(Montréal) Le gouvernement fédéral ne souhaite pas octroyer un prêt sans intérêt à la Ligue canadienne de football pour la saison 2021 ? Mario Cecchini et les Alouettes de Montréal sont tout de même prêts à aller de l’avant.

Frédéric Daigle
La Presse Canadienne

Mercredi, La Presse Canadienne a rapporté que le gouvernement fédéral avait refusé d’octroyer pour une deuxième année d’affilée un prêt sans intérêt de 30 millions à LCF.

Le président du club de football de Montréal n’a pas voulu commenter les négociations entre la ligue et le gouvernement de Justin Trudeau. Mais Cecchini estime que les mesures mises en place par le gouvernement pour aider les compagnies à traverser la crise sont suffisantes pour aller de l’avant.

Ce que je souhaite, c’est qu’à la présentation de l’ajustement du budget fédéral (en début de semaine prochaine), s’ils peuvent prolonger la subvention salariale et l’aide pour nos frais fixes jusqu’à la fin de décembre, c’en est de l’aide.

Mario Cecchini, président des Alouettes

Cette aide est en place jusqu’à la fin juin. Ce que Cecchini souhaiterait, c’est qu’elle soit prolongée jusqu’en à la fin de 2021.

« Ce serait un geste important, pour tout le monde, pas seulement pour la LCF, a-t-il ajouté. La (pandémie de) COVID-19 se poursuit et on est toujours à zéro revenu, mise à part les vêtements et articles promotionnels. C’est notre réalité. »

Le temps presse

Si la LCF espère disputer une saison complète aux dates convenues lors du dévoilement de son calendrier 2021, en novembre dernier, le temps presse. Pour ce faire, la ligue devrait amorcer ses camps d’entraînement le 10 mai prochain. Or, les joueurs étrangers devraient se présenter au pays lundi prochain afin de se soumettre à la quarantaine de 14 jours imposée par le gouvernement fédéral.

Un bref survol de quelques joueurs américains des Alouettes a permis d’établir que personne n’avait reçu de billet d’avion encore. une source au sein du circuit a indiqué à La Presse Canadienne que les camps seront assurément repoussés. Cecchini a préféré ne pas commenter.

« Ce sont des décisions qui seront prises et annoncées dans les prochains jours », a-t-il simplement indiqué.

Il y a un aspect qu’il compte toutefois faire valoir : comme pour la LNH, il aimerait que les joueurs de la LCF puissent ne se soumettre qu’à une quarantaine de sept jours à leur arrivée au pays.

« On souhaite bénéficier des mêmes conditions que les clubs de la LNH. Si je me compare au Canadien, j’aimerais que mes joueurs n’aient qu’à se soumettre à une quarantaine de sept jours, comme ça a été le cas (pour Cole Caufield et Eric Staal). »

Par ailleurs, il se dit ouvert à tous les scénarios possibles.

Je ne peux pas parler de scénario spécifique, mais nous étudions toutes les hypothèses. Est-ce que 18 matchs sont toujours envisageables ? À ce moment-ci des discussions, je ne peux pas dire que c’est impossible.

Mario Cecchini, président des Alouettes

« L’idée est de voir comment progressent les discussions avec les joueurs, quels genres d’accommodements peuvent être apportés au calendrier. C’est certain que tout le monde souhaite jouer un maximum de matchs. »

La Santé publique doit toutefois donner son feu vert à un retour au jeu, ce qu’elle n’a pas fait jusqu’ici.

Il y a un mois, Cecchini espérait également que le protocole de retour au jeu de la ligue soit approuvé par les autorités sanitaires « dans deux ou trois semaines ». Ses homologues de la LCF et lui attendent toujours.

« La ligue a soumis un protocole de retour au jeu. Le protocole pour le retour des partisans au stade appartient à chaque équipe. Nous avons eu une rencontre à date, nous en avons d’autres à venir. On espère avoir toutes les informations bientôt afin de mieux planifier. »

Il estime que le retour au jeu de la LNH, la tenue du Championnat mondial de hockey junior et quelques galas de boxe dans les derniers mois aident au dossier de la LCF.

« Je le fais valoir dans mes rencontres. C’est certain que je ne suis pas un scientifique, mais on observe et on soumet des exemples, sur lesquels on discute. Je ne sais pas si ça nous aide, c’est à la Santé publique de le dire, mais ça ne peut pas nous nuire. Nous comptons être imminemment responsables (quand la ligue reprendra ses activités). »

Quand on se compare…

Mario Cecchini repousse du revers de la main les critiques à l’endroit de la LCF, l’une des rares ligues à ne pas avoir eu de saison en 2020.

« C’est une pandémie : c’est un ennemi difficile à contrer. Ce n’est pas la faute de personne ; ça arrive, a-t-il argué. Je ne crois pas que ce soit uniquement une question de ligue. Il faut regarder les revenus de billetterie : avoir des gens dans les estrades, c’est important.

« On attend une réponse pour le Grand Prix, qui a été annulé l’an dernier. La Coupe Rogers n’a pas été disputée en 2020, même chose pour Wimbledon. Je comprends quand on compare aux ligues, la LCF est seule, mais quand on compare aux évènements, on est loin d’êtres les seuls qui ont dû prendre la décision de ne pas présenter leur compétition. »