Le Canadien a tout fait sauf marquer, mardi soir. Et le gardien des Sabres, Ryan Miller, a tout fait sauf manquer.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

«Miller est l'un des meilleurs gardiens au monde, a rappelé Scott Gomez au terme du revers de 3-1. Nous avons réussi à faufiler un but, mais ce n'est certainement pas faute de ne pas être allé au filet. Nous avons été devant lui toute la soirée. Il faut lui rendre hommage, il permet à son club de repartir d'ici avec deux points.

«De notre côté, aussi décevant cela puisse être, on a fait plusieurs bonnes choses ce soir.»

En effet, on pourrait plaider que le Tricolore a disputé son meilleur match de l'année au plan de l'exécution. Mais face à Miller, il n'y avait aucune marge d'erreur.

Josh Gorges l'a appris à ses dépens en fin de deuxième.

Le dégagement qui lui a été refusé a offert aux Sabres une mise en jeu en zone offensive avec cinq secondes à faire en deuxième. Thomas Vanek, laissé seul dans l'enclave, a battu Carey Price d'un lancer frappé précis.

«C'est frustrant parce que c'est une erreur mentale que l'on n'a pas le droit de commettre, surtout aussi tard en période, a admis Gorges. Mais nous devons être tenaces et continuer de nous battre quand ce genre d'erreur survient.

«Nous avons joué un bon match. Mais parfois, c'est tellement serré qu'une seule présence au cours de la rencontre va déterminer l'issue du match.»

«Tout le monde a bourdonné»

Le Canadien a été blanchi en cinq supériorités numériques même s'il a décoché 13 de ses 41 lancers lorsqu'il avait l'avantage d'un homme. On dira au moins que le mouvement y était et les chances de marquer aussi.

«Autant je peux être critique de mes hommes après certains matchs, autant après celui de ce soir - et celui de samedi face au Colorado - je crois qu'on doit surtout en retirer des éléments positifs», a indiqué Jacques Martin.

Le rendement du trio composé de David Desharnais, Max Pacioretty et Andrei Kostitsyn est certainement motif de réjouissance. Ces trois-là ont été des menaçantes constantes autour du filet des Sabres.

«Tout le monde a bourdonné, on n'a juste pas été chanceux», a indiqué Desharnais qui n'était pas d'humeur à prendre les fleurs après le match puisque c'est son trio qui était sur la glace au moment du but crève-coeur de Vanek.

«C'est sûr que le but nous a fait mal, mais en même temps on dominait le match. On voulait simplement reprendre en troisième de la même façon qu'on a joué lors des deux premiers tiers.»

Jacques Martin aurait-il pu utiliser son temps d'arrêt afin d'élaborer une stratégie défensive en fin de période? Surtout qu'il devait faire confiance à Desharnais, qui n'est pas le centre le plus efficace aux mises en jeu depuis le début de la saison...

«On n'était pas si fatigués que ça, a répondu Desharnais à propos de l'hypothèse d'un temps d'arrêt. Il restait cinq secondes à la période, on devait être capable de jouer. Les Sabres ont simplement fait un beau jeu.»

Sourire éphémère pour Diaz

Le sourire de Raphael Diaz en disait long, en deuxième période, lorsqu'il a donné les devants aux siens avec son premier but dans la Ligue nationale.

«J'ai reçu une belle passe de Max et je me suis amené de la ligne bleue et j'ai feint de tirer, a décrit le Suisse de 25 ans. Ça m'a permis de le contourner et de voir l'ouverture sur le côté du filet.

«J'étais heureux sur le coup, mais maintenant que le match est terminé et que nous avons perdu, je ne sens plus le même feeling.»

Si la sensation n'est pas restée longtemps, il aura au moins une rondelle pour s'en souvenir. Car Hal Gill est allé chercher le disque à la table du marqueur pendant que Diaz, tout béat, rentrait au banc.