Venus participer à une Classique des Étoiles au profit de la Fondation du Canadien pour l'enfance, Eric Lindros, Chris Chelios et Alex Kovalev ont bouclé la boucle chacun à leur manière, hier.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

Kovalev revêtait l'uniforme du Tricolore pour la première fois depuis sa retraite (voir autre texte), Chelios faisait de même pour la première fois depuis 1990, tandis que Lindros renouait avec un public qui l'a toujours détesté.

«Vraiment?» a-t-il demandé candidement. En effet, à la suite de toute la saga qui l'a opposé aux Nordiques de Québec avant son arrivée dans la LNH, puis durant toutes les années où son trio «Legion of Doom» des Flyers de Philadelphie a piétiné le Canadien, Lindros dit n'avoir jamais ressenti l'animosité du public montréalais.

Un public qui, pour une rare fois, s'était montré solidaire des Nordiques.

«Ce n'est pas moi qui ai vendu l'équipe au Colorado», a objecté le grand centre de 40 ans.

Non sans ironie, l'entraîneur honoraire Michel Bergeron avait pris soin de l'insérer sur le même trio que Peter Stastny et Michel Goulet pour ce match des anciens.

«J'ai eu un différend avec un propriétaire, et ça se passait dans un tout autre marché, a poursuivi Lindros. Si j'avais été repêché par le Canadien, l'histoire aurait été différente. Quand on pense aux grandes organisations du sport professionnel, le Canadien est au sommet.»

Mais puisque Lindros ouvrait ainsi la porte... est-il déjà venu près de joindre le Tricolore?

«C'était après... ah! non, je ne devrais pas commenter, s'est ravisé Lindros. Je ne m'en souviens plus. C'est à cause des commotions!»

Lindros est marié depuis quelques mois à une Montréalaise du nom de Kina Lamarche qui vit désormais avec lui à Toronto.

«Elle m'a rappelé aujourd'hui [hier] que ça fait quatre mois qu'on est mariés, s'est esclaffé Lindros. J'ai pu montrer le vestiaire du Canadien à mon beau-père, ç'a été la cerise sur le gâteau aujourd'hui.»

Chelios se fait parler de Subban

Chelios, lui, endossait l'uniforme du Canadien pour la première fois depuis que Serge Savard l'a échangé aux Blackhawks de Chicago en retour de Denis Savard.

Étant donné qu'ils sont deux pur-sang qui débordaient de talent à leur arrivée à Montréal, d'aucuns ont fait un parallèle entre Chelios et P.K. Subban. Même si Chelios était peut-être plus turbulent à l'extérieur de la patinoire!

«P.K. est un très bon patineur, il a un bon tir et il a une bonne vision du jeu, a rappelé Chelios, qui agit aujourd'hui comme ambassadeur des Red Wings de Detroit. Il joue contre les meilleurs trios et c'est en quelque sorte un agitateur, ce qui a été mon plus grand rôle au cours de ma carrière. Il y a donc des similitudes entre nous.

«Mais je ne me souviens pas d'avoir fait le genre d'excentricités qu'il fait parfois...»

L'encadrement dont bénéficiait Chelios à Montréal, durant les années 80, constitue toutefois une différence de taille entre Subban et lui.

«À l'époque, j'étais entouré de joueurs comme Bob Gainey, Larry Robinson et Bobby Smith. Le leadership a eu beaucoup à voir avec mon développement rapide. Je ne pense pas qu'il ait bénéficié du même genre d'environnement à son arrivée ici. Ce serait donc injuste de juger nos deux situations.

«Bob m'a appris la discipline, mais je ne voulais pas être aussi réservé que lui. Je ne voulais pas mûrir aussi rapidement. En cela, ma personnalité était plus proche de celle de Larry, qui était un grand enfant...»