Alberto Contador, passé près du succès dans la Flèche Wallonne, a surtout souffert d'un défaut d'expérience dans les classiques, un handicap récurrent pour les vainqueurs du Tour de France depuis vingt ans.

Mis à jour le 22 avr. 2010
Jean Montois AGENCE FRANCE-PRESSE

Conformément à son habitude, le «Pistolero» madrilène a voulu faire bonne figure bien qu'il ait raté le centre de la cible (3e). «Je suis satisfait», a d'abord réagi Contador après l'arrivée.

Mais, «quand on est aussi près, c'est râlant de terminer troisième», a reconnu ensuite l'Espagnol. Tout en soulignant qu'il n'était «pas un spécialiste», contrairement à ceux qui venaient de le précéder sur la ligne, l'Australien Cadel Evans (1er) et l'Espagnol Joaquin Rodriguez (2e), deux habitués des lieux.

Avant le départ, Contador avait admis avoir été quelque peu surpris lors de sa redécouverte du mur de Huy à l'entraînement. «Je n'en avais pas gardé ce souvenir», avait-il dit en évoquant ses deux seules précédentes participations à la Flèche Wallonne (2006 et 2007) ainsi qu'à Liège-Bastogne-Liège.

Or, sur la pente traîtresse du mur, qui n'en finit pas de changer d'inclinaison après le passage très raide de la chicane, la pratique en course est fondamentale. Plusieurs années ont été nécessaires à Evans (2e en 2008, 5e en 2009) pour maîtriser à la fois le relief et les efforts de ses rivaux.

Contador a avancé une autre explication liée à la longueur du mur de Huy (1300 m): «C'est un peu court pour m'exprimer complètement.» Mais l'Espagnol possède un démarrage assez fulgurant pour devancer la quasi-totalité de ses rivaux sur ces pentes.

Venu pour apprendre

Il lui faut surtout «gagner en expérience dans ces courses», le but qu'il affirme poursuivre en s'alignant dans les deux classiques wallonnes. En prévision de Liège-Bastogne-Liège, dimanche, le grimpeur de Pinto a annoncé sa volonté d'attaquer de nouveau.

«Je ne sais pas comment ça peut se passer, a-t-il admis. C'est une course qu'il faut connaître. Je suis venu pour apprendre».

Evans (2e du Tour de France en 2007 et 2008) a rendu hommage à la démarche de Contador. Avec raison puisque rares ont été les vainqueurs du Tour à se risquer, avec des ambitions élevées, dans les deux classiques ardennaises, tout comme d'ailleurs dans les «monuments» de la saison.

Pour l'anecdote, l'Américain Greg LeMond, vrai surdoué du cyclisme, est le dernier à avoir gagné la même année le Tour et le Championnat du monde (1989).

Si Lance Armstrong est passé près du doublé dans les Ardennes en 1996 (vainqueur de la Flèche Wallonne, 2e de Liège-Bastogne-Liège), il était alors catalogué spécialiste des courses d'un jour.

Après son premier succès dans la Grande Boucle (1999), le Texan s'est satisfait de prendre ses repères dans l'Amstel Gold Race, la cousine néerlandaise des classiques belges.

Les autres vainqueurs du Tour ont délaissé le plus souvent ces rendez-vous. Depuis vingt ans, un seul d'entre eux s'est adjugé une classique à part entière dans la foulée de son succès de la Grande Boucle. A une époque trouble puisque Bjarne Riis a reconnu bien plus tard s'être dopé pour gagner le Tour 1996.

Le Danois, actuel patron de l'équipe Saxo Bank, avait enlevé au printemps suivant l'Amstel Gold Race.