Le camp d’entraînement 2021 des Alouettes a débuté il y a quelques jours seulement, mais déjà, un constat saute aux yeux : le portait de la brigade défensive sera fort différent de celui qu’elle affichait il y a deux ans.

Jean-Philippe Arcand
Jean-Philippe Arcand La Presse

Il suffit d’un rapide coup d’œil à la charte des positions pour s’en rendre compte. D’une part, deux absents de marque : John Bowman, qui a mis fin à son illustre carrière, et Hénoc Muamba, souvent décrit comme le cœur et l’âme de la défense des Als, parti jouer à Toronto.

D’autre part, on y voit une flopée de petits nouveaux – parfois expérimentés, parfois moins – à pratiquement toutes les positions. On vous met d’ailleurs au défi de reconnaître, sans l’aide de Google, l’un des successeurs potentiels de Muamba au poste de secondeur intérieur.

Difficile de construire son groupe de joueurs quand il semble à ce point criblé de trous ? Le coordonnateur défensif Barron Miles, promu à cette fonction au cours de la dernière année, ne semble pas trop troublé par ce défi.

« Je me fie beaucoup sur mes adjoints. Ils vont travailler de près avec [les joueurs]. En ce qui concerne les nouveaux, nous prendrons le temps nécessaire pour leur enseigner ce qu’il faut », a-t-il expliqué à La Presse lundi.

Le camp en est encore à ses balbutiements, et Miles préfère attendre vers la fin de la semaine, alors que les joueurs en défense affronteront leurs collègues de l’attaque plus régulièrement, avant de se lancer dans les grandes évaluations de son personnel. N’empêche, il a déjà une bonne idée du genre d’athlète qu’il veut diriger.

« On cherche des athlètes qui sont prêts à en faire plus que ce que leur travail requiert, a-t-il signalé. Des gars qui travaillent fort et qui savent quoi faire. »

« Ils doivent faire ce qu’on leur demande de faire sur le plan physique, mais ils doivent aussi être en mesure de comprendre notre système et ce que nous tentons d’accomplir. Et ils doivent faire preuve de compétitivité, d’un désir de vaincre », a renchéri l’entraîneur-chef, Khari Jones.

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

Khari Jones, au centre

Le facteur Sewell

Bowman et Muamba partis, la défense des Alouettes devait se trouver un nouveau leader. C’est ici qu’on vous présente le plaqueur Almondo Sewell.

L’ancien des Elks d’Edmonton (auparavant appelés Eskimos), acquis sur le marché des joueurs autonomes en février, a d’abord été embauché pour sa capacité à presser le quart-arrière adverse, aspect du jeu qui faisait cruellement défaut chez les Moineaux en 2019. Cette année-là, Sewell a réussi huit sacs, un chiffre élevé pour un plaqueur.

Mais en tant que vétéran et avec de nombreux nouveaux visages appelés à se greffer à l’escouade défensive montréalaise –  notamment au sein de la ligne défensive –, les bénéfices de son acquisition pourraient aussi se manifester ailleurs que sur le terrain.

« Je le vois déjà travailler avec eux. Il utilise son vécu, ses expériences et ce à quoi il a fait face pour leur expliquer ce qu’il faut pour devenir le meilleur joueur de cette ligue. Ça ne peut qu’être utile pour eux d’avoir un gars comme ça dans la formation », a décrit Khari Jones.

« Il n’a pas vraiment besoin de dire quoi que ce soit, a-t-il poursuivi. Les gars ont seulement besoin de le regarder. Il est toujours en train de travailler sur ses aptitudes durant les entraînements. Les jeunes voient ça et se disent […] que s’il fait ça, ils feraient mieux de le faire aussi. »

Miles, pour sa part, parle de Sewell comme d’un joueur qui pousse constamment ses confrères à se dépasser. Qui les « tient responsables », dit-il.

Sewell, lui, demeure modeste devant ce concert d’éloges, préférant se concentrer sur sa contribution au jeu défensif des Als. « Je fais ce que je sais faire, c’est-à-dire faire des ravages [create havoc] », a-t-il résumé.

La seule certitude du côté défensif, pour autant qu’une telle chose soit possible, est qu’avec Ty Cranston, Dominique Termansen et Marc-Antoine Dequoy, les Alouettes semblent en excellente posture quant à leurs maraudeurs.

Le directeur général, Danny Maciocia, a d’ailleurs confié qu’il s’attendait à y voir une compétition relevée au cours du camp. « Ça me confirme qu’on sera à l’aise [à cette position] et qu’on a de la profondeur », a-t-il souligné.