Les Flyers de Philadelphie sont au coeur de leur plus long voyage de la saison, un périple de six rencontres qui incluait un arrêt au New Jersey, hier (revers de 5-3), avant de rendre visite au Canadien, ce soir au Centre Bell.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

«Si l'on est capables de se maintenir après cette séquence de 12 matchs sur 18 à l'étranger, on va être en bonne position pour le reste du calendrier», estime le vétéran Daniel Brière.

Avant de débarquer à Montréal, les Flyers devaient négocier avec les Devils, contre lesquels ce n'est jamais facile. Et depuis le printemps dernier, les Flyers ont l'arrière-goût de leur élimination au deuxième tour des séries face aux éventuels finalistes de la Coupe Stanley.

«Nous ne jouons pas dans une division facile avec les Rangers de New York et ces Devils qui nous ont éliminés, l'an dernier, en ne nous donnant pratiquement rien, a rappelé Brière. C'est pour ça que notre équipe se concentre maintenant plus sur la défensive.»

Selon l'attaquant originaire de Gatineau, l'entraîneur-chef Peter Laviolette a décidé d'opérer un changement de philosophie même si les Flyers ont été la deuxième équipe la plus productive en attaque, la saison dernière dans la LNH.

«C'est complètement différent de ce qu'on voyait par le passé, dit-il. On a choisi de mettre l'accent sur la défensive et je crois qu'on n'a pas encore terminé la transition.»

N'est-ce pas risqué, avec un noyau semblable à celui de l'an passé, d'effectuer un tel virage au cours d'une saison écourtée?

«Le coach avait élaboré un plan, qu'il y ait lock-out ou non, et il continue avec son idée, avec ce qu'il considère comme étant le plus bénéfique pour l'équipe», répond Brière.

Des absences qui se ressentent

Il y a l'influence des autres équipes, d'accord, mais il y a sûrement des facteurs maison qui ont incité Laviolette à adopter un style plus défensif.

Le manque de profondeur chronique en défense ne s'est pas réglé durant la saison morte. D'autant que les Flyers devront faire leur deuil de Chris Pronger, dont la carrière pourrait être terminée.

Et devant le filet, malgré le lucratif contrat que les Flyers lui ont consenti, le gardien Ilya Bryzgalov demeure une boîte à surprises.

«Il va bien, plaide Brière. On joue beaucoup mieux devant lui et sans lui, on n'aurait pas gagné le match contre les Jets de Winnipeg, plus tôt cette semaine.»

Les absences du défenseur Andrej Meszaros et de l'attaquant Scott Hartnell se font aussi sentir. Hartnell, toujours très actif lors des matchs face au Tricolore, soigne une fracture à un pied et pourrait rater un autre mois d'activité.

«Les attaquants de puissance comme lui sont difficiles à trouver et à remplacer, rappelle Brière. Ce n'est pas seulement Claude Giroux, mais toute l'équipe qui se ressent de son absence.»

Il reste que Giroux, avec seulement 10 points en 15 matchs, est loin de la production à laquelle on serait en droit de s'attendre.

Les francos en panne

Les autres membres de la filière francophone ont aussi leur part d'ennuis. Sean Couturier, qui a raté quelques matchs en raison de la grippe, revendique cinq points en 13 rencontres. Maxime Talbot, qui a atteint un sommet en carrière avec 19 buts l'an dernier, n'a que trois mentions d'aide en 15 matchs.

Et Brière lui-même n'affiche que deux buts et quatre points en 11 parties. À sa décharge, le vétéran de 35 ans a raté les quatre premiers matchs en raison d'une légère fracture au poignet gauche.

«Ça été un peu difficile à mon retour, mais maintenant ça va bien, assure-t-il. Je suis de retour à 100%. Je suis rassuré par le fait que je décoche beaucoup de lancers et que j'obtiens plusieurs chances de marquer.

«J'ai joué un peu partout jusqu'à maintenant: à l'aile, au centre, avec un peu tout le monde... Lorsqu'une équipe ne marque pas beaucoup, elle essaie de trouver la bonne recette.»

Mais Brière ne s'inquiète ni de sa production personnelle ni du début de saison en demi-teinte des Flyers en ce début de saison. Les gens ont accroché sur le fait qu'avant d'affronter les Devils, ils affichaient un dossier de 2-6-0 à l'étranger, mais Brière préfère les mettre en garde.

«On a commencé la saison sur la route alors que les choses n'allaient pas très bien, mais depuis, l'équipe s'est replacée, indique-t-il. Nous étions l'une des meilleures équipes à l'étranger l'an dernier alors je ne suis pas trop inquiet à cet égard.»