Le diagnostic est tombé au début de l'année. Antoine Loranger, capitaine de l'équipe de golf de l'Université de Montréal, souffrait d'une leucémie myéloïde aiguë et il devait subir des traitements de chimiothérapie tout en attendant une éventuelle greffe de la moelle osseuse.

Publié le 19 nov. 2010
Michel Marois LA PRESSE

Pour cet athlète de 22 ans, la nouvelle était sévère. Pour ses coéquipiers des Carabins aussi. Tout le monde s'est toutefois rapidement rallié autour de Loranger, qui a subi la délicate intervention le 5 juin.

 

«J'ai dû rester à l'hôpital un mois après la greffe, le temps que je développe des cellules sanguines et que je retrouve un peu d'énergie. L'équipe m'a apporté un appui important. On parlait de golf, des compétitions à venir, et ça me changeait les idées.»

Fils de médecins, Antoine a grandi en bordure du club Le Blainvillier, à Blainville, et il pratique le golf depuis sa plus tendre enfance. «J'adore ce sport, avoue-t-il. Je me rappelle avoir passé des étés dans des camps de golf, puis dans des tournois et compétitions. Le golf m'a toujours beaucoup apporté et je crois que c'est encore plus vrai aujourd'hui.»

La maladie a forcé Antoine à mettre un peu en veilleuse sa carrière et ses études, mais il a étonné ses coéquipiers en retournant sur les parcours lors de la saison universitaire, et en jouant quatre rondes sur sept en trois tournois. «Disons que je n'étais pas au sommet de ma forme», explique ce pince-sans-rire qui, selon son entraîneur Daniel Langevin, n'a jamais perdu sa bonne humeur.

«J'ai joué au-dessus de 80, alors que j'inscris habituellement 10 coups de moins sur ma carte de pointage, indique Antoine. Au début, je pensais faire un peu mieux, mais j'ai vite réalisé que ce n'était pas important.

«Actuellement, le golf me permet de retrouver ma forme tout en consacrant mes énergies et ma concentration à une activité relaxante dans un environnement calme et très serein. C'est beau, un terrain de golf, et cela me procure une tranquillité d'esprit que je n'ai pas toujours ailleurs.»

Concentration et persévérence

Réputé pour son jeu sur les verts, Antoine reconnaît que ses qualités d'athlète l'aident aussi dans son combat contre la maladie. «Au golf, explique-t-il, il faut une grande force de concentration, beaucoup de persévérance et aussi une certaine résilience, pour se remettre des mauvais coups, des mauvais tournois et continuer de travailler pour s'améliorer. C'est un peu la même chose dans mon processus de guérison.»

Étudiant de quatrième année à Polytechnique, Antoine se spécialise en génie mécanique et il aimerait éventuellement concilier sa passion du golf avec sa profession. «Ça va bien dans mes études et j'aimerais un jour trouver un boulot qui me permettrait de concevoir des bâtons de golf. La technologie évolue tellement rapidement dans ce secteur, avec de nouveaux dessins, de nouveaux matériaux pratiquement chaque saison. J'ai toujours aimé les sciences et les inventions. Ce serait amusant d'appliquer cela au golf.»

En attendant, Antoine espère reprendre la compétition la saison prochaine. «Mes objectifs ont toutefois changé, mon approche aussi, dit-il. Je dois travailler à long terme, prendre mon temps. Je suis maintenant plus patient et plus calme sur les parcours.

«Et cela m'aide à l'être aussi dans la vie.»