Sept ans plus tard - presque huit - le défenseur Jean-Philippe Côté est de retour dans la Ligue nationale.

Publié le 28 déc. 2013
Marc Antoine Godin LA PRESSE

C'est un euphémisme que de dire que l'attente a été longue pour cet ancien du Canadien. Mais il en a coulé de l'eau sous les ponts depuis ses huit matchs durant la saison 2005-06, des matchs disputés auprès de coéquipiers ayant pour nom Souray, Bonk, Zednik, Bulis, Bégin et Huet...

« Je suis fou raide, mais en même temps je dois rester calme, je vais avoir un match à jouer », a confié le défenseur de 31 ans, qui en sera à son quatrième match dans l'uniforme du Lightning de Tampa Bay.

Il s'est passé 2875 jours entre deux de ses matchs de la LNH. Selon le Lightning, le dernier joueur à avoir vécu une aussi longue a été Jonas Andersson, qui n'a pas joué dans la LNH entre le 14 avril 2002 pour Nashville et le 8 décembre 2010 pour Vancouver (3160 jours). Entre-temps, l'arrière originaire de Québec a bourlingué : la Ligue américaine, l'Allemagne, la East Coast... Puis, durant la saison 2011-12, Côté a été parachuté dans l'organisation du Lightning. Les Admirals de Norfolk, qui allaient ensuite gagner la Coupe Calder sous les ordres de Jon Cooper, se cherchaient un vétéran à la ligne bleue. Julien BriseBois, le DG du club-école du Lightning, a déniché la pièce manquante en Côté.

Les Admirals ont surfé sur une séquence délirante de 28 victoires et Côté s'est rapidement gagné la confiance de l'équipe.

Mais assez pour retourner dans la LNH?

« Après le dernier camp d'entraînement, Steve Yzerman avait dit qu'il considérerait me rappeler si les choses allaient bien et je me suis accroché à cela », raconte Côté.

Le fait que Jon Cooper ait remplacé Guy Boucher à la barre de l'équipe l'an dernier n'a certainement pas nui à ses chances.

« Je ne serais pas ici dans lui, estime le défenseur originaire de Québec. C'est comme si les étoiles s'étaient alignées. J'ai gagné un championnat avec lui, j'ai joué sous ses ordres l'an dernier et je suis proche de lui. »

L'entraîneur-chef refuse poliment le compliment.

« Les joueurs peuvent bien servir le cliché qu'ils ont été à la bonne place au bon moment, il reste qu'il faut que le feu brûle encore en dedans de vous, indique Cooper. Des gars comme Côté ou Pierre-Cédric Labrie arrivent à un âge où, pour de nombreux autres, la flamme s'éteint. Eux l'ont gardé en vie.

« Ce genre de chose arrive à ceux qui n'abandonnent jamais. »

Si tu aides à gagner...

C'est un hiatus extraordinairement long dans une carrière professionnelle que de passer presque huit ans entre deux matchs dans la LNH. Il aura fallu que Côté bénéficie des nombreux blessés à la ligne bleue du Lightning pour mériter un rappel. Maintenant, ce sont les vétérans Sami Salo et Eric Brewer, tous deux blessés au haut du corps, qui devraient assurer sa place dans l'alignement face au Canadien.

Peut-on concevoir un scénario où Côté demeurerait dans la LNH pour de bon ?

« Tout dépendra de lui, répond Cooper. Il s'est placé en position où il pouvait rejoindre notre équipe et depuis qu'on l'a inséré dans la formation, il ne nous a donné aucune raison de l'ôter de là. On pense toujours à la veille d'un match « Ok, on va retrancher Côté et un tel prendra sa place » mais en vérité, on ne rendrait pas service aux 19 autres joueurs en agissant ainsi, car il nous aide à gagner des matchs.

« Qu'un joueur ait 21 ans ou 41 ans, s'il nous aide à gagner des matchs, il va jouer. »