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La revanche du Canard et du routier

Angel Cabrera... (Photo AFP/Don EMMERT)

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Angel Cabrera

Photo AFP/Don EMMERT

Paul Journet, envoyé spécial
La Presse

(Augusta) C'est la revanche des négligés. Le Tournoi des Maîtres pourrait couronner le plus vieux gagnant de son histoire, Kenny Perry (48 ans). Ou un Argentin atypique qu'on surnomme El Pato - le Canard. À moins qu'un Tigre ne réalise l'impossible.

Sur le premier tertre, Angel Cabrera affute son crayon avec un canif. Quelques secondes plus tard, il sort son bois 1 orné d'un drapeau argentin pour catapulter sa balle 300 verges plus loin au centre de l'allée.

«Qué bestia!», s'exclame mon voisin. En effet. Le gorille de Cordoba allait jouer une troisième ronde consécutive dans les 60. Son 69 le place à égalité en tête avec Kenny Perry (-11), devant Chad Campbell (-9), Jim Furyk (-8) et 14 autres joueurs à sept coups ou moins des meneurs.

Pendant que la Lune grimpait au-dessus des allées du Augusta National, Cabrera entrait dans le centre de presse avec son interprète. Difficile, dormir avec une si mince avance ? Pas trop, assurait Cabrera. «Ce soir, je vais me prendre un Coke et un bon souper. Après, je me reposerai. Je dors toujours bien.»

Perry, lui, prévoit relaxer avec «sa famille et des amis» dans sa maison louée. Dimanche matin toutefois, les deux manqueront sûrement de salive. La pression les affectait déjà samedi. Suffisait de voir Cabrera grimacer nerveusement au 13e. Ou de voir le regard fixe de Perry après un deuxième bogey consécutif au 12e.

Jeudi et vendredi, le natif du Kentucky s'amusait. Samedi, il se battait contre son élan. Dès le premier tertre, la nervosité l'affectait. Il a tiré sa balle dans les pins. «Comme d'habitude, mon père va m'appeler ce soir pour critiquer chacune de mes erreurs, blaguait Perry. Il va dire: je sais que t'es capable de faire mieux. Alors fais-le

Il a néanmoins réussi à jouer 70. Son partenaire Chad Campbell s'est quant à lui contenté d'un 72. Les deux amis se parlaient peu sur le parcours. «Bien sûr, on s'encourageait, dit Perry. Mais pour le reste, on gardait le silence. On essayait de survivre, vraiment.»

Le vétéran de 48 ans ne s'en cache pas. C'est probablement sa dernière chance de gagner un majeur. «Tout le monde pense que je suis un bon gars et un bon joueur, lance-t-il. Je veux prouver maintenant que je suis plus qu'un bon joueur. Je crois en mes chances. Je crois en moi plus que jamais.»

Sans psy et sans cigarette

Après sa victoire à l'Omnium des États-Unis en 2007, Cabrera expliquait ainsi son succès. «Certains ont un psychologue sportif. Moi, je fume.» Il ne fume plus aujourd'hui. Et il refuse d'engager un gourou mental. Comment évacue-t-il le stress ? «J'essaie de m'amuser», répond-il avec un sourire embarrassé.

Avec sa barbe négligée, ses vêtements amples et son ventre généreux, l'Argentin détonne. Il ne sort pas du même moule. Ses premiers tournois, l'ancien cadet les a disputés à 18 ans. Dans les villes que son compte en banque lui permettait de visiter.

Les débuts de Perry sont également modestes. Il mariait sa copine en sortant de l'université. Les deux ont galéré pendant six ans avec 800$ par mois. De 1982 à 1986, il empruntait à la banque et à l'église pour jouer sur les circuits satellites.

Ces deux parcours entreront en collision à 14h35 dimanche sur le premier tertre. Cabrera le long cogneur (moyenne de 308,3 verges), qui a seulement eu besoin d'un bois 3 et d'un cocheur pour atteindre les 10e et 18e trous (495 et 465 verges). Et Perry le vieux routier, méthodique et constant.

En attendant un miracle

Si les meneurs cafouillent, ils ouvriront la porte à plusieurs prétendants. Il y a Chad Campbell et Jim Furyk, ancien gagnant de l'Omnium des États-Unis. Mais aussi Tiger Woods et Phil Mickelson (-4) qui jouent ensemble.

Rien ne fonctionnait pour Tiger hier. Il a amorcé sa journée avec un double bogey. «Fuck», lisait-on sur ses lèvres. Le trou suivant, il bloquait son coup de départ dans les arbres.

Furieux, encore. Arrivé à sa balle, ses yeux ne clignaient pas. Il s'agenouillait entre les branches avant de fouetter les poignets pour ramener sa balle dans l'allée.

Cette bataille a duré 18 trous. Woods fixait sa balle, comme si sa seule volonté la mènerait dans le trou. A chaque coup, la foule monstre croyait que le coup miracle allait arriver. Qu'il devait arriver. Son coach Hank Haney et sa femme, cachés parmi la foule, attendaient aussi. Mais la remontée n'a pas eu lieu. Il ne reste plus que 18 trous. Et très peu d'espoir.




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