Tyler Seguin est peut-être le meilleur joueur des Bruins de Boston depuis le début de la saison, et ce n'était pas son habitude, avant le revers de jeudi face au Tricolore, de se faire discret dans un match.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

Or, même s'il n'est pas particulièrement ressorti, c'est quand même l'attaquant de 19 ans qui a tenté le plus de tirs en direction de Carey Price.

Contrairement au reste de l'équipe, le deuxième choix universel au repêchage de 2010 connaît un très début de campagne avec trois buts et neuf points en neuf rencontres.

Physiquement autant que mentalement, Seguin est un joueur transformé par rapport à l'an dernier.

«Il a fait les choses qu'il devait faire cet été, ça paraît, et maintenant sa confiance a pris le dessus, explique Patrice Bergeron. Il avait tous les outils nécessaires pour être un excellent joueur, mais cette confiance supplémentaire fait toute la différence.»

Seguin a connu une saison recrue en dents de scie. Avec son coup de patin explosif, il montrait à l'occasion l'étendue de son talent, mais son utilisation sporadique faisait dire à plusieurs qu'il aurait bénéficié de retourner à un niveau inférieur.

Le jeune phénomène n'a peut-être pas été dans la course au trophée Calder, mais il a fait mieux: il a soulevé la Coupe Stanley. Difficile à battre comme expérience de première année!

«L'été a été facile parce que je savais davantage à quoi m'attendre, explique Seguin. L'an dernier, avant d'avoir l'expérience de la LNH, c'était un peu le néant.

«J'ai pu me concentrer sur certains aspects physiques sur lesquels je devais travailler et je me sens beaucoup mieux sur la glace cette année.»

Plus impliqué dans le jeu

Mais selon Seguin, la plus grosse différence entre l'an dernier et cette année réside dans son niveau de compétitivité.

«Avant, je restais plus souvent en périphérie à attendre que le jeu vienne vers moi au lieu de provoquer moi-même des choses, dit-il.

«Ça m'a aussi pris un certain temps à me familiariser avec le système de Claude Julien. Dans le junior ou ailleurs, je n'avais jamais vraiment été exposé à un véritable système de jeu. J'avais des paramètres à respecter, mais il y avait plus d'improvisation.»

Seguin est un joueur de centre naturel, mais il évolue surtout à l'aile cette saison. Une polyvalence qui, selon son coéquipier Chris Kelly, fera de lui un meilleur joueur.

«Pour un jeune, Tyler gère extrêmement bien la rondelle et il tient son bout dans sa zone», indique Kelly, qui a été son principal joueur de centre depuis le début de la saison.

«On ne le voit pas souvent faire des jeux à haut risque ou se rendre victime de revirements coûteux.»

Seguin avait développé une belle complicité avec le vétéran centre à caractère défensif, mais les ennuis des Bruins ont forcé Julien à revoir ses trios.

Attendez-vous à ce que Seguin patine aux côtés de Patrice Bergeron et Brad Marchand, samedi au Centre Bell.