Si le début de saison du Canadien n'est pas convaincant, celui de Max Pacioretty, lui, l'est vraiment!

Marc Antoine Godin LA PRESSE

On ignorait si le jeune attaquant de puissance retrouverait le niveau de jeu qu'il présentait en deuxième moitié de saison, l'an dernier, jusqu'à ce que la mise en échec de Zdeno Chara mette fin prématurément à sa saison.

Pacioretty a non seulement dissipé les doutes, il se surprend un peu lui-même.

«Je suis en ce moment au niveau où j'espérais être et je l'ai peut-être atteint plus rapidement que prévu, nous a-t-il confié. Cela dit, je ne peux pas me permettre de relâchement.

«Je ne connais du succès que lorsque j'ai l'impression d'être celui qui travaille le plus fort sur la glace. Or, c'est facile de s'éloigner de cela lorsqu'on connaît du succès.»

Pacioretty mène le Tricolore avec deux buts et cinq points en cinq matchs. Un peu de chance et beaucoup d'effort seront les ingrédients nécessaires à ce qu'il maintienne la cadence.

«J'ai réussi neuf tirs face aux Sabres, mais aucun d'entre eux ne s'est transformé en but, a-t-il rappelé. Si je convertis mes chances, je pourrai afficher de bonnes statistiques cette saison. Mais si je ne marque pas en multipliant les soirées de neuf lancers, je risque de trouver l'année longue.»

Pacioretty est jumelé à David Desharnais, un joueur qui pour l'instant n'est pas au centre des préoccupations de l'adversaire, et d'Andrei Kostitsyn, certes talentueux, mais inconstant.

Malgré les succès initiaux de ce trio, il ne fait pas l'objet d'une couverture accrue.

«On est plus souvent opposé au troisième trio adverse, note l'Américain de 22 ans. Mais éventuellement, si l'adversaire décide de m'opposer ses meilleurs couvreurs, j'aurai encore plus de plaisir parce que ça va me forcer à batailler encore plus fort. Si un gars comme Dion Phaneuf part à mes trousses, je vais travailler plus fort. Et ça revient à ce que je disais tantôt: c'est quand je suis celui qui travaille le plus fort que j'ai du succès.»

Mise en jeu fatale

Pacioretty et Desharnais se sont retrouvés en mauvaise posture, mardi soir, lorsqu'ils ont été battus par un patron de jeu qu'avaient préparé les Sabres de Buffalo. Le but de Thomas Vanek, en toute fin de deuxième, a fait la différence.

Outre le dégagement refusé à Josh Gorges, le combat inégal opposant Desharnais au grand Paul Gaustad, au cercle de mise en jeu, a eu un impact majeur sur les événements.

Desharnais gagnait 49,7% de ses mises en jeu la saison dernière, mais après cinq matchs cette année, son efficacité se milite à 39,1%.

«Souvent, quand tu arrives dans la ligue, les gars ne te connaissent pas et peuvent te prendre à la légère, explique Desharnais. Ce n'est qu'après coup qu'ils vont regarder les statistiques et voir que tu n'es pas si mal au cercle de mise en jeu.

«À un moment, les gars s'appliquent davantage. C'est une bonne ligue et s'il y a un match ou deux où tu n'es pas là, tu vas en payer le prix. Et ça part de la mise en jeu. Tu vas la perdre si tu n'es pas prêt.»

Mais il n'y a pas que Desharnais qui a été pris en défaut sur le but de Vanek. Ce sont les cinq joueurs - et même Carey Price - qui ont été surpris par l'exécution rapide des Sabres.

«On ne savait pas que ce jeu-là s'en venait, ils l'avaient préparé et ils l'ont exécuté à la perfection, a noté Pacioretty. S'il y a quelque chose que nous aurions pu faire autrement, c'est de mieux communiquer entre nous afin de déterminer clairement qui devait couvrir qui. Car la formation qu'ils ont déployé était placée différemment de tout ce que j'avais vu auparavant.

«Or, nous étions fatigués après le dégagement refusé, nous n'avons pas beaucoup parlé.»