Pendant 30 ans, entre 1971 et 2000, la domination des joueurs américains dans leur omnium national n'a été brisée que trois fois. Le Sud-Africain Ernie Els (1994 et 1997) et l'Australien David Graham (1981) ont été les seuls à s'inscrire à une liste qui compte tous les grands joueurs «yankees» de cette époque, de Jack Nicklaus et Lee Trevino à Payne Stewart ou Tiger Woods.

Michel Marois LA PRESSE

Depuis 2001, toutefois, les Américains n'ont remporté que 4 des 10 présentations de l'Omnium des États-Unis et ils ne seront pas vraiment favoris, cette semaine, au Congressional Country Club, près de Washington. Les joueurs étrangers ont effet remporté les quatre derniers tournois majeurs et occupent les trois premiers rangs du classement mondial.

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Les Anglais Luke Donald (1) et Lee Westwood (2) ainsi que l'Allemand Martin Kaymer (3) formeront le trio vedette, aujourd'hui et demain, pour les deux premières rondes du tournoi. Et le vainqueur de 2010, l'Irlandais du Nord Graeme McDowell, sera sûrement l'un des joueurs les plus suivis.

Ce golfeur de 31 ans est devenu l'an dernier le premier Britannique à gagner le US Open depuis Tony Jacklin en 1970. Il avait été le seul à jouer la normale sur le difficile parcours de Pebble Beach, au bord du Pacifique en Californie.

Sa victoire a été le point de départ d'une formidable poussée des joueurs européens, confirmée de façon éclatante en Coupe Ryder où McDowell lui-même a enlevé le point décisif dans le dernier simple.

«J'aurais été fier de gagner un tournoi majeur n'importe où, mais de le faire à Pebble Beach, le jour de la fête des Pères en présence de mon père, était la réalisation d'un rêve», a rappelé McDowell, la semaine dernière en conférence de presse, après une ronde d'entraînement au Congressional C.C. «Encore aujourd'hui, je suis ému quand on me présente comme le Champion de l'Omnium des États-Unis.

«On dit qu'un titre majeur change la vie d'un golfeur, mais j'espère qu'il ne m'a pas changé comme être humain. Je reste abordable, les gens me reconnaissent dans les aéroports, les cafés, un peu partout, et je leur réponds avec plaisir.»

Un succès bien célébré

Maintenant huitième joueur mondial, le Britannique connaît moins de succès cette saison sur le circuit de la PGA. «Cela aurait été difficile de répéter mes performances de 2010 avec toutes les obligations que je dois remplir cette saison, a-t-il expliqué. J'ai ajusté mes objectifs.

«Ce sport est exigeant et on connaît souvent des périodes où tout devient plus difficile, a-t-il concédé. Avec le recul, j'apprécie encore davantage mes succès de l'an dernier et je suis heureux de les avoir célébrés dignement.»

Bon vivant, McDowell avait déclaré après sa victoire à Pebble Beach que la consommation de bières serait sûrement très forte dans les pubs d'Irlande du Nord ce soir-là. Il avait lui-même calé plusieurs Guinness, quelques jours plus tard, lors de son retour triomphal à Portrush.

Un an plus tard, McDowell croit qu'il a des chances de défendre son titre. «C'est excitant d'être de retour à l'Omnium des États-Unis, mais je sais très bien que ce titre ne sera plus le mien dès que les joueurs auront amorcé la première ronde.

«Les parcours préparés pour ce tournoi sont toujours exigeants et c'est encore le cas cette année au Congressional. Cela m'étonnerait qu'un joueur puisse briser la normale ici, les conditions de jeu sont vraiment brutales.»

Le golfeur a estimé qu'il avait encore les qualités nécessaires pour s'imposer. «Mon jeu convient bien à l'Omnium des États-Unis, a-t-il dit. Je ne suis pas un long cogneur, plutôt un joueur moyen au départ avec des coups de 285-290 verges - c'est dans la moyenne de nos jours...

«Et je crois surtout que j'ai la force de caractère nécessaire pour affronter des parcours comme ceux qu'on prépare pour le US Open.»

Pendant plusieurs années, les journalistes américains se sont un peu moqués des Européens qui craquaient sous la pression de leur omnium national. Ils devront maintenant réécrire leur scénario et expliquer pourquoi ce sont leurs propres joueurs qui craquent.