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Guillaume Boivin: les ambitions d'un passionné

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En cavale avec...
En cavale avec...

Découvrez les routes d'entraînement de certains des meilleurs cyclistes canadiens en compagnie de notre journaliste Simon Drouin. »

Pas de doute, Guillaume Boivin est un passionné. «Je veux faire du vélo jusqu'à ce que je ne sois plus capable», a-t-il confié à notre journaliste, tout au long d'un parcours qui a mené les deux hommes de Saint-Hubert à Chambly, Saint-Hilaire et Longueuil.

Trompé par la canicule de la veille, Guillaume Boivin, les cheveux en bataille, apparaît en cuissard court sur le seuil de la porte de la résidence familiale à Longueuil. Pendant qu'il va ajouter quelques couches de vêtements, il nous invite à passer au garage.

Les outils sont soigneusement rangés sur un panneau au mur. Des cadres, des roues et des pneus sont accrochés au plafond. Un vélo de contre-la-montre, un autre pour la piste, et presque tous les vélos de route qui sont passés entre ses mains - et celles de son frère cadet Pierre-Étienne - au fil des ans. Ça se voit, les Boivin sont des passionnés.

Trop ambitieux pour le modeste journaliste qui l'accompagne, Guillaume Boivin annonce une sortie d'une centaine de kilomètres: Saint-Hubert, Chambly, Saint-Hilaire, Saint-Bruno. On s'entend pour couper la poire en deux. Pour les besoins de la cause, on fera en voiture la partie plus urbaine et forcément moins jolie.

Un seul règlement pour la randonnée: si ce que je lui dis n'est plus intelligible, il doit ralentir...

Premier arrêt à l'Agence spatiale canadienne à Saint-Hubert et sa piste d'un peu plus d'un kilomètre. À ses débuts, à 14 ans, Boivin s'entraînait là avec les membres du Vélo club Longueuil.

«On arrivait de l'école à 5h10, on piquait une course pour être là à six heures, on s'entraînait, et on revenait à bloc. On faisait ça deux fois par semaine», se souvient Guillaume. Les entraînements se transformaient invariablement en courses. Il y a côtoyé Arnaud Papillon et Simon Lambert-Lemay, des coureurs qui ont percé comme lui.

Deuxième arrêt à Chambly, en bordure de la rivière L'Acadie, qui se jette dans le Richelieu à quelques kilomètres de là. On passe à travers le golf pour rejoindre le Vieux-Chambly et ses terrasses.

«Quand tu fais vraiment une longue ride, tu peux arrêter au Dairy King (sic) pour une crème glacée...» glisse Boivin.

On contourne ensuite le bassin de Chambly avant de traverser le Richelieu par le pont de la route 112. En cette période de crue exceptionnelle, la force des rapides est saisissante. Boivin raconte comment, en voulant aller constater l'ampleur des inondations quelques jours plus tôt, il s'est retrouvé avec de l'eau presque à mi-cadre...

Alors qu'on se dirige vers le mont Saint-Hilaire par les routes tranquilles de Les Hurons et du Domaine-Rouville, Boivin parle de sa carrière, ses ambitions, son bonheur de se retrouver avec une équipe structurée comme SpiderTech.

Boivin compare l'ambiance qui règne chez SpiderTech à celle d'une équipe de hockey, sport qu'il a pratiqué jusqu'au midget AAA avant de bifurquer vers le vélo. «Pour nous, le vélo, c'est pas une job», résume-t-il.

Ses coéquipiers Martin Gilbert et Keven Lacombe, des sprinters comme lui, lui ont ouvert le chemin. «Je ne suis pas meilleur que ces gars-là, je suis juste plus chanceux de m'être retrouvé dans une équipe comme ça plus jeune», souligne-t-il.

Guillaume Boivin (à gauche) a partagé la médaille... (Photo: Reuters) - image 2.0

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Guillaume Boivin (à gauche) a partagé la médaille de bronze avec l'Américain Taylor Phinney lors des Mondiaux U23 de Melbourne, l'automne dernier.

Photo: Reuters

Boivin a aussi fait sa chance. En 2007, il est parti s'installer en Belgique pour courir avec une équipe amateur. Il y a découvert les grandes classiques du printemps, qu'il suivait religieusement à la télévision. Sa participation à Paris-Roubaix junior a été une révélation. «C'est là que j'ai vraiment capoté! Tout m'est arrivé, j'ai brisé mon vélo, crevé trois fois...» Il rêve d'y retourner.

Les nombreux vergers annoncent le mont Saint-Hilaire. On l'atteint par les mêmes routes qu'empruntaient les meilleures coureuses au monde dans le cadre du défunt Tour du Grand Montréal.

Ça commence à monter. Boivin enfreint le règlement malgré lui et me lâche sans accélérer. Je le retrouve en haut en train de discuter au téléphone avec son entraîneur. Va pour des intervalles sur rouleau en soirée.

Une douleur au genou gauche le tient à l'écart de la compétition depuis huit mois. La prudence est de mise. «Ça s'en vient mais je suis toujours un peu craintif. Je deviens hyper-sensible. Quand ça fait mal, je me demande toujours si la blessure qui revient ou une douleur normale de vélo.»

En retournant vers Chambly, Boivin évoque ses ambitions, sa volonté de faire du vélo «jusqu'à ce que je ne sois plus capable». Après, il se verrait bien dans le monde des communications ou du marketing, à faire la mise en marché d'un produit.

La randonnée a fini là où tout a commencé pour Boivin: chez André Cycle, boutique qui a pignon sur rue à Longueuil depuis plus d'un demi-siècle. Il s'y arrête encore régulièrement pour le café et piger dans le plat de bonbons à côté de la caisse.

Sylvain Alary, le propriétaire depuis 22 ans, dirige toujours le Vélo club Longueuil. Il a prêté son tout premier vélo de course au jeune Guillaume. Le deuxième aussi. Un des premiers tout-carbone qu'un ami avait dessiné. Ce dernier est mort peu de temps après au retour d'une sortie en vélo. À la fin de la saison, Boivin a hérité du vélo pour le Grand Prix de Longueuil. Il y a signé sa toute première victoire.

M. Alary raconte ensuite qu'il a «braillé» deux fois pour une course de vélo. La première quand Dominique Rollin, un autre habitué de chez André Cycle, a remporté une étape dans des conditions dantesques au Tour de Californie. La seconde quand Boivin a gagné le bronze lors des Mondiaux U23 de Melbourne, l'automne dernier.

Le maillot feuille d'érable que portait Guillaume cette journée-là est aujourd'hui encadré dans l'atelier à l'arrière-boutique.

La réalisation de ce reportage aurait été beaucoup plus compliquée sans la collaboration de Pierre-Étienne Boivin, frère cadet de Guillaume. Le jeune coureur de 20 ans, qui revenait d'un stage hivernal de quatre mois en Alsace, a gentiment accepté de conduire la voiture du photographe/vidéaste Hugo-Sébastien Aubert. Guillaume rêve de disputer les Mondiaux avec son frangin. «Le Luxembourg a les frères Schleck, le Québec aura bientôt les frères Boivin!» a prédit Guillaume à la fin de la journée.




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