Les voyants sont maintenant au vert pour Antoine Duchesne qui a repris l’entraînement. Forcé à l’arrêt en raison d’une mononucléose tout juste avant sa deuxième participation au Tour de France, le cycliste a vécu des montagnes russes d’émotions au cours des derniers mois. Près d’être au fond du baril, il est passé jusqu’à l’euphorie d’épouser sa bien-aimée.

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À l’aube de la prochaine saison, c’est avec philosophie et une énergie physique renouvelée qu’il poursuit sa préparation.

Un gros vent de face

En août dernier, Antoine Duchesne peinait au Critérium du Dauphiné où il a posé pied à la quatrième étape. C’est avec un « gros mélange d’émotions » qu’il a ensuite amorcé sa période de repos sans savoir que cet arrêt complet durerait finalement deux mois.

« C’est certain qu’il y a eu beaucoup de passages difficiles et de remises en question, notamment à propos des erreurs que j’ai pu faire, soutient-il. J’ai essayé de tout remettre en perspective et j’en ai vraiment sorti du bon de tout ça. Je ne me dis pas qu’il n’y a plus rien à mon épreuve, car il y en aura d’autres blessures ou maladies dans ma carrière, mais je sais qu’il n’y a rien d’insurmontable. »

Le début de sa convalescence a été particulièrement difficile comme il le rappelle avec franchise : « J’ai été trois semaines enfermé tout seul chez moi en France à ne voir personne, regarder le Tour partir et ne pas être là. Je n’avais aucune énergie. »

Qui plus est, dès la première étape, il a vu le leader désigné de son équipe, Thibaut Pinot, chuter. Le Français verra disparaître ses ambitions d’une belle place au classement général et abandonnera des suites de cette chute après la 12e étape.

« Ça n’a vraiment pas été facile. J’ai été arrêté sept semaines, sans énergie et avec l’envie de ne rien faire, poursuit l’athlète. C’est là que j’ai réalisé à quel point j’avais besoin de ça (faire du vélo). Ça fait 15 ans que je fais ça et 8 ans que je suis pro. Des fois, tu oublies la chance que tu as d’être là. Ne pas avoir d’endorphines, d’adrénaline et de dopamine pendant deux mois, j’ai vu à quel point j’étais accro à ça. Ce sont toutes des hormones de bonheur que l’on sécrète à travers l’entraînement et l’euphorie des courses et des victoires. Je ne dirai pas le mot “dépression”, mais c’était un stade extrêmement déprimant. »

Enfin, de la lumière !

Malgré ces moments sombres, Antoine Duchesne a vécu de grandes joies au cours des derniers mois, à commencer par son mariage avec sa conjointe Chloé. Les nouveaux mariés ont récemment emménagé en Haute-Savoie, une région qui est davantage propice aux activités de plein air que Saint-Restitut, où demeurait Duchesne depuis quelques années déjà.

Le coureur a aussi signé une prolongation de contrat de deux ans avec Groupama-FDJ, ce qui lui a permis de vivre sa convalescence sereinement tout en recevant son plein salaire, contrairement à d’autres équipes qui avaient fait des coupes allant jusqu’à 70 % pendant l’arrêt forcé des compétitions.

« Ça m’a aidé. C’était facile de dire que depuis deux ans, ma vie c’est de la m* * *, que ma carrière ne va pas bien. Je suis malade, blessé, je me fais opérer (NDLR : à l’artère iliaque de la jambe gauche en 2019) et en plus il y a la pandémie. […] Dans ma carrière, ça ne s’est pas bien passé, mais dans ma vie, ça s’est très bien passé. »

Antoine Duchesne fait maintenant des sorties de plus de quatre heures. Tout se déroule bien pour lui et il a appris à prendre son temps lorsqu’il est remonté en selle. Il mentionne toujours avoir eu une bonne résilience, mais que l’âge et un peu plus de sagesse lui permettent de mieux remettre les événements des derniers temps en perspective.

« Tu apprends de tes échecs et plus tu avances, plus tu en as », dit en riant le cycliste de 29 ans. « Les personnes qui vont loin dans la vie et celles qui réussissent n’ont pas eu moins de défaites : elles se sont juste relevées après et c’est ce qui leur a permis d’atteindre des victoires. C’est un peu comme ça que j’essaie de voir ma vie et ma carrière. Le problème avec les défaites, ce n’est pas d’en avoir, mais de ne pas être capable de se relever d’elles. »

L’athlète mettra le cap sur le sud de la France pour aller rouler avec son ancien colocataire Hugo Houle avant de prendre part à un camp préparatoire en groupe réduit à la mi-décembre.