Après un début de saison plutôt timide, Erik Cole est en train de devenir le joueur que le Canadien attendait.

Richard Labbé LA PRESSE

Acquis sur le marché des joueurs autonomes à l'été, grâce à une offre généreuse de 18 millions sur quatre ans, Cole a mis du temps avant de se mettre en marche dans son nouvel uniforme. À ses sept premiers matchs, l'attaquant de 32 ans n'a récolté qu'un seul petit point, et en moins de temps qu'il ne le faut pour dire Niinimaa, on a tous un peu cru à une très mauvaise décision de la part de la direction montréalaise.

Sauf que Cole s'est depuis replacé.

Il a cumulé trois points à ses trois derniers matchs, dont deux buts, et sa présence au sein de l'attaque à cinq ne passe certes pas inaperçue. Enfin, Cole semble être ce «gros joueur» qui manquait tant à la formation montréalaise.

«En arrivant ici, je savais qu'il allait y avoir une période d'adaptation pour moi, a expliqué le vétéran au centre d'entraînement de Brossard, hier. Mais je suis de plus en plus confiant.»

Débarqué à Montréal après une dizaine de saisons en Caroline, Cole ne s'attendait sûrement pas à être la cible de critiques si rapidement. Mais il jure que cela ne l'a pas affecté. «Je ne connais personne qui s'est montré dur envers moi... et je ne considère pas les critiques des médias comme de l'adversité», a-t-il fait savoir.

En Cole, le Canadien a assurément mis la main sur un joueur qui a à coeur la cause de l'équipe. Encore hier, toutes ces questions à propos de lui, à propos de sa production et de ses chiffres, étaient autant de questions qui ne semblaient pas faire son affaire.

Parce que le joueur de 6'2 et 205 livres aime mieux parler de l'équipe. «Pour moi, c'est dur de m'attarder à autre chose que les victoires et les défaites... Ce que je retiens, c'est qu'on est en train de se sortir du pétrin. On est presque où on veut être en tant qu'équipe.»

La bonne nouvelle pour lui, c'est que les membres des médias ne sont pas les seuls à avoir remarqué la qualité de son jeu récemment; l'entraîneur Jacques Martin a lui aussi vu la même chose.

«Il est un gros joueur qui est plus efficace quand il se sert de sa rapidité pour aller au but, a soutenu le coach. Ce qui est arrivé, je dirais que c'est normal, il y a toujours une période d'apprentissage quand un joueur se présente avec une nouvelle équipe. Ce que l'on voit de lui présentement, c'est le genre de joueur qu'on croyait qu'il allait devenir avec nous.»

L'entraîneur a aussi remarqué que l'ancien des Hurricanes s'entend à merveille avec son coéquipier David Desharnais. «On sait que David a une bonne vision du jeu, et les deux ont commencé à jouer de manière plus intense récemment», a dit Martin.

Enfin, tout cela est peut-être un bon signe pour l'esprit d'équipe. Hier, les rares joueurs qui étaient présents dans le vestiaire ont chacun estimé que Cole avait été la cible de critiques trop nombreuses en ce début de saison. «C'est difficile pour lui de relaxer, vous lui mettez trop de pression sur les épaules», a lancé le défenseur Jaroslav Spacek, humoriste à ses heures, sur un petit ton sarcastique.

Si c'est bon pour l'esprit d'équipe...