Quelle est l'ampleur du trou que s'est creusé le Canadien?

Marc Antoine Godin LA PRESSE

Depuis le lock-out, neuf formations ont amorcé leur calendrier en inscrivant quatre points ou moins à leurs huit premiers matchs et de ce groupe, seuls les Predators de Nashville de 2007-08 sont parvenus à participer aux séries éliminatoires.

«C'est la première fois que je vois le Canadien au dernier rang dans l'Est depuis que je suis ici, et ce n'est pas un bon endroit où être, a convenu Carey Price. La première chose à faire, c'est de ramener notre fiche à ,500.»

L'an dernier, cela avait pris 93 points à l'équipe de huitième place dans l'Est pour entrer en séries. Jacques Martin vise un tantinet plus haut.

«J'ai parlé aux joueurs de ce que ça nous prendrait pour participer aux séries en leur soulignant l'urgence de la situation, a raconté l'entraîneur. On vise une récolte de 96 points, soit le même nombre de points que l'an dernier.»

Or, pour y arriver, le Tricolore devra désormais maintenir un taux de succès de ,622. C'est une cadence qu'il n'a dépassée que dans un seul mois la saison dernière, lorsqu'il a joué pour ,682 en octobre 2010.

Tous dans le même bateau

Les trois prochains matchs - mercredi face aux Flyers de Philadelphie, puis deux rendez-vous contre les champions Bruins de Boston - seront déterminants.

Autant trois défaites pourraient marquer un point de non-retour pour Jacques Martin et son équipe, autant le moral des troupes serait revigoré avec des victoires contre de telles puissances.

«Quand tu affrontes un adversaire de qualité, tu n'as pas le choix de donner le meilleur de toi-même, a rappelé Carey Price. Espérons que cela ramènera l'équipe ensemble et que nous pourrons aligner quelques bons matchs.»

Le gardien de 24 ans n'a pas l'impression qu'on s'attend à ce qu'il vole bientôt un match, même si l'entraîneur a dit s'attendre, samedi dernier, à un meilleur rendement de sa part.

«Ce serait plaisant de réaliser un blanchissage de 50 lancers, mais tout le monde est dans le même bateau et je ne vais pas transporter l'équipe sur mes épaules, a indiqué Price. Ça peut arriver que je vole un match de temps en autres, mais ça ne se produira pas tous les soirs.

«J'ai autant besoin de mes coéquipiers qu'ils ont besoin.»

Communication déficiente

Price soutient qu'il faut revenir à la fameuse «base» du système qui a valu au Canadien un succès relatif au cours des deux dernières saisons.

«Si l'on peut ennuyer mortellement l'adversaire et que ça nous donne deux points en bout de ligne, je les prendrai volontiers», a-t-il lancé.

Mais pour trouver la cohésion nécessaire à ce système, les joueurs auraient intérêt à se parler davantage.

«Il faut améliorer notre communication en défens, a noté Price. On se met dans le trouble quand ce n'est pas nécessaire. Une sortie de zone ratée se transforme en défensive de zone pendant 90 secondes. Ces choses-là ne peuvent arriver si l'on veut se donner un peu de rythme.»

Aux officiels de faire la loi

Quant aux assauts répétés dont il est victime depuis le début de la saison, Price s'en remet aux officiels plus qu'à ses coéquipiers.

«Tout le monde a pu voir à quel point nos adversaires fonçaient vers le filet avec agressivité, a dit Price. Il en revient aux arbitres de protéger les gardiens, car les défenseurs ne peuvent plus obstruer ou donner de double-échec comme avant pour nettoyer le devant du filet.

«Ça ne veut pas dire que je vais accepter de me faire piétiner sans arrêt, mais je n'attendrai pas que mes coéquipiers me protègent. Je suis un grand garçon qui peut prendre soin de moi-même.»