Il y a moins d'une semaine, on était prêt à écrire l'épitaphe du Canadien. Mais à la suite d'un troisième gain consécutif, une victoire de 4-2 face aux Bruins de Boston, il n'y a plus matière à enterrer l'équipe, même à deux jours de l'Halloween.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

>Relisez le clavardage de Gabriel Béland.

>Le sommaire du match.

Le Tricolore a passé le K.-O. aux Bruins pour la deuxième fois en trois jours, enfonçant les champions de la Coupe Stanley un peu plus profondément dans la cave du classement de l'Association Est.

Mais ça n'a pour autant redonné le sourire à Jacques Martin.

«Il y a un peu de progrès, mais encore beaucoup d'ouvrage à faire, a laissé tomber l'entraîneur. C'est une longue saison et nous sommes toujours sous la barre de ,500. Nous venons de battre les Bruins, mais il y a parmi les équipes en tête au classement plusieurs jeunes formations qui vont bien.»

Eller: le meilleur et le pire

Plusieurs facteurs semblent avoir atténué le mérite de cette victoire aux yeux du coach, à commencer par le rendement en montagnes russes de Lars Eller, pourtant choisi la deuxième étoile de la rencontre.

Le Danois a connu un match fort mouvementé aux deux extrémités de la patinoire. Une ribambelle de chances de marquer? À monsieur Eller. Un but important ? Il était là. Un revirement coûteux? Regarde donc ça, Lars Eller. Une punition en milieu de troisième qui aurait pu remettre les Bruins dans le coup? Lui-même.

«Ça a été un match étrange parce que je jouais très bien, j'ai presque marqué un deuxième but sur une belle passe de Gionta, mais le revirement et la pénalité en troisième m'ont donné l'impression que le vent changeait de côté pour moi, a confié Eller.

«Sauf que je n'ai pas laissé ces erreurs m'affecter. L'an dernier, je ne pense pas que j'aurais joué beaucoup après un revirement de la sorte...»

Jacques Martin ne serait peut-être pas d'accord, car l'absence de Scott Gomez le force présentement à se montrer conciliant. Or, l'humeur de l'entraîneur à l'endroit d'Eller ne laissait aucune ambigüité.

«Il doit apprendre qu'il ne peut pas faire ce genre d'erreurs, surtout contre une équipe de cette trempe », a indiqué Martin à propos du revirement qui a mené au premier but des Bruins, celui Milan Lucic.

«Il a commis une autre erreur en troisième période qui aurait pu nous coûter le match. Il faut parler au joueur, lui ôter du temps de glace ou mettre quelqu'un d'autre à sa place.»    

L'avantage numérique frappe deux fois

Pour la première fois de la saison, le Tricolore a inscrit deux buts en supériorité numérique lors d'une même rencontre.

En première, Brian Gionta a donné les devants au Canadien en faisant dévier un tir de la pointe de Tomas Plekanec.

Ce dernier avait l'air tellement heureux, croyant bien avoir marqué. Bah, Plekanec a eu son bonbon en fin de rencontre lorsqu'il a fermé le pointage dans un filet désert...

Puis, à mi-chemin dans le match, David Desharnais a augmenté l'avance des siens à 3-0 en profitant d'un des nombreux retours offerts par Rask.

Le gardien des Bruins n'a pas mal fait, loin de là, mais il a été supplanté par Carey Price qui a démontré beaucoup d'assurance et de stabilité devant sa cage.

Il a toutefois été sauvé en trois occasions par ses poteaux.

«Ils me sont venus en aide ce soir, mais il y a des matchs où ce ne sont pas de très bons amis», a lancé Price, qui ne commencera pas de sitôt à parler à ses poteaux comme le faisait Patrick Roy!

Price n'a pas seulement eu l'aide de ses poteaux, mais aussi de ses défenseurs. Ses coéquipiers ont bloqué 29 lancers (contre 12 du côté des Bruins).

Jaroslav Spacek, qui donne son corps à la science ces jours-ci, a bloqué sept tirs samedi, pour un total de 18 au cours des trois derniers matchs!

«Il va me dépasser, il va falloir que je me réveille!» a lâché Josh Gorges lorsqu'on l'a mis au courant des statistiques de son vétéran coéquipier.

Deux jours de congé

Puisqu'il ne jouera pas avant vendredi prochain à Ottawa, le Canadien profitera de deux journées de congé avant de reprendre l'entraînement mardi à Brossard.

«Nous venons d'avoir une grosse semaine au cours de laquelle on a disputé quatre matchs, a rappelé Gionta. Cette semaine fera du bien, d'une part pour se reposer, mais aussi pour travailler sur plusieurs choses qu'il nous reste à corriger.»