S’il y a un secteur qui a pu profiter avantageusement de la pandémie au cours des deux dernières années, c’est bien l’industrie des sports extérieurs. Le golf a connu un essor foudroyant lors des 24 derniers mois, et la tendance n’est pas à la baisse à l’aube de la nouvelle saison.

Publié le 5 avril
Nicholas Richard
Nicholas Richard La Presse

Il aurait été facile de croire que l’industrie du golf allait connaître un creux, étant donné un petit retour à la réalité et une offre d’activités grandissante. Pourtant, les fédérations provinciales et fédérale de golf n’ont aucun doute que les golfeurs seront encore au rendez-vous au cours des prochaines semaines.

François Roy, directeur général adjoint chez Golf Québec, et Patrick Rhéaume, directeur régional de Golf Canada pour le Québec, sont extrêmement optimistes et sont impatients que la neige finisse par fondre pour pouvoir lancer la nouvelle saison.

Le golf est tellement en bonne santé au Québec que le principal défi des clubs sera une fois de plus cette année de réussir à faire jouer tout le monde. « C’est un beau problème », précise M. Rhéaume.

Selon les données fournies par Golf Québec, le nombre de rondes jouées en 2020 a connu une hausse de 19 %. La saison dernière, la croissance a été de 21 %. « C’est énorme en deux ans », explique M. Roy. D’ailleurs, plus de 1 million de Québécois ont joué au moins une ronde au cours de l’été 2021.

Je pense qu’on peut maintenir la cadence du nombre de rondes de golf qui ont été jouées lors des deux derniers étés.

François Roy, directeur général adjoint chez Golf Québec

Plusieurs raisons lui permettent de faire des projections aussi optimistes. D’une part, l’engouement pour le retour du golf est palpable, à son avis. L’enthousiasme est le même que lors des deux derniers printemps. D’autre part, beaucoup de gens se sont équipés pour s’initier au sport, et « ce n’est pas pour arrêter un an ou deux plus tard ». Puis, Golf Québec pense que les golfeurs vont encore rester un petit peu plus au Québec pendant l’été, en raison de la pandémie et du coût de l’essence en hausse.

Pour l’instant, tout va pour le mieux. Cependant, selon M. Rhéaume, il faudra être prudent pour les saisons à venir. « Ce sera intéressant de voir ce qui va se passer avec l’inflation et les dépenses. Le prix de l’engrais a augmenté énormément, comme la machinerie et le prix de l’essence. Il faudra peut-être plus se préoccuper de 2023 et 2024. » Qu’à cela ne tienne, l’été 2022 devrait être exceptionnel.

Le golf pour tous

Bien entendu, toutes les fédérations sportives rêvent de voir leurs athlètes atteindre les plus hauts sommets. Le golf québécois est toujours en quête de son premier joueur accrédité d’un droit de jeu à temps plein sur le circuit de la PGA. Du côté de la LPGA, plusieurs Québécoises ont déjà percé.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Beaucoup de jeunes se sont adonnés au golf depuis deux ans.

Cependant, il est clair dans les priorités des deux fédérations qu’il faut faire en sorte que les golfeurs de tous les horizons, jeunes ou vieux, hommes ou femmes, débutants ou experts, puissent y trouver leur compte.

On travaille très fort pour développer notre sport sans se préoccuper seulement des joueurs et des joueuses élites et de haute performance.

Patrick Rhéaume, directeur régional de Golf Canada pour le Québec

Il est cependant évident que d’avoir un représentant du Québec sur le meilleur circuit au monde facilitera la promotion du sport. « Ça fera une différence et ça amènera une vague d’intérêt et de curiosité à l’égard de notre sport. On a besoin de ça, et ça va nous aider. »

Pour attirer encore plus de gens, il faut miser sur plus que le sport. « Il faut faire vivre une expérience aux golfeurs. […] Les clubs le font de mieux en mieux en offrant des services très variés. Ça part de la pratique du sport jusqu’à la restauration, l’événementiel, des activités, des cliniques et des programmes juniors », précise M. Roy

Un sport à la mode

Beaucoup de jeunes se sont adonnés au golf depuis deux ans. Le sport a une cote de popularité inégalée chez les jeunes adultes. C’est même devenu à la mode. De nombreuses chaînes YouTube et des comptes Instagram et TikTok axés autour du golf sont devenus viraux.

Le virage s’est fait tranquillement, mais c’est aujourd’hui que le golf en tire profit.

« On veut démocratiser le golf auprès des jeunes qui ont encore une perception rigide et traditionnelle du sport. En contrepartie, la tenue vestimentaire a évolué, l’attitude sur le parcours et l’ambiance dans les clubs ont énormément changé dans les dernières années », argumente M. Roy.

[Le sport] est beaucoup plus inclusif, beaucoup plus amusant, beaucoup plus festif.

François Roy

M. Rhéaume abonde dans le même sens et il est ravi que l’idée que le golf est un sport « de riches, pas accessible et pas le fun » s’estompe tranquillement.

PHOTO FRANCOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Le golf est tellement en bonne santé au Québec que le principal défi des clubs sera une fois de plus cette année de réussir à faire jouer tout le monde.

« Les clubs privés ont quand même gardé une ligne plus traditionnelle et conservatrice du jeu avec un code un peu plus sévère, mais pour les clubs semi-privés et publics, tout le monde a montré beaucoup plus d’ouverture. On peut voir des chandails sortir des pantalons et des tenues vestimentaires un peu plus diversifiées. On a même entendu de la musique dans les voiturettes. Évidemment, il faut rester respectueux envers les clubs et les autres joueurs, mais ça donne la chance à tout le monde de pouvoir y trouver son compte et d’avoir du plaisir. »

Si la tendance se maintient, les premières rondes devraient avoir lieu d’ici la mi-avril dans la grande région de Montréal, si la météo est propice. Dans d’autres régions du Québec, la quantité de neige est encore trop importante. Néanmoins, les clubs et les responsables des 300 terrains de la province se préparent depuis la fin de la dernière saison et attendent impatiemment de battre d’autres records.

En savoir plus

  • 19 %
    Hausse du nombre de rondes jouées en 2020 par rapport à la saison 2019
    Source : Golf Québec
    21 %
    Hausse du nombre de rondes jouées en 2021 par rapport à la saison 2020
    Source : Golf Québec