Le commissaire de la Ligue nationale de hockey, Gary Bettman, maintient le cap: il affirme que la blessure subie par Max Pacioretty est horrible, mais que cela fait partie du jeu.

M. Bettman a tenu ces propos jeudi à l'issue d'une table ronde au congrès américain où les discussions portaient sur la manière d'encourager les jeunes Américains à s'intéresser au hockey.

La veille, la LNH avait statué qu'aucune suspension ou amende ne serait imposée à Zdeno Chara.

«Nos gens des opérations hockey sont à 100% derrière la décision qui a été prise, a dit le commissaire Bettman. C'est une blessure horrible et nous sommes désolés qu'elle soit survenue dans notre sport, qui est robuste et se déroule à grande vitesse, mais je ne pense pas que le fait ou non d'imposer plus de sanctions changerait ce qui est arrivé. Presque tous ceux à qui j'ai parlé estiment que la ligue a agi de façon appropriée.»

«La hausse des commotions cérébrales cette saison, selon les données préliminaires, semble venir d'accidents, de collisions, de joueurs qui chutent ou qui donnent contre des choses, et non de coups à la tête», a ajouté M. Bettman.

La question des coups à la tête devrait faire partie des discussions lors d'une réunion des directeurs généraux en Floride, la semaine prochaine.

Pour ce qui est d'Air Canada, qui menace de retirer sa commandite si la LNH n'en fait pas plus pour combattre les coups à la tête, Bettman a dit que la ligue peut se trouver d'autres transporteurs, si la ligne aérienne ne veut plus faire affaires avec elle.

Le directeur exécutif de l'Association des joueurs de la LNH, Don Fehr, a ajouté les commentaires suivants par communiqué:

«La sécurité des joueurs a toujours été et continue d'être d'une grande importance pour l'Association des joueurs. À ce sujet, la question des bandes et des baies vitrées des arénas est une préoccupation de longue date. La gravité de la blessure de Max Pacioretty met en lumière l'importance de s'assurer du maximum de sécurité à ce niveau, et aussi la nécessité de s'intéresser davantage au dossier. Nous inspecterons la patinoire à Montréal et ailleurs au besoin, pour s'assurer que les coussins appropriés soient en place. Nous allons continuer de recueillir les commentaires de nos membres sur la question, pour s'assurer que les joueurs évoluent dans des lieux de travail les plus sécuritaires possible.»

Hockey Québec et Harper réagissent

À l'opposé de la position de la Ligue nationale, le directeur général de Hockey Québec, un organisme qui chapeaute le hockey mineur dans la province, a applaudi la décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales de demander une enquête criminelle.

«Nous sommes en accord avec ça», a indiqué Sylvain Lalonde.

«D'ailleurs, depuis quelques années, nous encourageons les arbitres, les entraîneurs, les parents qui subissent des préjudices de la part de parents ou de joueurs et les arbitres qui subissent des menaces d'entraîneurs ou de parents, de porter plainte à la police.»

Selon lui, il s'agit du seul langage qui soit véritablement compris par les irréductibles. «Toutes les mesures sont prises pour encourager les bons comportements dans les arénas. Une des mesures qui devient de plus en plus dissuasive, c'est de prendre des actions en justice. Ça fait réfléchir les gens», a dit M. Lalonde.

Même le premier ministre Stephen Harper a senti le besoin, tout en demeurant prudent face à la manière dont la LNH traite le dossier, d'exprimer son malaise face à cet incident.

«Nous sommes tous préoccupés par l'augmentation de ces blessures bien sérieuses. Notre préoccupation comme gouvernement, c'est avec ces blessures à la tête qui sont de plus en plus communes dans les sports amateurs, les sports des enfants», a dit le premier ministre alors qu'il se trouvait à Toronto.

Par ailleurs, un groupe de partisans entend tenir une manifestation, mardi prochain, devant le Centre Bell pour dénoncer l'excès de violence dans le hockey professionnel.

Les initiateurs de la manifestation demandent notamment au club de hockey Canadien de porter le flambeau de la lutte contre les coups à la tête et au cou et de le faire publiquement.