Markov, d'Alexei Emelin et d'Alex Galchenyuk a pesé dans la balance. « J'aime cette ville. J'adore jouer ici. Les fans sont très bruyants. Et c'est une bonne organisation. Mais oui, Andrei [Markov] a joué un rôle important. J'aime les Russes », a-t-il déclaré en riant.

La timidité et la nervosité de Semin étaient telles pendant son interview qu'en comparaison, Markov, le prochain à s'adresser aux journalistes, faisait figure de Jacques Languirand !

« Je le connais depuis longtemps et il m'a posé des questions sur la ville, l'équipe et les médias. Je lui ai dit la vérité. Je lui ai répondu que ça n'allait pas être facile de jouer devant vous. »

« C'est un défi de taille et il en est conscient. Mais je crois qu'il est prêt à ça. On verra... »

Le DG Marc Bergevin a affiché un optimisme mêlé de prudence, sans doute pour ne pas créer d'attentes.

« On cherche toujours des moyens d'améliorer l'équipe. Le plafond salarial n'a pas beaucoup bougé et il faut être prudent, car on ne sait pas non plus s'il va augmenter. Il fallait en tenir compte lors de nos embauches. Semin a beaucoup de potentiel offensif. Il peut nous aider. Mais ça va dépendre de lui. »

La nouvelle acquisition du CH dit être complètement remise de sa blessure au poignet, un handicap majeur l'an dernier, dit-on.