Les Jeux panaméricains se tiennent à Lima, au Pérou, du 26 juillet au 11 août. Parmi les athlètes canadiens présents, des Québécois pratiquent des sports peu médiatisés et doivent souvent conjuguer le travail avec la compétition. Dernier de notre série de portraits d’athlètes aux parcours inusités. Aujourd’hui : Joey Savoie, golf

Pascal Milano Pascal Milano
La Presse

À quelques semaines d’un tournoi, le golfeur Joey Savoie prend toujours le temps d’étudier le parcours et les conditions qui vont l’attendre. Il recherche les caractéristiques du terrain, le type de gazon, l’altitude, les températures ou le vent.

Par contre, il ne regarde guère la liste des participants. « Mes principaux adversaires, ce sont le terrain et moi-même », répond le golfeur amateur de l’année au Canada en 2018.

Il n’a pas dérogé à sa routine pour l’épreuve des Jeux panaméricains qui l’attend entre les 8 et 11 août. Il sait par contre que l’expérience sera particulière.

« Pour les avoir regardés à Toronto [en 2015], l’excitation était présente. Il y aura peut-être moins d’attention médiatique puisqu’on est en Amérique du Sud, mais représenter son pays dans un tournoi comme ça, c’est formidable. J’ai fait les Championnats du monde amateurs de golf l’an passé, mais de se retrouver avec d’autres sports, ça va être une expérience féerique. »

Âgé de 24 ans, Savoie est l’un des beaux espoirs canadiens en golf. L’année 2019 pourrait bien marquer un tournant dans sa carrière. Dans les semaines suivant les Jeux panaméricains, il espère faire le saut chez les professionnels.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Dans les semaines suivant les Jeux panaméricains, Joey Savoie espère faire le saut chez les professionnels.

« J’ai très hâte et j’ai vraiment envie de me rapprocher du plus haut circuit professionnel, indique le membre du club Pinegrove, à Saint-Jean-sur-Richelieu. J’adorerais devenir professionnel à partir de septembre pour le Q-school, soit les qualifications du Korn Ferry Tour [le nouveau nom du Web.com], qui est le circuit juste en dessous de la PGA. Si les choses vont bien et si je trouve de bons partenaires qui veulent embarquer dans le projet, je vais faire le saut. »

Savoie a déjà goûté à la PGA en participant aux deux dernières éditions de l’Omnium canadien RBC au Hamilton Golf & Country Club. Il a été surpris par l’horaire chargé de la semaine et par les exigences qui accompagnent la vie d’un joueur de la PGA. Sur le terrain, il n’en a pas perdu une miette.

« J’ai adoré regarder leur sérieux et la façon dont ils planifient la partie. J’ai beaucoup appris au niveau stratégique », raconte Savoie.

« Au cours de la deuxième ronde, j’étais jumelé avec Ben Silverman, qui a joué 61. Il m’a impressionné par son efficacité et ses décisions. Il n’était pas là pour le style, mais pour la performance. Cette ronde m’a ouvert les yeux sur la façon dont un gars de la PGA peut jouer 61 sur un terrain assez difficile. »

Dans son ADN

Savoie a grandi au sein d’une famille de golfeurs et a appris les rudiments du sport auprès de son grand-père, Jean-Guy Lamarre. Son oncle est l’ancien joueur professionnel Jean-Louis Lamarre alors que son cousin, Iannick Lamarre, a suivi le même chemin.

Véritable passionné de golf dès son plus jeune âge, le Johannais était cependant contraint de se diversifier l’hiver. Il a notamment joué au volleyball, en plus d’accorder beaucoup d’importance à ses études. Ce n’est qu’à 19 ans, en rejoignant l’Université Saint Leo, en Floride, puis l’Université du Tennessee, qu’il a joué 12 mois sur 12.

Mon niveau de jeu s’est drastiquement amélioré lors des deux premières années. Maintenant, les jeunes partent aux États-Unis à 15 ou 16 ans. Ces enfants-là ont la chance de le faire, mais je ne changerais rien à mon parcours, même si ça aurait aidé énormément.

Joey Savoie

« À l’université, on pouvait voir qu’il y avait un retard physique et technique, ajoute-t-il. Ils avaient peut-être accumulé trois ans d’avance, mais j’ai travaillé fort et je les ai rattrapés progressivement. En division 2 [de la NCAA], le retard était comblé dès la première année et, après trois ans, il était sensiblement comblé en division 1. Ça a pris cinq ans pour développer un niveau de top 50 amateur. »

Cette année, Savoie a atteint la 24e place au classement amateur. Au moment d’écrire ces lignes, il pointait vers le 40e rang. Après un bon début d’année en Australie, son entraîneur Daniel Langevin et son coach de l’équipe nationale Derek Ingram ont profité d’une période plus creuse pour revoir certains aspects de son jeu.

« On a changé un peu la position de départ et la prise. On a essayé d’améliorer certaines trajectoires de balle et la routine pour se rendre à la balle. On avait besoin de le faire même si on savait que ça allait prendre pas mal de temps. Ç’a été une période d’adaptation physiquement, mentalement et surtout techniquement, mais je commence à en retirer les bénéfices. Il fallait qu’on le fasse afin de compétitionner sur la scène mondiale et, possiblement, de devenir pro. »

Ça ne devrait plus tarder.