Les Alouettes (3-4) amorceront leur deuxième moitié de saison, ce lundi après-midi, 13 h, en recevant le Rouge et Noir d’Ottawa au stade Percival-Molson. Ils tenteront alors de remporter une deuxième victoire de suite pour la première fois en 2021.

Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

En entrevue avec La Presse il y a quelques jours, Danny Maciocia a analysé l’état actuel de son équipe. Et comme bien des observateurs, le directeur général des Alouettes est d’avis que le meilleur est à venir pour la mouture 2021 des Alouettes… à condition qu’elle cesse de commettre les mêmes erreurs.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Danny Maciocia, directeur général des Alouettes

« Je pense qu’on a échappé une ou deux victoires et qu’on pourrait très bien avoir une fiche de 4-3 ou de 5-2. »

« Mais on a commis trop de revirements et notre attaque a manqué d’opportunisme près de la zone des buts [red zone]. Notre défense n’a également pas été bonne dans les situations de deuxième essai et long, mais la facette de notre jeu qu’il faut absolument changer, c’est l’indiscipline. Ça pourrait nous coûter très cher en deuxième moitié de saison si on n’améliore pas cet élément. »

Malgré ce problème d’indiscipline qui tarde à être réglé, Maciocia a eu de bons mots pour Khari Jones et les autres entraîneurs du club.

« Je suis satisfait d’eux. Je pense qu’ils travaillent bien ensemble et qu’ils ont le soutien des joueurs dans le vestiaire. Il y a une belle chimie qui s’est formée entre eux, encore plus depuis qu’ils sont tous à Montréal. »

Patience avec Adams fils

Maciocia a pu voir la progression de deux quarts-arrières d’exception dans la LCF et l’a fait aux premières loges. Il était un entraîneur adjoint des Alouettes lors des premières saisons d’Anthony Calvillo avec l’équipe. Il a ensuite été l’entraîneur-chef et le directeur général de Ricky Ray à Edmonton.

Le Montréalais est donc capable d’évaluer si un quart possède les outils nécessaires pour devenir un joueur de premier plan ou non. Et son opinion au sujet de Vernon Adams fils n’a pas changé malgré une première moitié de saison en demi-teinte.

« Il a démontré à l’équipe et à tous ses coéquipiers qu’il était capable de jouer en dépit de la douleur, la semaine dernière. Il a inspiré toute l’équipe. Les statistiques n’étaient peut-être pas incroyables, mais il a offert toute une performance à Hamilton », a dit Maciocia.

Il ne faut pas oublier qu’il n’a pas encore beaucoup d’expérience comme partant. Il a joué l’équivalent d’un peu plus d’une saison. On veut l’aider à grandir et à s’améliorer, comme joueur et comme personne. Je pense que Vernon a tout un avenir devant lui.

Danny Maciocia, directeur général des Alouettes de Montréal

Adams fils a certainement connu des hauts et des bas sur le terrain cette saison, et on peut dire la même chose au sujet de son attitude devant les journalistes. Il a eu l’air complètement abattu après certains matchs. À d’autres occasions, il a répondu sèchement aux questions, et même agressivement dans certains cas.

« Ce n’est peut-être pas tout à fait pareil, mais Anthony aussi avait un peu de difficulté avec cet aspect tôt dans sa carrière. On ne veut pas que Vernon change sa personnalité. Ce que nous savons, c’est qu’il adore Montréal, les partisans, l’équipe et ses coéquipiers. Ça lui tient très à cœur et c’est en partie pour ça qu’il peut réagir de cette façon.

« Ça ne donne rien de s’asseoir avec lui et de lui en parler constamment parce qu’il doit vivre ces épreuves-là, passer à travers les hauts et les bas. C’est un passage obligé. Il va apprendre et il va en ressortir grandi. »

Adams fils est loin d’être parfait ou un produit fini, mais il reste l’homme des Alouettes. Maciocia a été catégorique sur ce point.

« Il n’a que 28 ans. Physiquement, il n’est pas magané du tout, il n’est pas comme un quart-arrière de 36 ou 37 ans. Il peut compter sur un excellent mentor en Khari Jones, mais on a tous un rôle à jouer dans son développement, et je m’inclus là-dedans. »

À l’écoute, mais…

Pour ce que ça vaut, la date limite des transactions dans la LCF est le 27 octobre. Compte tenu de la pandémie et du plafond salarial à la baisse que doivent respecter les équipes, on s’attend à très peu d’action au cours des prochaines semaines.

« Je vais toujours être à l’écoute, mais effectivement, je ne pense pas qu’il y aura beaucoup d’action cette année », a convenu Maciocia.

Lorsqu’on lui a demandé s’il jugeait que les effectifs étaient en place afin que son équipe puisse se rendre jusqu’au bout en décembre, Maciocia n’a pas hésité. « Selon moi, oui. Je suis très à l’aise avec notre équipe actuelle. »

Quand il est devenu directeur général du club, il y a bientôt deux ans, Maciocia n’a pas mis de temps à discerner la principale lacune des Oiseaux. Le front défensif n’exerçait pas suffisamment de pression sur les passeurs adverses, ce qui avait pour effet de plomber le reste de la défense.

En 2019, on a réussi 27 sacs en 18 matchs. On en a déjà 20 après seulement 7 parties. Et ce que j’aime le plus, c’est que tous nos joueurs contribuent. Il n’y en a pas un avec sept ou huit sacs, mais plusieurs d’entre eux en ont récolté trois ou quatre. Notre profondeur nous permet d’utiliser une rotation et d’avoir des forces fraîches.

Danny Maciocia

Gagner n’importe où

Cinq des sept derniers matchs des Alouettes seront joués au stade Percival-Molson. De finir au premier ou au deuxième rang de leur division, ce qui leur permettrait de jouer un match éliminatoire à domicile, reste donc très possible. Et d’un point de vue financier, c’est majeur pour l’équipe.

« Notre premier objectif est encore de finir premiers de notre division, et c’est très réalisable. Aucune équipe de l’Est ne s’est vraiment séparée du groupe, et il reste encore plusieurs matchs intra-division à jouer.

« On veut un match éliminatoire à domicile, c’est sûr, mais si je parle en homme de football, le plus important, c’est de bien jouer en deuxième moitié de saison. Pour qu’on puisse gagner n’importe où, s’il faut jouer à l’étranger en séries. »