Une fracture du fémur et une pandémie semblent un immense coup double.

Neil Davidson
La Presse canadienne

Mais après avoir été victime d’une chute à haute vitesse le 12 mars dans la course Paris-Nice, le Canadien Michael Woods s’est servi de la pause en cyclisme imposée par la COVID-19 pour se refaire une santé.

Il est maintenant prêt à reprendre le collier.

« C’est bizarre, mais j’ai été très chanceux, a dit Woods. J’aurais souhaité ne pas subir cette fracture, mais elle n’aurait pas pu survenir à meilleur moment. Je me suis brisé la jambe le jeudi et le confinement en Espagne a commencé le lundi suivant.

« Puis, la première journée où les cyclistes professionnels ont pu rouler à l’extérieur en Espagne a coïncidé avec la journée où j’ai reçu le feu vert des médecins pour reprendre l’entraînement sur route. »

Sa conjointe, Elly, et lui ont aussi pu passer du bon temps avec leur fille de cinq mois, Maxine.

« J’ai pu passer du temps avec elle à la maison à une période où je ne le peux habituellement pas, a soulignée l’Ottavien de 33 ans. J’ai pu la voir grandir. »

Membre de l’écurie EF Pro Cycling, Woods a fait sa rééducation à Gérone, en Espagne, afin d’être près de l’équipe avant de rejoindre sa famille en Andorre quand le confinement a été levé.

« Je me suis mis en grande forme en m’entraînant en altitude et je me sens maintenant comme si je n’avais rien manqué, Je suis de retour à 100 %. »

En Andorre, Woods a pu échapper au pire de la pandémie. Il dit toutefois avoir été éprouvé par celle-ci, tout comme par les évènements qui ont ravivé le mouvement Black Lives Matter.

« C’était particulier d’être si loin de tout cela. Ça a remis plusieurs choses en perspective pour moi. Ça m’a fait réaliser à quel point je suis choyé de courir, d’être payé pour le faire. Je suis très privilégié. »

Douloureuse blessure

Woods estime que cette récente blessure est la plus douloureuse de sa carrière.

« Autant sur le coup qu’ensuite, a-t-il dit. C’est un si gros os. C’était aussi une vilaine fracture en spirale, mais heureusement, sans complication et éloignée des articulations. Le processus de guérison, quoique douloureux, a été assez simple. »

Woods roulait à 60 km/h quand il a chuté à sa première course de la saison, amorcée plus tard en raison de la naissance de sa fille le 28 janvier. Il croit que c’est son manque de concentration qui l’a causée.

« C’était un peu la dernière course avant l’arrêt des activités. […] Il n’y avait aucun spectateurs, c’était un peu bizarre. »

Après avoir été transporté à l’hôpital, il s’est retrouvé dans la ligne de mire de cette pandémie.

« C’était gênant de se retrouver à l’hôpital. Tout le monde portait un masque ; c’était comme le calme avant la tempête. Tout le monde se préparait pour ce qui s’en venait. Et moi j’étais là parce que j’étais tombé de mon vélo. »

S’il est de retour sur vélo, il ne peut toujours pas courir.

« Mais sur le vélo, je suis à 100 %. J’ai les meilleurs résultats de ma carrière à l’entraînement. Je vole littéralement. »

Il donne le mérite au physiothérapeute Richard Spink et à B2Dix pour cette rééducation réussie. C’est B2Dix qui l’a mis en contact avec Spink, qui a passé beaucoup de temps avec lui.

La compétition a repris en Europe, notamment avec le Championnat national de Slovénie.

« L’Europe est en avance sur l’Amérique du Nord et j’ai confiance qu’une portion de la saison pourra être disputée. »

Woods doit prendre part au Critérium du Dauphiné, le 12 août, en préparation du Tour de France, qui sera lancé le 29 août.