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Un sentiment d'inachevé pour Antoine Duchesne

«C'est une saison de classiques ratée», se désole... (Photo tirée du compte Facebook d'Antoine Duchesne)

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«C'est une saison de classiques ratée», se désole Antoine Duchesne.

Photo tirée du compte Facebook d'Antoine Duchesne

Dimanche, Antoine Duchesne a entrepris Paris-Roubaix en s'approchant de Tony Martin durant le départ neutralisé.

La semaine précédente, il avait accusé l'Allemand de l'avoir envoyé valser dans le décor en lui fermant délibérément la porte, provoquant une chute collective. Le quadruple champion mondial du contre-la-montre s'est défendu en affirmant qu'une vague dans le peloton avait causé l'incident, que jamais il ne commettrait un tel geste.

«Il s'est excusé, et on s'est serré la main, a raconté Duchesne hier. Je lui ai quand même dit ce que je pensais et d'y réfléchir à deux fois avant de refaire ça. Je m'en sors bien, mais ç'aurait pu être beaucoup plus grave.»

Une centaine de kilomètres plus loin, au premier secteur pavé de Troisville, Duchesne roulait dans un groupe en file indienne à 40-45 km/h quand un concurrent a remonté «à bloc» dans la travée à sa droite. «Ce n'était pas du tout nécessaire. Tout le monde se fait dire de rouler au milieu et pas sur le côté. Avec la boue, il y a des risques de crevaison. Arrivé à peu près à ma hauteur, il a voulu rembarquer devant moi. Il a glissé et il est tombé en plein dans ma face...»

Incapable de l'éviter - non, ce n'était pas Tony Martin -, le Québécois de Groupama-FDJ a chuté. Il a pu se relever sans trop de mal, mais son soulier droit et sa cale avaient encaissé une bonne partie du choc. Sa voiture d'équipe lui a donné une autre chaussure qu'il a glissée dans son maillot en espérant la remettre dans un moment de temporisation. Ce n'est jamais arrivé. En proie à la douleur, il a abandonné avant la tranchée d'Arenberg, 70 km plus loin.

Antoine Duchesne a embouti le pare-brise d'une auto d'équipe... (Photo tirée d’Instagram) - image 2.0

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Antoine Duchesne a embouti le pare-brise d'une auto d'équipe et terminé sa journée à l'hôpital, l'année dernière, à la classique Paris-Roubaix.

Photo tirée d’Instagram

«Très, très déçu», a confié hier Duchesne, qui vivait un troisième forfait en cinq participations à la reine des classiques. En 2014, à son premier essai, il avait frappé un poteau et fini en ambulance. L'an dernier, il avait embouti le pare-brise d'une auto d'équipe et encore terminé sa journée à l'hôpital.

À part des abrasions au coude et à la hanche, le natif de Saguenay s'en tire sans blessures sérieuses: «C'est assez profond, et il n'y avait plus assez de peau pour recoudre, mais ce ne sont que des bobos. Je m'en vais sur le vélo à l'instant.»

Michael Goolaerts n'aura plus jamais cette chance. Le Belge de 23 ans est mort tragiquement durant Paris-Roubaix, vraisemblablement victime d'une défaillance cardiaque. Sans raison apparente, il a fait un «tout droit» dans un talus au milieu du deuxième secteur pavé. Les médecins l'ont retrouvé inanimé «deux ou trois minutes plus tard», selon la direction de la course. Héliporté à l'hôpital de Lille, il est décédé en fin de soirée d'un arrêt cardiaque. La justice française a ouvert une enquête, procédure habituelle dans le cas d'une mort inexplicable.

«Tout le monde était un peu sous le choc», a expliqué Duchesne, qui ne se souvient pas avoir aperçu Goolaerts en franchissant le deuxième secteur après sa propre chute. «Ça a changé les discours et les pensées de toutes les équipes à l'arrivée. Je connais bien certains de ses coéquipiers. Tu cours avec, tu sais qui c'est, tu arrives à la ligne, et on te dit qu'il est mort. C'est tragique.»

Si l'accident de Goolaerts n'est pas dû à un incident de course à proprement parler, il rappelle la vulnérabilité des cyclistes. Deux autres Belges, Antoine Demoitié (percuté par une moto dans Gand-Wevelgem) et Daan Myngheer (infarctus au Critérium international), sont morts depuis deux ans.

«On dirait que ça arrive souvent ces dernières années, a déploré Duchesne. Malheureusement, on ne voit pas pour autant la tension descendre dans les courses. Ça ne frotte pas moins dans le peloton et ça ne se respecte pas plus qu'il faut. Surtout dans ces courses-là [les grandes classiques], personne ne pense au lendemain.»

«Pépins et malchances»

Sur le plan personnel, Duchesne sort de la campagne des classiques avec un sentiment d'inachevé. Il se désole de n'avoir pu exploiter sa forme ascendante sur le Tour des Flandres et à Paris-Roubaix, les deux principaux objectifs de FDJ et de son leader Arnaud Démare, qui est lui aussi passé à côté dimanche.

À Gand-Wevelgem, il y a deux semaines, Duchesne avait joué son rôle à merveille en provoquant des bordures en première moitié d'épreuve, ce qui a mis la table pour la troisième place de Démare. Libéré de ses obligations au Grand Prix de l'Escaut, où le sprinter français a été disqualifié avec une partie du peloton pour franchissement illégal d'un passage à niveau, Duchesne a réalisé un beau numéro, s'échappant sur 50 kilomètres avec un autre coureur avant d'être repris à 8 kilomètres du but.

«J'ai réussi à monter une grosse forme, mais tant que tu ne le mets pas sur papier... Je n'ai eu aucun succès. J'ai eu des pépins et des malchances sur deux des trois grands rendez-vous. C'est une saison de classiques ratée plus qu'autre chose.»

Duchesne découvrira le Tour du Finistère (samedi) et le Tro Bro Leon (dimanche), en attendant de savoir s'il s'alignera ou non au Tour de Romandie (24-29 avril).




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