(Dubaï) En plein centre-ville de Dubaï, les vélos vont remplacer vendredi les immenses embouteillages de voitures sur l’iconique artère-autoroute de Cheikh Zayed, à l’occasion d’un évènement désormais annuel qui séduit de plus en plus aux Émirats, où le cyclisme a la cote.

Carolyn LAMBOLEY Agence France-Presse

Sur la piste cyclable d’al-Qudra, inaugurée en plein désert à une cinquantaine de kilomètres de l’hyper centre, Asma al-Janahi, 28 ans, profite comme des milliers d’autres chaque weekend des 80 km de circuit réservés aux amateurs de la petite reine.

« C’est comme une séance de méditation », affirme cette mordue de triathlon dans un paysage lunaire et dépourvu de voitures.

« Tu sors de la ville et tu vois cette Dame nature, ce désert magnifique. C’est très paisible, puis tu commences à apercevoir des oiseaux et des oryx (sorte d’antilopes) », raconte-t-elle.

Comme elle, ils sont nombreux à chercher à s’éloigner du centre-ville de Dubaï pour échapper au rythme effréné de la vie urbaine, où les voitures sont reines et où humidité et chaleur découragent.

Mais vendredi, Dubaï organise sa deuxième « Dubai ride » et l’immense artère de Cheikh Zayed, au pied des gratte-ciel, va être transformée en gigantesque piste cyclable. L’évènement, un circuit d’une petite quinzaine de kilomètres, avait rassemblé plus de 20 000 cyclistes l’année dernière pour la première édition.

Les autorités ont bien compris le nouvel engouement autour de la pratique, porté par les expatriés qui représentent 90 % de la population du pays. De nouvelles pistes cyclables ne cessent d’apparaître à Dubaï et à Abou Dabi, où le circuit de Formule 1 est réservé plusieurs fois par semaine aux cyclistes.  

Pour Wolfgang Hohmann, un Allemand qui a ouvert il y a 20 ans à Dubaï un magasin de vélo avec son épouse, il s’agit d’« un rêve devenu réalité ».

Avant, « nous n’avions pas de pistes dédiées » et aujourd’hui « il y a une équipe professionnelle qui gagne la course la plus importante du monde », affirme-t-il en référence à UAE Team Emirates, l’équipe locale qui a remporté grâce au Slovène Tadej Pogacar les deux dernières éditions du Tour de France.

Le pays organise également tous les ans depuis 2019 son Tour des Émirats, une course professionnelle par étapes inscrite dans le calendrier « World Tour » – le plus haut niveau – de la Fédération internationale de cyclisme.

Pour Yousif Mirza, premier cycliste émirati à avoir participé aux Jeux olympiques (à Rio en 2016), le cyclisme dans ce pays « évolue aussi rapidement que les roues sur un vélo ».

« Chaque année, les progrès sont visibles », affirme le coureur.