Michael Schuckers, un professeur de statistiques à l'Université St. Lawrence, dans l'État de New York, pourrait bien révolutionner la façon d'évaluer le travail des gardiens de but.

Mathias Brunet LA PRESSE

Schuckers a mis au point une technique permettant de calculer le taux d'arrêts des gardiens en fonction de l'endroit d'où le tir a été effectué et non seulement en rapport au nombre de tirs qu'il reçoit.

L'entraîneur des gardiens des Blackhawks de Chicago, Stéphane Waite, a accueilli cette nouvelle publiée dans le Wall Street Journal avec joie.

«Enfin quelqu'un qui comprend, il frappe dans le mille!», a-t-il lancé spontanément au bout du fil hier midi.

«J'ai toujours répété qu'il n'y avait aucune statistique adéquate pour évaluer le travail du gardien, a poursuivi Waite. La difficulté avec taux d'arrêts, la principale mesure utilisée actuellement, c'est que les données peuvent être faussées par le travail de la défense. Certains gardiens reçoivent de nombreux tirs, mais peu dangereux, tandis que d'autres en ont une quantité moins importante, mais beaucoup de lancers de l'enclave.»

Waite calcule à sa façon la provenance des tirs de façon à se donner un portrait plus juste des performances de ses gardiens. «Je me rappelle qu'à l'époque où Nikolai Khabibulin jouait à Chicago, on n'avait pas un très bon club, Nikolai recevait 30 tirs par match, ce qui n'est pas énorme, mais la moitié étaient dangereux. Son taux d'arrêts n'était pas incroyable, mais lui et moi savions qu'il disputait de bons matchs. Je me fie à mes propres statistiques. Ici, avec les Blackhawks, nous sommes abonnés à une foule de bases de données, mais il n'y a rien de valable pour les gardiens. Ce nouveau système pourrait aussi aider les clubs qui se fient aux statistiques actuelles pour mesurer la valeur d'un gardien avant de lui offrir un contrat.»

L'an dernier, Tim Thomas, Pekka Rinne, Roberto Luongo, Jonas Hiller et Henrik Lundqvist ont terminé parmi les cinq premiers par rapport aux taux d'arrêts.

En vertu de la nouvelle formule, Tim Thomas, Roberto Luongo, Jonas Hiller, Ilya Bryzgalov et Cam Ward auraient été les cinq premiers, ce qui signifie donc que Rinne et Lundqvist ont eu à faire face à des tirs moins redoutables que les autres.

«Je regarde en moyenne deux matchs par soir, donc environ 500 par année, et les statistiques actuelles ne sont pas représentatives de ce que je vois des gardiens», dit Waite.

Quel serait le gardien le plus sous-estimé selon lui? «Spontanément, je dirais Ondrej Pavelec, des Jets de Winnipeg. À chaque match, il réussit des arrêts incroyables, mais son taux d'arrêts ne lui rend pas justice.»

Mais la technique de Michael Schuckers n'est pas révolutionnaire pour tout le monde. « Ce type de statistiques plus pointues n'a peut-être pas atteint le grand public, mais certaines équipes, comme nous, ont déjà leur propre méthode, a confié hier un dirigeant de club de la LNH qui n'a pas voulu être identifié. Nous n'en dirons pas plus parce que nous ne voulons pas faire l'erreur des A's d'Oakland avec Moneyball. Seulement trois ou quatre clubs de baseball utilisaient cette méthode et quand Billy Beane l'a dévoilée, les autres ont copié et ils font tous comme ça aujourd'hui.

«Tous les clubs de hockey ont leur façon de faire et il n'y a pas beaucoup de partage. On fait notre petite affaire à nous et on essaie de soutirer tous les avantages que l'on peut...»

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