Peut-être que les membres du Canadien le cachaient bien, mais ils n'avaient pas l'air trop amochés, hier, à Mont-Tremblant.

Mis à jour le 21 avr. 2015
Richard Labbé LA PRESSE

Les joueurs montréalais profitaient d'un congé dans ce coin du Québec bien connu pour son paysage propice au repos, et cela tombait drôlement bien; la veille à Ottawa, les joueurs du CH avaient été victimes de 61 mises en échec lors du match numéro trois de cette série.

Oui, 61.

«On s'y attendait, et on était très bien préparés pour ça, a expliqué l'attaquant Brandon Prust. Chris Neil a été inséré dans leur formation, et on savait qu'il allait vouloir faire sentir sa présence, qu'il allait être là pour tout frapper. On en a parlé; l'importance de jouer seulement entre les coups de sifflet, de ne pas s'emporter, de rester patient. On va les laisser donner des coups de bâton et des coups de poing au visage tant qu'ils le veulent. Nous, on ne va pas répliquer.»

Cette approche a manifestement bien servi le Canadien, qui a en main une solide avance de 3-0 dans cette série captivante, qui va se poursuivre demain soir à Ottawa le temps d'un quatrième match. «On ne veut rien changer, on veut continuer à jouer comme on l'a fait, on veut les avoir à l'usure», a ajouté Brandon Prust.

C'est probablement le bout le plus satisfaisant pour le Canadien: exception faite de Nathan Beaulieu, frappé violemment à la tête par Erik Karlsson dimanche soir (blessé, le défenseur est évalué «au jour le jour», selon la direction du club), tous les joueurs en bleu-blanc-rouge ont survécu aux charges répétées des Sénateurs, dimanche soir, à Ottawa.

«On a encaissé les mises en échec et on a continué à jouer comme si de rien n'était, a ajouté Brandon Prust. Les gars ont encaissé des mises en échec, ils savaient qu'ils allaient se faire frapper mais ils réussissaient quand même à faire un jeu avec la rondelle.»

Avec tout ça, trois des cinq meilleurs marqueurs du club depuis le début des séries ne sont pas des joueurs vedettes, mais bien des patineurs qui appartiennent à la catégorie «de soutien». Brian Flynn a trois points, Dale Weise a deux gros buts au compteur (les deux de dimanche soir), et Torrey Mitchell a trois points.

«On ne fait rien de spécial, a expliqué Mitchell avec modestie. C'est juste l'exécution au chapitre des petits détails. En séries, on doit jouer de cette manière-là, et c'est ce qu'on fait. En séries, ça prend quatre trios pour avoir du succès.»

Une réalité que comprend parfaitement Brandon Prust.

«Les clubs qui ont du succès dans les séries sont les clubs qui obtiennent une contribution de tous leurs joueurs, tous les attaquants, tous les défenseurs... Il faut que tout le monde pousse dans la même direction. Ça donne un peu de répit à nos meilleurs joueurs. Si nos meilleurs doivent jouer pendant 20 minutes à chaque match, ils vont finir par s'épuiser.»

En attendant, ce sont les Sénateurs qui semblent au bord de l'épuisement. Ils ont tout donné dimanche soir, mais chaque fois, le Canadien s'est relevé pour en redemander. Même avec un retard d'un but en troisième période, quand la situation semblait de plus en plus désespérée.

D'ailleurs, Torrey Mitchell, un ancien des Sabres de Buffalo, admet qu'il y a un monde de différence entre un vestiaire de club gagnant et un vestiaire de club perdant.

«Ce n'est pas du tout la même mentalité, admet l'attaquant québécois. Ici, il y a une certaine confiance qui s'est installée. Il y a des gars de caractère dans ce vestiaire. Même quand on perdait par un but dimanche soir, il n'y avait aucun doute dans notre esprit: on allait être capables de marquer le but égalisateur, puis capables d'aller finir le travail en prolongation.»

Selon Mitchell, un lien unit ceux qui sont arrivés dans le camp montréalais à la date limite des transactions, il y a plus d'un mois.

«Aucun d'entre nous ne s'attendait à être dans cette position... Passer d'un club de dernière place à un club qui a une avance de 3-0 au premier tour des séries, c'est assez incroyable.»