(Montréal) L’entraîneur-chef de l’équipe nationale de natation artistique, Gabor Szauder, prend « un congé personnel » en attendant le résultat de l’audience d’un panel disciplinaire.

Frédéric Daigle La Presse Canadienne

Natation artistique Canada (NAC) en a fait l’annonce mardi matin. La fédération dit avoir « convenu mutuellement (avec Szauder) que la situation est devenue trop difficile à gérer pour l’équipe et pour lui ».

Szauder a fait l’objet d’une enquête menée par un tiers entre octobre 2020 et janvier 2021. Il a été relevé de ses fonctions d’entraîneur pendant cette période en attendant les résultats de l’enquête.

On a finalement déterminé qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour conclure que « les conditions d’entraînement du programme de l’équipe nationale sénior étaient non sécuritaires ».

Le retour en poste de Szauder était alors laissé à la discrétion de NAC, qui a décidé de le ramener à la tête du club. Szauder est l’entraîneur de l’équipe à Montréal depuis janvier 2019. Il est visé par la demande d’action collective intentée par cinq ex-nageuses pour abus psychologique, harcèlement et négligence.

PHOTO TIRÉE DU SITE INTERNET DE NATATION ARTISTIQUE CANADA

L’entraîneur-chef de Natation artistique Canada, Gabor Szauder

Cette demande concerne également les ex-entraîneuses Julie Sauvé (2009-2012), Meng Chen (2012-2017) et Leslie Sproule (2017-2018). Elle a été déposée en Cour supérieure du Québec par les Québécoises Chloé Isaac et Gabrielle Boisvert, les Ontariennes Erin Wilson et Sion Ormond ainsi que l’Albertaine Gabriella Brisson, membres de l’équipe nationale entre 2007 et 2020.

La semaine dernière, NAC a suspendu provisoirement Chen et Sproule — qui ne sont plus à l’emploi de la fédération — en attendant la conclusion du processus indépendant relatif au sport sécuritaire. Les deux femmes peuvent porter cette décision en appel.

À ce moment, la fédération nationale avait convenu qu’il n’y aurait pas d’autre sanction d’imposée. Qu’est-ce qui a changé en un peu moins d’une semaine ?

« Ce qui a changé, c’est qu’il y a eu beaucoup de conversations, de spéculations et de couverture médiatique, a indiqué la cheffe de la direction de NAC, Jackie Buckingham, en entrevue avec La Presse Canadienne. Ça a créé tant de pression sur les entraîneurs, que nous avons décidé d’en discuter. »

Nous estimions que cette solution était la plus productive pour tous les gens impliqués, les athlètes comme les entraîneurs.

Jackie Buckingham, cheffe de la direction de Natation artistique Canada

Szauder n’a pas été rendu disponible auprès des médias.

À quatre mois des Jeux olympiques

Le congé de Szauder survient à quatre mois jour pour jour de l’ouverture des Jeux olympiques de Tokyo. En son absence, ses adjointes Kasia Kulesza et Karine Doré travailleront en étroite collaboration avec la directrice sportive, Julie Healy, pour poursuivre la préparation en vue des Jeux.

Szauder apportera également une « certaine contribution » à distance, a précisé un porte-parole de l’organisme.

« C’est l’objectif de chacun, de remettre l’accent sur la préparation, a indiqué Buckingham. Nos athlètes rêvent toutes de représenter le Canada aux Jeux et nous faisons tout ce que nous pouvons pour fournir le meilleur environnement de travail. C’est le plus important présentement. »

En équipe, le Canada n’est pas monté sur le podium depuis les Jeux olympiques de Sydney, en Australie, en 2000, alors qu’il avait mis la main sur la médaille de bronze. Il oscille présentement entre les sixième et septième rangs mondiaux, selon ses derniers résultats en compétitions.

« Mais avec la suspension des activités presque partout dans le monde, qui sait où nous nous situons présentement », a dit Buckingham.

Le personnel de NAC, dont Kulesza et Doré, a annoncé la nouvelle aux membres de l’équipe, mardi matin.

« Je n’étais pas sur place, donc je ne peux l’affirmer, mais je dirais que la réaction a été partagée : certaines heureuses, certaines déçues, certaines entre les deux », a estimé Buckingham.