Luke Donald, premier joueur mondial, affirme n'avoir jamais aussi bien joué. Le plus américain des golfeurs anglais veut maintenant confirmer sa place parmi les grands en remportant enfin un titre majeur à l'Omnium britannique.

Mis à jour le 13 juill. 2011
Michel Marois LA PRESSE

La petite ville de Sandwich, sur la côte sud-est de l'Angleterre, vit depuis plusieurs jours déjà au rythme de l'Omnium britannique. Et dans les pubs, les discussions sont interminables pour déterminer qui a les meilleures chances de remporter le 140e «Open», comme tout le monde appelle le tournoi ici.

Le nom de Rory McIlroy revient souvent, bien sûr, mais aussi celui de Luke Donald. Bien installé comme numéro un mondial après sa victoire à l'Omnium d'Écosse, dimanche, l'Anglais rêve de confirmer sa suprématie cette semaine. Et ils sont plusieurs à croire qu'il a tous les atouts pour réussir.

«Je n'ai jamais aussi bien joué, a reconnu Donald, hier matin, en conférence de presse. Je m'élance avec beaucoup de confiance et je crois que ce parcours convient à mon jeu. Quand il vente, comme aujourd'hui [hier], les joueurs qui savent se débrouiller autour des verts ont toujours un avantage.»

Donald est justement reconnu pour son jeu court, et le vent dont il parlait est effectivement de ceux qui peuvent saboter les rondes des golfeurs habitués à des conditions idéales, les Américains notamment. Installé à Chicago après des études à l'Université Northwestern, marié à une Américaine, le joueur originaire de la région londonienne est sans doute le plus américain des golfeurs anglais. Il n'en a pas moins gardé l'instinct des joueurs de son pays.

«Les conditions changent rapidement au bord de la mer et il faut être en mesure de s'ajuster, a expliqué le joueur de 33 ans. Cette semaine, au Royal St. George, les meilleurs seront ceux qui réussiront à garder leur rythme, quelles que soient les conditions.»

Donald, déjà vainqueur de 3 tournois importants cette saison, est incroyablement constant: il s'est classé parmi les 10 premiers dans 16 des 18 tournois auxquels il a participé. N'allez pas chercher plus loin l'explication de son premier rang mondial.

«Il ne faut pas sous-estimer tout le travail qu'exige cette place, a souligné Donald. Remporter un tournoi majeur est une affaire de quatre jours et l'histoire du golf est pleine de joueurs qui ont connu le «tournoi de leur vie» au bon moment, mais n'ont plus rien gagné par la suite.

«Devenir numéro un mondial implique au contraire qu'un joueur soit performant pendant plusieurs saisons. C'est ce qu'a fait Tiger [Woods] pendant des années, ce qu'a fait Lee [Westwood] aussi. Et je suis fier d'y être parvenu.»

Des ennuis dans les majeurs

La constance de Donald ne lui a toutefois pas encore permis d'enlever le titre majeur qui manque à son palmarès. Jusqu'ici, ses meilleures performances restent des troisièmes places - au Tournoi des Maîtres de 2005 et au Championnat de la PGA de 2006 -, et il n'a jamais pu faire mieux qu'une cinquième place à l'Omnium britannique

«J'ai souvent connu des ennuis à l'Omnium, mais j'y joue beaucoup mieux depuis quelques années. J'ai obtenu le 5e rang à Turnberry en 2009, le 11e à St. Andrews l'an dernier... Et je crois sincèrement que si on arrive à un tournoi après une série de bonnes performances, on a de bonnes chances.

«Ma dernière visite ici remonte à huit ans déjà. Cette année-là, d'ailleurs, j'avais joué avec Tiger Woods et il avait perdu sa balle au premier trou après avoir complètement raté son coup de départ. Je m'étais alors dit que je ne pouvais pas faire pire que lui. J'avais tort...»

Donald garde un très mauvais souvenir de sa dernière visite au club Royal St. George, en 2003, quand il a été éliminé après deux rondes de 76 et 79. «Je ne suis sûrement plus le même golfeur, a-t-il assuré hier. J'ai toujours rêvé de remporter un tournoi majeur, depuis que je suis professionnel et même avant, quand je regardais mes idoles - Faldo, Seve [Ballesteros] et les autres.

«On me demande souvent si j'échangerais le premier rang contre un titre majeur et la réponse est évidemment oui. Je ne peux contrôler le classement mondial. J'ai joué assez bien pour accéder au premier rang, mais remporter un tournoi majeur serait comme la cerise sur le gâteau...»