Carey Price a aimé récolter la victoire, mardi contre le Wild du Minnesota, sans avoir à se surpasser ou à regarder l'adversaire tournoyer dans sa zone pendant tout le match.

Mis à jour le 21 nov. 2013
Marc Antoine Godin LA PRESSE

«Nous avons joué un bon match offensivement en nous appliquant à maintenir la pression en zone adverse, a convenu Price. Ça s'est traduit par un plus grand nombre de chances de marquer, et on en a profité.

«Il y a plusieurs gars qui ont été récompensés pour leur travail acharné, a-t-il ajouté. Pacioretty et Desharnais, par exemple, mettent tous les efforts depuis le début de la saison. Or, quand ces deux gars-là produisent, nous formons une équipe beaucoup plus équilibrée.»

Cet équilibre n'a pas toujours été au rendez-vous dans le camp tricolore cette saison. Même si Price est au sommet de sa forme cette année, sa fiche n'est que de ,500 (8-8-2).

Quelque part devant lui, il y a des missions qui ne sont pas remplies.

Il reste que sur le plan statistique, il connaît son meilleur début de saison en carrière. Non seulement affiche-t-il sa meilleure moyenne après 18 matchs (2,05), mais, surtout, son rendement à égalité numérique (taux d'arrêts de ,945) est bien supérieur à ce qu'il a démontré par le passé.

«Je pense que c'est un sous-produit du fait que toute l'équipe adhère au système défensif qu'on maintient depuis le début de la saison, estime le gardien de 26 ans. Ça a favorisé mes statistiques comme celles de Peter Budaj.»

Habitué des bons départs

Il faut se rappeler que Price avait connu un départ canon en 2008 dans les mois qui avaient précédé sa présence au match des Étoiles à Montréal. Ç'avait été la débandade par la suite.

Puis, en 2010, tout de suite après que Jaroslav Halak eut été échangé, il avait encore bondi des blocs de départ pour connaître cette année-là sa meilleure campagne avec 38 victoires, une moyenne de 2,35 et un taux d'efficacité de ,923.

La saison 2010-2011 est en quelque sorte l'année baromètre pour lui. S'il désire la surpasser, il va devoir maintenir cette constance qu'il semble avoir cette année mais qui lui a souvent fait défaut par le passé.

«Mes objectifs ne vont pas au-delà du prochain match, explique-t-il toutefois. J'en ai parlé avec Stéphane Waite, et on veut que ça reste ainsi. Même pour ce qui est d'un poste au sein de l'équipe olympique, il se gagne match après match.

«C'est un but à long terme, pour moi, d'aller aux Jeux olympiques, c'est vrai, mais pour l'atteindre, il faut y aller étape par étape.»

Des correctifs payants

Cette mentalité de labeur quotidien explique peut-être pourquoi, même lors d'un petit entraînement facultatif auquel ne participaient qu'une demi-douzaine de joueurs, Price tenait à être sur la glace.

Il faut dire que le travail qu'il a accompli jusqu'ici avec Waite s'avère payant. Le gardien- vedette n'a que de bons mots pour son nouveau mentor.

«Steph a été sensationnel, soutient Price. C'est un gars qui apporte une attitude très positive et avec qui il est facile de parler. Son expérience et son passé de gagnant aident aussi.

«Un entraîneur qui essaie de changer un gardien de A à Z peut générer beaucoup de confusion et beaucoup de questionnement inutile au moment des matchs. Tandis que Stéphane, lui, est très bon pour intégrer de simples correctifs qui s'avèrent payants.»

Des fleurs à Fleury

Bref, Price n'a rien fait jusqu'ici pour nuire à ses chances de représenter le Canada à Sotchi. Ses compatriotes Corey Crawford, Mike Smith et Roberto Luongo se montent eux aussi un bon dossier - tout comme le surprenant Josh Harding -, mais la principale concurrence, pour Price, pourrait très bien venir de Pittsburgh et de Marc-André Fleury, qui n'avait même pas été invité au camp d'orientation d'Équipe Canada au mois d'août.

Après avoir chancelé le printemps dernier, le gardien des Penguins est revenu au sommet de sa forme, et Price a une estime renouvelée pour le Québécois qu'il risque d'affronter samedi au Centre Bell.

«Marc-André a une excellente discipline au travail, dont il n'a jamais dérogé, explique Price. J'ai eu la chance de passer pas mal de temps avec lui durant le lock-out et j'ai appris à le connaître en tant que personne.

«C'est un gardien très talentueux, mais le métier de gardien repose en grande partie sur la confiance. La minute qu'il l'a retrouvée, avec le talent qu'il a, ça n'a pas été une surprise pour moi.»