Avec 13 points en 10 rencontres cette saison et une séquence de huit matchs avec au moins un point, Raphael Diaz donne des munitions à ceux qui le considèrent comme le meilleur défenseur de la Ligue suisse. On le voit déployer dans son pays un rendement offensif qu'on ne lui a pas vu l'an dernier en Amérique.

Mis à jour le 16 oct. 2012
Marc Antoine Godin LA PRESSE

Pourquoi?

Le plus simple serait de dire que le niveau de jeu en Suisse est tout simplement inférieur à celui de la Ligue nationale.

Mais comme c'est le cas pour plusieurs bons patineurs dotés d'un flair offensif, Diaz profite des patinoires européennes pour se donner temps et espace, chose que l'on élimine sans vergogne dans la LNH. Le Suisse de 26 ans dit avoir modifié son jeu à la suite de l'expérience de l'an dernier et que c'est ce qui le rend encore plus dominant cette année.

«Étant donné qu'on a moins de temps pour s'exécuter dans la LNH, j'ai appris à mieux anticiper le jeu, à le voir venir de façon à ce que lorsque je prends possession de la rondelle, je sache déjà quelles sont mes options, a-t-il expliqué à La Presse.

«J'ai remarqué aussi qu'un tir de la ligne bleue de qualité était plus important dans la LNH, entre autres parce qu'on y bloque davantage de lancers qu'en Suisse.»

Son entraîneur à Zoug, Doug Shedden, croit que son tir du poignet pourrait éventuellement devenir payant dans le circuit Bettman.

«Il possède une très bonne feinte pour tromper l'adversaire et s'ouvrir une ligne de tir à partir de la ligne bleue, note Shedden. Je le vois très bien obtenir du succès à Montréal s'il est employé sur la deuxième vague d'avantage numérique.»

Réservé par respect

Le défenseur du Canadien a raté les matchs préparatoires ainsi que les deux premiers matchs du EV Zoug à cause des traces de la blessure à l'aine qui a précipité la fin de sa première saison à Montréal.

Pourtant, même en ayant joué trois matchs de moins, Diaz domine tous les défenseurs de la Ligue suisse dans la colonne des points.

«Si j'ai la chance d'aller appuyer l'attaque et de prendre l'adversaire par surprise, je vais le faire», soutient le sympathique arrière.

«Mais l'an dernier, j'étais nouveau dans la LNH et je m'appliquais à protéger notre zone. Je ne voulais pas constamment me porter à l'attaque. C'est bien trop dangereux, les joueurs sont trop doués. C'était peut-être une forme de respect à leur égard... Mais c'est pour continuer à apprendre que je veux jouer dans la LNH.»

Le Suisse doit encaisser

Ce que Diaz sait des neuf années passées en Ligue suisse, là où la pression en échec avant est parfois inexistante, c'est qu'il n'est pas soumis à la même rudesse que dans la LNH.

Résister à l'envahisseur sera l'éternel défi de Diaz.

«Raphy est compétitif, il lit bien le jeu et il se débrouille bien dans sa zone, résume Shedden. Le plus gros point d'interrogation, à mon sens, était de savoir comment il se débrouillerait sur une plus petite patinoire en se faisant rentrer dedans par de plus gros joueurs.

«S'il arrive à se faire protéger par ses coéquipiers et qu'il ne se laisse pas intimider, il pourra certainement jouer.»

Même son de cloche du côté de Glen Metropolit, qui a été son coéquipier pendant deux saisons à Zoug.

«J'ai toujours su que c'était le genre de joueur qui pouvait se tailler une place dans la LNH à cause de sa mobilité, de son tir et du fait qu'il referme bien l'espace entre les attaquants et les défenseurs», note l'ancien centre du Tricolore.

«Mais il lui reste encore de la maturité physique à prendre afin de mieux résister au jeu robuste qu'on retrouve à la maison.»