Le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, invite les amateurs à «garder les deux pieds sur terre» lorsque le quadruple champion Chris Froome passera devant eux.

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Tout juste blanchi d'une affaire de dopage, la foule a hué le coureur de l'équipe Sky lors de la présentation des équipes du Tour, jeudi. La course commence samedi dans la région de la Vendée.

Prudhomme a déclaré: «Il faut relativiser tout ça et dire aux gens qui sifflent que cela ne sert à rien, que c'est stupide. [...] Il faut appeler à la sérénité. Le Tour, ce sont des gens qui encouragent leur champion, qui restent les deux pieds collés au sol et se taisent s'ils n'aiment pas les coureurs qui passent devant eux.»

Un nuage sombre planait au-dessus de Froome depuis qu'un échantillon d'urine prélevé lors de la Vuelta espagnole en septembre a montré une concentration deux fois supérieure à la normale de salbutamol, un médicament utilisé pour l'asthme.

Le dirigeants du Tour avaient informé Froome qu'il n'était pas le bienvenu jusqu'à ce que l'UCI annonce, lundi, que le résultat du contrôle de Froome ne constituait pas un résultat d'analyse anormal selon l'Agence mondiale antidopage.

Prudhomme a ajouté: «Le Tour de France, c'est 3500 kilomètres de sourires. Le public est hyperfamilial. Il faut relativiser tout ça. À n'importe quel match de football que ce soit, lorsqu'une équipe adverse arrive, on entend la même chose. Idem au basketball, lorsqu'un tireur effectue un lancer franc ou au rugby quand un joueur prend un penalty.

«Dans le vélo, on a la faculté d'encourager son champion et de ne rien dire pour les autres. C'est l'attitude la plus intelligente.»

Froome tente de rejoindre Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain comme les seuls coureurs à avoir remporté le Tour à cinq reprises.

Froome s'est exprimé dans une tribune publiée dans le journal français Le Monde, vendredi, expliquant la complexité de son cas.

«Je connais parfaitement les règles et je sais exactement combien de bouffées j'ai le droit de prendre», a assuré le quadruple vainqueur de la Grande Boucle, ajoutant que l'utilisation d'un inhalateur pour asthme «n'entraîne aucune amélioration de la performance».

Il a reconnu une aggravation de son asthme à la fin de la Vuelta qui l'a contraint à augmenter le nombre de bouffées.