Le Canadien affronte ce soir la meilleure équipe qu'il a eue sur sa route depuis le début de la saison. Les Sabres de Buffalo pourraient bien former l'équipe la plus dangereuse de la section Nord-Est cette année et la pression sera forte sur le CH pour qu'il remette le train sur les rails.

Marc Antoine Godin LA PRESSE

«C'est vraiment urgent de gagner ce soir, a indiqué Lars Eller. Sans parler de panique, on doit se rappeler que les points récoltés en octobre sont aussi importants que ceux en fin d'année. On ne peut pas se permettre de se placer en mauvaise posture aussi tôt en saison.

«Le dernier match contre le Colorado aurait pu aller d'un côté comme de l'autre, mais nos efforts contre Calgary et Toronto n'étaient clairement pas suffisants, a ajouté le Danois. Les Sabres connaissent certes un bon début de saison, mais par le passé, on a démontré qu'on était capable de répondre au défi qui était devant nous et qu'on était en mesure d'être bon quand il fallait être bon.»

Advenant une défaite, le Tricolore connaîtrait son pire départ depuis 1999 avec une seule victoire à ses cinq premiers matchs.

«Il ne faut pas paniquer, a insisté Jacques Martin. Il y a plusieurs éléments positifs à retirer du match de samedi contre le Colorado. On a récolté 15 chances de marquer contre neuf pour l'Avalanche. Sans quelques erreurs individuelles et avec un meilleur effort d'équipe sur les unités spéciales, ç'aurait probablement été une victoire pour nous.»

Le Canadien a gagné la bataille des unités spéciales dans un seul match cette saison, et c'était à Winnipeg. Ce n'est pas un hasard si le pointage est allé en sa faveur.

Or, l'équipe  a donné quatre buts en infériorité numérique lors des deux dernières rencontres et, avec l'avantage d'un homme, n'a inscrit que deux buts en 16 occasions depuis le début du calendrier (12,5%).

Le Tricolore a travaillé sur le désavantage numérique et organisé une réunion à ce sujet. Quant à l'avantage numérique, Jacques Martin a revu ses combinaisons en vue du match de ce soir en insérant Andrei Kostitsyn à la place d'Alexei Emelin à la pointe sur la deuxième vague.

«Emelin n'a pas joué beaucoup, c'est une recrue et on lui donne une chance de s'adapter, a expliqué l'entraîneur. Tandis que Kostitsyn possède un bon lancer et il pourrait aider notre jeu de puissance.»

Lars Eller s'est retrouvé à l'aile sur cette deuxième unité que complétaient Scott Gomez, Brian Gionta et Raphael Diaz.

La première vague réunissait Tomas Plekanec, David Desharnais, Max Pacioretty, P.K. Subban et Yannick Weber.

Imposer son rythme

Même s'ils ont commencé la saison en Europe, les Sabres n'ont pas été décontenancés par les voyages, ayant remportant trois de leurs quatre premiers affrontements.

Une raison de plus de se méfier des hommes de Lindy Ruff, qui ont toujours donné du fil à retordre au Canadien.

«Les affronter n'est jamais facile, a rappelé Josh Gorges. Les Sabres aiment se porter à l'attaque et il faut éviter de céder à la tentation d'ouvrir le jeu à notre tour. On doit plutôt s'appliquer sur un style agressif et acharné et tenter de s'établir devant le filet de Ryan Miller.»

Des joueurs ont indiqué ce matin que l'équipe avait été coupable d'être trop passif devant le jeu de l'adversaire et qu'il était temps pour le CH d'imposer son rythme.

«Il vient un temps où il faut cesser de regarder l'adversaire et se concentrer sur notre propre plan de match», a expliqué Erik Cole, faisant écho à Hal Gill qui tenait des propos semblables.

«Il y a eu des séquences jusqu'à maintenant où l'on jouait notre style, mais nous ne l'avons pas fait avec suffisamment de constance.»