Une visite sur le site internet du Tournoi des Maîtres vous plonge directement dans l'histoire du golf. Accueilli par un clip vidéo présentant le Club Augusta National ou rappelant l'un des épisodes marquants de l'histoire du tournoi, vous êtes ensuite invité à regarder les grands moments de la carrière d'Arnold Palmer à Augusta.

Mis à jour le 30 mars 2011
Michel Marois LA PRESSE

Un autre film rappelle la création du tournoi par le légendaire Bobby Jones, un autre encore rappelle les exploits de Jack Nicklaus. Celui qu'on surnomme «The Golden Bear» détient la marque du Masters avec six victoires, le tiers de ses 18 titres majeurs.

Le golf entretient une relation toute particulière à son histoire. On ne mesure la valeur des champions que par leur place dans la «grande histoire» du sport. Et la grande question qui passionne les amateurs est évidemment de savoir si Tiger Woods pourra battre un jour cette marque de 18 victoires en tournois du Grand Chelem.

Le Tigre en est à 14, mais il n'a gagné aucun des 10 derniers tournois majeurs, ralenti d'abord par une blessure à un genou puis par ses démêlés conjugaux. À 35 ans, il est toutefois exactement au même point que Nicklaus. Et ce dernier a dû attendre 10 tournois et d'avoir 38 ans et demi pour remporter son 15e titre, à l'Omnium britannique de 1978.

Woods a remporté son dernier tournoi il y a 500 jours aujourd'hui.

Les déboires récents de Woods ont fait oublier ses exploits sportifs. Qu'il suffise de rappeler qu'il détient présentement les marques de pointage sous la normale des quatre tournois du Grand Chelem (ex aequo avec trois autres golfeurs au Championnat de la PGA).

Remettre les choses en perspective

Le comportement de Woods lui a valu beaucoup d'ennuis et il est bien difficile de lui pardonner ses écarts, compte tenu de son statut et de l'influence qu'il exerce sur les jeunes partout dans le monde. Il a souvent lui-même souligné à quel point il avait erré et reconnu qu'il ne pourrait jamais réparer les torts qu'il a causés à de nombreuses personnes.

Cela dit, il a décidé de poursuivre sa carrière et il trouvera à Augusta la meilleure tribune qui soit pour retrouver une certaine crédibilité. Rien ne l'aiderait davantage que de reprendre sa quête du record de Nicklaus et il serait bien étonnant qu'il ne remporte pas bientôt un autre tournoi.

Nicklaus lui-même a connu de longs passages à vide. À la fin des années 60, alors qu'il approchait de la trentaine, il a connu une disette de 12 tournois majeurs. À l'inverse, il a réussi à remporter son dernier grand titre à l'âge de 46 ans, à Augusta justement, grâce à une performance très émouvante.

Celui que plusieurs considèrent comme le meilleur golfeur de tous les temps ne doute pas que Woods le devancera un jour. «Je pense toujours qu'il va battre mon record, a affirmé Nicklaus au début du mois. Il a peut-être quitté le droit chemin, mais je crois vraiment qu'il reste un homme de principe.

«Ses habitudes de travail sont irréprochables et il est si déterminé à réussir ce qu'il veut accomplir. En fait, je suis surpris qu'il n'ait pas encore retrouvé le chemin du succès.»

Woods a montré quelques signes de retour en forme récemment. Dimanche, à Bay Hill, il a très bien joué pendant 15 trous avant de commettre trois bogueys un peu malchanceux. Souriant quand même, il a noté après sa ronde que son jeu était moins erratique, qu'il retrouvait confiance sur les verts et qu'il se sentait mieux dans sa peau.

L'an dernier, c'est à Augusta qu'il était revenu au jeu dans une véritable tempête médiatique. Il avait malgré tout réussi à compléter le tournoi à la quatrième place, un gage de sa maîtrise du vénérable parcours.

Déjà quatre fois vainqueur du Tournoi des Maîtres, qui aura lieu du 7 au 10 avril, c'est encore lui qui a la faveur des parieurs cette année...