Aux États-Unis, c'est le moment de l'année que tous les employeurs redoutent. Souvent, ça se passe comme ceci: des employés qui ne travaillent pas fort fort, qui passent de précieuses heures au bureau à suivre les résultats des matchs sur le net pour compléter leurs «brackets» (les feuilles de pool), et pas mal de monde qui jase basket au lieu de faire quelque chose de constructif.

Richard Labbé LA PRESSE

C'est ça, le March Madness. Un gros tournoi de basket universitaire. Mais surtout, un tournoi qui provoque les passions. D'où le Madness. La folie furieuse. Voilà d'ailleurs pourquoi ça coûte cher aux entreprises. Pourquoi travailler quand on peut passer des heures à fixer sa feuille de pool pour essayer de savoir si East Tennessee State peut vraiment surprendre Pittsburgh?

La folie commence ce midi, avec les premiers matchs du premier tour. Ça va se poursuivre jusqu'au 4 avril, jour du Final Four à Detroit, et ça va culminer avec la grande finale, présentée à Detroit elle aussi, le lundi 6 avril. Au total, 64 équipes vont prendre place sur la grille de départ.

L'intérêt du March Madness, c'est bien sûr la recherche constante de l'«upset», comme disent les initiés. Les meilleures histoires de ce tournoi ont été écrites par des équipes que l'on n'attendait pas, par des jeunes hommes d'universités inconnues, arrivés de nulle part, qui ont surpris des plus grands.

Ça arrive souvent au March Madness. Et c'est pour ça que le tournoi demeure si populaire; on reste pour l'équipe cendrillon, pour le plaisir de voir une bande d'inconnus surprendre des collégiens vedettes qui passent souvent à la télé nationale. Les Américains aiment ce genre de récits, et le March Madness leur en offre toujours plusieurs chaque année.

En attendant les surprises, il y a les favoris. Cette saison, la puissance se nomme North Carolina, l'équipe la plus dominante selon quantité d'experts. North Carolina, c'est bien sûr l'attaquant Tyler Hansbrough, sans doute le plus connu du tournoi, qui a toutefois dû composer avec les blessures cette saison. En partant, North Carolina va se frotter à l'Université Radford, une université que personne n'est capable de trouver sans passer par Google. Imaginez si ces inconnus devaient surprendre les grands de North Carolina...

En plus de North Carolina, on aura aussi à l'oeil les jeunes hommes de Louisville, classés premiers au pays, et menés par l'entraîneur Rick Pitino.

Les Wildcats de l'Université Davidson, la belle histoire du March Madness de l'an dernier, n'y seront pas cette saison. Dommage pour nous, puisque cette équipe avait conquis bien des Québécois en raison de la présence de deux gars bien d'ici, Max Paulhus-Gosselin et William Archambault. La magie n'a pas opéré chez Davidson cette saison, et nos deux Québécois et leurs coéquipiers devront se contenter de regarder tout ça à la télé cette fois-ci.

Au fait, un seul des nôtres prendra part à la grande danse du basket universitaire américain cette année. Il s'agit du Montréalais Kris Joseph, un attaquant de première année qui porte le maillot de l'Université Syracuse. Joseph, 6'7 et 220 livres, est un réserviste et se contente souvent de quelques minutes de jeu à chaque match. Cette saison, le joueur montréalais a disputé en moyenne 13,8 minutes par match, récoltant 3,3 points et 2,3 rebonds à chaque rencontre.

Joseph et ses coéquipiers de Syracuse, classés au troisième rang dans le regroupement Sud du tournoi, entreprendront leur marche demain à 12h15, avec un match contre l'Université Stephen F.Austin, qui en sera à sa première participation au March Madness.

Voilà, la folie peut commencer. En attendant le premier «upset»...